La crise et la souffrance des esprits

24 juin 2011

La crise que traverse notre humanité revêt trois aspects interdépendants et de grande ampleur :

  • une crise énergétique et climatique : un réchauffement planétaire lié à la consommation accélérée de ressources énergétiques en voie de s’épuiser ;
  • une crise économique : la course à la croissance effrénée d’un système libéral basé sur la consommation ;
  • une crise morale et sociale : l’altération du sens de l’existence individuelle, condamnée au repli sur soi.

Pour quelles raisons  l’individualisme contemporain est-il en crise ?;Ppourquoi la psychiatrie ne parvient-elle plus à répondre à cette dégradation de la santé mentale dont les causes complexes sont environnementales ?  [1]

La crise de l’individualisme

Crise économique et souffrance des esprits

Le nouvel individualisme est culturellement et historiquement déterminé. Ce processus est celui d’un repli sur soi hédoniste de l’individu, amené à surinvestir son corps et sa vie imaginaire, et à accomplir ses désirs immédiats : valorisation de la performance, techniques de « développement personnel », communication instantanée et virtuelle permise par les «nouvelles technologies », mise à disposition de biens de consommation toujours plus nombreux… Cet idéal d’un épanouissement personnel sans contrainte, valorisé par une «culture du narcissisme » et « de l’éphémère » produirait désormais des individus sans attache, sans projection dans le long terme, hyper-conformistes, et dont l’existence est finalement vidée de tout sens authentique.

À cela, plusieurs causes :

  •  L’atomisation du lien social, liée à la précarisation d’un monde du travail concurrentiel, poussant l’individu à une adaptabilité mouvante et dépersonnalisante ;
  • L’influence des médias et de la publicité, qui imposent des modèles d’identification artificiels ;
  • Le brouillage des repères symboliques traditionnels avec l’éclatement de la cellule familiale et la disqualification de l’autorité paternelle ;
  • L’influence hygiéniste des discours psychologiques et médicaux, à travers une « culture du psychologisme » (et de la culpabilité…) généralisée qui donne à cet idéal de soi narcissique l’apparence de la normalité ;
  • La fuite grandissante (le déni) devant la crise gravissime de la mondialisation libérale, et l’imminence d’une catastrophe planétaire, renforçant encore le repli sur soi et la recherche d’un bonheur immédiat factice…

Les symptômes psychiatriques de la crise de l’individualisme

  • L’accroissement régulier du nombre de patients suivis en psychiatrie, ainsi que l’augmentation du nombre de patients hospitalisés sous contrainte (l’un et l’autre ont doublé en 10 ans en France). Dans le même temps, le nombre de psychiatres ne cesse de baisser, et leur épuisement professionnel ne fait que croître  ;
  • La forte augmentation du nombre de cas de dépression, en corrélation avec la dégradation des conditions socio-économiques d’existence ;
  • Cependant, le nombre de suicides stagne en France depuis dix ans, après avoir fortement augmenté. On sait que le suicide est une problématique culturelle complexe liée à l’anomie (autrement dit à la crise des valeurs collectives).

Durant la colonisation du continent américain, des épidémies de suicide ont été provoquées par l’acculturation brutale de peuples entiers. On assiste à un phénomène de cet ordre en Inde, où des milliers de fermiers se sont suicidés pour échapper à leur endettement auprès de multinationales agroalimentaires, fournisseurs exclusifs de semences et d’intrants agricoles… On peut évoquer également des suicides récents en série, chez les employés de l’usine Renault de Guyancourt comme à la centrale nucléaire de Chinon : dans les deux cas a été incriminée la dégradation déshumanisante des conditions de travail, marquée par l’accélération et la culpabilisation individuelle du rendement. À la manière dont on déplace la problématique environnementale du cancer, le déplacement médical d’une crise morale et économique provoquée par une mondialisation libérale sans scrupules, ne peut pas être considéré comme politiquement neutre.

L’augmentation de la prévalence des conduites addictives traduit également l’aggravation d’un mal-être diffus. Là aussi, la prise en charge psychiatrique est de plus en plus drastique, encadrée par tout un arsenal médico-légal : injonctions de soins envers les toxicomanes et les alcoolos-dépendants, dont la délinquance routière est de plus en plus sévèrement réprimée…

Enfin et peut-être surtout, la forte augmentation depuis une trentaine d’années de « nouvelles pathologies », regroupant les « troubles de la personnalité » dénommés selon les cas : borderline, narcissiques, psychopathiques et dyssociaux…

L’ensemble de ces « états limites » individuels est marqué par une symptomatologie parfois changeante, mais où l’on repère généralement les traits suivants :

  •  l’impulsivité et l’instabilité ;
  •  les conduites toxicomaniaques ;
  •  l’intolérance aux contraintes ;
  •  la perte du sens de l’existence avec sentiments de vide et de solitude ;
  •  l’absence de « sens moral » avec conduites délinquantes et notamment vols (de produits de marque, de téléphones portables, de véhicules, etc.)

Ces « états limites », touchant surtout les jeunes, sont devenus le lot commun des urgences psychiatriques. Ils ne restent pas longtemps hospitalisés, car ils échappent rapidement aux modes de prise en charge institutionnels classiques. Ils constituent aussi le lot commun des faits de société comme la violence des banlieues… De nombreux sociologues et psychiatres voient dans l’explosion de ces « nouvelles pathologies », le signe inquiétant de l’avènement d’un individualisme narcissique et amoral culturellement déterminé. Et l’interprétation psychologique et médicale de ce phénomène est complexe, car cette jeunesse, dont l’existence est vidée de sens, tantôt se conforme passivement tantôt se révolte violemment, exprimant ainsi la faillite des valeurs socioculturelles portées par le néo-libéralisme, valeurs antisociales et déshumanisantes, à commencer par le mirage de la consommation immédiate de ses désirs… Cette mutation et cette extension des phénomènes pathologiques individuels révèle en définitive la crise de l’individualisme contemporain, une crise écosystémique complexe, à laquelle les réponses psychologisantes ou médicales sont  largement inopérantes.

