La consommation citoyenne

17 juin 2011

American Way of Life

« Des années 1950 aux années 1970, l’acquisition de biens matériels devient l’essence de l’American Way of Life. Une économie, une culture et une politique sont construites autour des promesses de la consommation de masse à la fois en termes matériels et en termes d’objectifs plus idéalistes (liberté, démocratie et égalité). » [1]».

L’écart est immense alors, entre les États-Unis en forte croissance et une Europe, en proie au manque. Les Américains cherchent à optimiser la distribution de biens produits en masse à des Européens qui attendent la fin des tickets de rationnement (1949 en France). Ici aussi la consommation allait être présentée comme une action citoyenne.

« (…) La « république des consommateurs » (…) est plutôt construite autour d’un nouvel idéal d’après-guerre du consommateur comme citoyen ou de l’acheteur-citoyen, qui simultanément, satisfait ses désirs personnels et remplit ses obligations civiques en consommant.» [2]

L’historienne Lizabeth Cohen avance même qu’aux États-Unis cette situation devient presque « une religion civique nationale », de même qu’un « idéal à exporter partout dans le monde».

L’Amérique de l’après-guerre compte pour 6% de la population mondiale et produit la moitié des biens de consommation vendus dans le monde. Ce succès est le résultat d’une conjonction vertueuse. L’accélération des progrès techniques rendus possibles par le formidable investissement scientifique des années de guerre permet la hausse exceptionnelle de la productivité, elle-même rendue aux Américains sous forme de salaires élevés et de produits attractifs grâce à l’excellente organisation des entreprises américaines.

Cet enchaînement est présenté comme le carré magique par l’historien Jacques Marseille. Le progrès technique génère un taux de croissance élevé qui bénéficie aux citoyens sous la forme d’une hausse continue de leur niveau de vie.

La hausse de la productivité avait aussi conduit à une baisse certaine de la durée hebdomadaire du travail, libérant d’autant un temps libre qui allait permettre l’enclenchement d’une véritable civilisation des loisirs. [3]

[1] A Chatriot, ME Chessel, M Hilton, « Au Nom du Consommateur », Paris, La Découverte, 2004, p.15.

[2] Lizabeth Cohen, « Citizens and consumers » in M.Dauton et M. Hilton (dir.), « The politics of Consumption : Material Culture and Citizenship in Europe and America », Oxford, Berg, 2001, p.214 in Sheryl Kroen, « La magie des objets, le plan Marshall et l’instauration d’une démocratie de consommateurs », in « Au Nom du Consommateur », op. cit, p. 81.

[3] Joffre Dumazedier in « Revue Esprit », numéro spécial sur le Loisir, juin 1959.

 

La hausse de la productivité avait aussi conduit à une baisse certaine de la durée hebdomadaire du travail, libérant d’autant un temps libre qui allait permettre l’enclenchement d’une véritable civilisation des loisirs. [3]

[1] A Chatriot, ME Chessel, M Hilton, « Au Nom du Consommateur », Paris, La Découverte, 2004, p.15.

[2] Lizabeth Cohen, « Citizens and consumers » in M.Dauton et M. Hilton (dir.), « The politics of Consumption : Material Culture and Citizenship in Europe and America », Oxford, Berg, 2001, p.214 in Sheryl Kroen, « La magie des objets, le plan Marshall et l’instauration d’une démocratie de consommateurs », in « Au Nom du Consommateur », op. cit, p. 81.

[3] Joffre Dumazedier in « Revue Esprit », numéro spécial sur le Loisir, juin 1959.

© Georges Vignaux, 2011

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