Les grandes théories économiques

3 juin 2011

1. Les approches libérales classiques

Dans ces théories, l’idée centrale est que le marché est autorégulateur et qu’il assure la mise en cohérence des décisions individuelles.
L’analyse des faits sociaux et économiques doit être conduite à partir de l’étude des comportements individuels et de leurs interactions.

• Les Classiques :

La révolution industrielle britannique du 19ème siècle donne naissance à ce courant de pensée, fondant l’économie politique. C’est un système économique fondé sur l’initiative individuelle et le marché, et qui aboutit à une situation conforme à l’intérêt général.

Hypothèses :

  1. La théorie repose sur la valeur-travail : la valeur des marchandises est relative au temps de travail incorporé.
  2. Le libre-échange*.
  3. La « main invisible » ( A.Smith ) : L’individu, en poursuivant son intérêt personnel, contribue inconsciemment à une situation économique conforme à l’intérêt général.
  4. Cette autorégulation exclut l’intervention de l’Etat.
  5. La loi des débouchés de J.B. Say : L’offre crée sa propre demande. La demande s’ajuste à l’offre.

Les Néoclassiques :

Idée centrale : Si un équilibre stable et durable s’établit spontanément et de façon indépendante sur chaque marché (travail, biens et services, titres, monnaie), un équilibre général sera atteint pour l’ensemble de l’économie. C’est l’idée d’équilibre général de Walras.

Hypothèses :

  1. Distinction avec les classiques = la valeur-utilité : la valeur des marchandises trouve son origine dans la satisfaction qu’elles procurent aux consommateurs.
  2. Loi des débouchés.
  3. La flexibilité des prix permet l’autorégulation.
  4. La non-intervention de l’Etat qui introduit des rigidités perturbant le fonctionnement autorégulateur du marché.
  5. Seul le chômage volontaire existe si les salaires sont flexibles (pas de salaire minimum).
  6. Neutralité de la monnaie.

2. L’approche keynésienne :

La crise de surproduction de 1929 conduit J.M. Keynes à s’opposer aux classiques. Son approche est macroéconomique, c’est- à- dire reposant sur le holisme méthodologique : analyse des faits sociaux et économiques doit être conduite au niveau global.

Idée générale : Une économie peut se trouver en équilibre de sous-emploi et donc un chômage involontaire peut exister.

Hypothèses :

  1. La demande effective est la variable déterminante : c’est la demande qui détermine l’offre.
  2. La monnaie peut être demandée pour elle-même : c’est la préférence pour la liquidité (transaction, précaution, spéculation).
  3. Il y a nécessité de l’intervention de l’Etat car le marché ne s’auto-entretient pas.
  4. Prix fixes.
  5. Economie fermée.

La théorie keynésienne a surtout été appliquée après la seconde guerre mondiale, puis remise en question à cause des dysfonctionnements dus à l’ouverture économique.

3. Le monétarisme :

Au début des années 70, il y a unrenouveau des théories libérales dont le monétarisme, développé en particulier par M.Friedman (prix Nobel en 1972).

• La masse monétaire détermine le niveau général des prix mais n’influe pas sur le niveau réel de la production.

Idée générale : L’inflation est le phénomène le plus néfaste de l’économie. Elle est toujours due à un phénomène monétaire : la monnaie est toute puissante, la politique monétaire impuissante.

Le monétarisme considère que :

  1. L’offre de monnaie est déterminée par les autorités monétaires.
  2. Il existe un taux de chômage qu’on ne peut réduire.
  3. Il faut des changes flottants.
  4. Economie de marché* + capitalisme*.

Les marchés financiers

Au sens économique on parle de marché pour désigner un lieu souvent abstrait où se confronte une Offre et une Demande pour aboutir à des échanges caractérisés par des prix de marché.

* Un marché peut être physique .
* Un marché peut être théorique : lieu théorique où est considéré l’ensemble de l’offre et de la demande (Marché du travail, de l’automobile….).

On parle donc de marché financier pour désigner l’ensemble des marchés financiers où sont négociés des titres et des actifs financiers .

La Bourse

La Bourse est un moyen essentiel de financement de l’économie.

La Bourse permet de drainer l’épargne nécessaire aux entreprises.

Les entreprises ont trois moyens pour se financer :

* L’autofinancement (Demande des fonds disponibles).
* Emprunts auprès des banques.
* Faire appel au marché financier (utilisant ainsi l’épargne publique).

Le recours au marché financier se fait par émission d’Actions ou d’Obligations.

* Une action est une part de propriété de la société qui donne droit à une fraction des bénéfices sous forme de dividendes et confère un droit de vote en AG.

– 3 motivations lors de l’achat :

  1. Recherche de plus-value (logique spéculative ).
  2. Rendement grâce aux dividendes .
  3. Participation au capital de l’entreprise.

* Une Obligation : Titre d’un emprunt émis par une Entreprise.

L’Obligataire ne possède pas de part dans l’entreprise, mais en est créancier. Il bénéficie d’un intérêt variable ou fixe. Possibilité parfois de conversion en Actions .

Les Actions et Obligations sont émises sur le marché primaire (« marché du neuf »), mais ensuite sont cotées sur le marché secondaire (« marché de l’occasion »).

La Bourse connaît un regain d’intérêt dû aux :

* Créations de produits bénéficiant d’allégements fiscaux (compte d’épargne en action ).
* Privatisations et leurs médiatisations .
* Clubs d’investissement .
* Développement des SICAV.

Transformations de la Bourse :
* Création d’un second marché pour les PME qui ne veulent mettre qu’une faible partie de leur capital à disposition du public.
* Nombreuses innovations financières .

• La logique financière diverge de la logique économique et industrielle : Des restructurations industrielles aux raids financiers.

Le marché financier permet les restructurations grâce aux :
• fusions
• absorptions
• prises de participations

Les OPA et OPE dont la régularité est contrôlée par la COB sont un moyen efficace pour mener à bien ces restructurations.

• OPA : l’entreprise qui a pris l’initiative propose aux actionnaires de la société qu’elle souhaite absorber de leur acheter leurs actions à un cours supérieur à celui du marché.

• OPE : proposition d’échange d’Actions aux actionnaires.

La logique financière est devenue prépondérante dans les année 80 notamment. Les prédateurs peuvent ne disposer que de 10% de la somme nécessaire pour mener à bien leur OPA, le reste étant financé par des banques ou junks bonds (obligations de pacotille), qui sont des obligations à haut risque car dépendant de la réussite ou de l’échec du raid.

Ces raids financiers sont rentabilisés par le démantèlement et la vente de l’entreprise par morceaux lorsque celle ci devient la propriété du raider , ou la revente à un cours plus élevé des Actions si l’OPA n’est pas menée à terme, la société s’étant défendue ou ayant fait appel à une société amie pour lancer une contre OPA.

Des mesures anti-raids ont été prises par les entreprises mais aussi par les autorités pour freiner les raids financiers.

• La rupture entre la sphère financière et la sphère réelle.

Un des motifs de l’achat de valeurs mobilières étant la spéculation, la valeur des actions et des obligations tend souvent à s’éloigner de leur valeur économique.

• La Bourse peut jouer contre l’économie. Ce sont des logiques financières qui motivent les décisions (on assiste à une dématérialisation complète des entreprises et on peut aboutir à travers des logiques spéculatives à un décrochement des prix par rapport au réel ). La Bourse joue également contre l’économie lorsque les rendements des placements sur le marché financier sont supérieurs aux rendements de l’investissement, les entreprises peuvent alors préférer placer en bourse plutôt que d’effectuer des investissements productifs. Cette financiarisation de l’économie est préjudiciable à l’appareil productif et à l’emploi.

• La notion de marché dérivé.

1-Définitions préalables
– Marché au comptant : marché où les contrats sont exécutés dès leur conclusion.
– Marché à termes :marché où les contrats passés son exécutables à une date ultérieure.

Les conditions du contrat notamment de prix et de quantité sont fixées au moment où le contrat est signé. Sur le marché à terme ce sont des contrats qui sont échangés. C’est un marché très ouvert à la spéculation.

Les interventions des opérateurs sont diverses :
– Recherche de couverture contre une fluctuation des cours sans constituer des stocks.
– Recherche de profit sur le prix d’un même contrat sur des places différentes (arbitrage).
– Position spéculative.

Produit dérivé : C’est un actif financier dont la valeur dépend du prix d’un autre actif que l’on appelle un sous-jacent.

2-Organisation des marchés dérivés.

On trouve deux types de marchés :
-Les marchés organisés: Ils sont dotés d’une chambre de compensation. Les contrats sont standardisés ce qui lui offre une plus grande liquidité.
-Les marchés de gré à gré : contrats établis au cas par cas. Marché beaucoup moins liquide. La règle veut que le dénouement des contrats arrive à terme (contre seulement 1% sur le marché organisé).
La chambre de compensation évite le risque de contrepartie avec l’obligation d’un dépôt de garantie ainsi que les appels de marges. [1]

LEXIQUE

• LIBRE-ECHANGE : Le libre-échange est une une politique commerciale qui vise à la suppression de tous les obstacles à la libre circulation des biens (produits matériels de l’activité de production) et services (activité dont le résultat à un caractère immatériel).

• ECONOMIE DE MARCHE : Le marché permet d’allouer et de réallouer les ressources. Il suppose que soient respectés :
– la décentralisation du choix : les décisions sont prises séparément par les producteurs (maximisation du profit) et les consommateurs (maximisation de l’utilité)
– le prix est le mécanisme d’ajustement entre l’offre et la demande.
« Pays développés à économie de marché », ce terme désigne La France, Les Etats Unis, Le Japon, L’Allemagne…., c’est-à-dire des économies qui fonctionnent selon les mécanismes de marché.

• CAPITALISME : Economie de marché + propriété privée des moyens de production.

• LIBERALISME : Le libéralisme considère que la régulation par le marché est la meilleure modalité de gestion de l’économie. Le libéralisme correspond à plusieurs théories (classique, néoclassiques, monétariste…). Si ces théories divergent sur certains points, toutes fondent leurs analyses sur les choix souverains d’individus rationnels. La combinaison des choix des agents par l’intermédiaire d’un marché conduit à la meilleure situation économique possible pour l’ensemble de la collectivité.

• MARCHE : Au sens économique, le marché représente le lieu, souvent abstrait où se confronte une offre et une demande pour aboutir à des échanges (achats et ventes) caractérisés par des prix de marché. Il existe un marché pour chaque type de bien.

• GLOBALISATION : La globalisation désigne l’état d’intégration très poussé des systèmes productifs et financiers des économies d’aujourd’hui. A ce stade, les entreprises conçoivent directement leur organisation et leur stratégie au niveau mondial.

[1] Cf. http://www.france.attac.org/archives/spip.php/disentnetzwerk.org/spip.php?article670

© Georges Vignaux, 2011

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