La crise de la psychiatrie contemporaine

Deux idéologies redoutables sont en train d’investir la psychiatrie contemporaine, et plus insidieusement la pensée commune : le comportementalisme et le scientisme, qui proposent une vision purement fonctionnelle de l’homme qui répond parfaitement aux intérêts technocratiques du libéralisme triomphant. Le comportementalisme, c’est la théorie selon laquelle l’individu peut être conditionné à obéir ; et le scientisme, c’est la théorie selon laquelle le comportement de l’individu trouve son origine dans son cerveau.

Ces deux courants de pensée ont traversé toute l’histoire de la psychiatrie. Peu après la Révolution française, avec l’avènement d’une morale laïque positiviste, il est devenu question en effet, avec le « traitement moral » des aliénés, « d’armer les individus contre eux-mêmes », autrement dit de médicaliser les écarts de conduite par rapport à la norme sociale.

À chaque révolution culturelle de la modernité occidentale, ce mouvement s’est accentué : après la Première Guerre mondiale, ainsi, Freud, peut-on dire, a orienté sa théorie psychanalytique vers un projet évolutionniste : remplacer l’illusion religieuse par la psychologie, pour permettre l’accomplissement du « progrès de la civilisation ». Après la Seconde Guerre mondiale, la sociologie de l’action et la psychologie comportementale sont intégrées aux savoirs déjà constitués : pour cette psychiatrie dite «sociale», reconnue par l’OMS en 1958, il s’agit désormais de renforcer par tous les moyens possibles de persuasion psychologique « l’adaptation sociale » de chacun et de tous.

Cette évolution historique trouve sa consécration avec la généralisation dans les années 80 des classifications mondiales d’inspiration anglo-saxonne (CIM 10 et DSM IV aujourd’hui), qui se prétendent neutres, mais sont en fait basées sur une idéologie utilitariste de l’Homme, celle de la mondialisation des valeurs libérales : c’est le bon « fonctionnement » socio-professionnel du sujet, qui définit désormais sa normalité…

Parallèlement, les progrès de la neurobiologie et de la génétique, soutenus par l’industrie pharmaceutique, cherchent en permanence la cause organique des maladies mentales, en oubliant que le discours médical n’est jamais qu’un modèle opératoire descriptif. Également sous prétexte d’objectivation scientifique, le langage clinique et universitaire courant emploie à longueur de publications les notions de « vulnérabilité », de « fragilité », «d’adaptation de la réalité interne à la réalité externe » : la réalité sociale, historique, économique est considérée abusivement comme une donnée absolue à laquelle il serait «normal » de se conformer ; le sujet se retrouve t dissocié de son expérience vécue, de son environnement.

Ainsi a-t-on assisté ces vingt dernières années à l’avènement d’une psychiatrie totalisante se disant « pragmatique », dont les interprétations causalistes et chosifiantes cherchent à déplacer la crise culturelle de la mondialisation capitaliste à l’intérieur même du psychisme individuel.

L’extension démesurée du champ de la psychiatrie contemporaine

Alors que ses moyens diminuent, les missions de la psychiatrie ne cessent de s’étendre. Quels sont les symptômes de cette extension du domaine de la psychiatrie ?

  • L’élargissement d’abord, du champ de ses interventions, on l’a vu, aux « nouvelles » pathologies que constituent les troubles dits « de la personnalité » (« limites » et autres), ainsi qu’aux états angiodépressifs, mal définis et en relation directe avec l’environnement du sujet (troubles de l’adaptation, réactionnels ou post-traumatiques ; troubles anxieux généralisés ou phobies sociales, etc.). Notons que la France est le pays au monde où la consommation de médicaments psychotropes, et surtout d’antidépresseurs, est la plus forte.
  • L’extension de missions médico-légales variées : « obligations de soins » à la seule appréciation des juges, bien souvent comme alternative à une peine de prison ferme ; renforcement depuis l’adoption de la loi dite de prévention de la délinquance des « injonctions de soins » aux toxicomanes ; missions d’expertise de plus en plus nombreuses ; « injonctions de soins » aux agresseurs sexuels… Il faut souligner ici que la prise en charge psychiatrique des délinquants sexuels, généralisée depuis la loi de 1998, constitue l’exemple type de la dérive de notre pratique soignante vers une méthode de prévention et de « traitement » de conduites déviantes purement morales et sociales. Son efficacité n’est en rien thérapeutique, mais cela permet de donner bonne conscience à la société en déresponsabilisant les conduites déviantes en question par l’artifice du déplacement médical ;
  • Le même processus de déculpabilisation sociale est à l’oeuvre dans le développement de la psychiatrie pénitentiaire (qui ne peut occulter cependant le scandale des conditions de vie carcérales), ainsi que dans celui de la psychiatrie de catastrophe (« cellules médico-psychologiques d’urgence », dont l’utilité paraît surtout reconnue par les présentateurs des journaux télévisés !) ;
  • La mode médiatique, justement, des discours « psy », perceptible aussi bien dans les «reality shows » voyeuristes, que dans des expressions journalistiques parfois surréalistes.
  • La proposition dans un rapport de l’INSERM heureusement décrié, de procéder à un dépistage des troubles des conduites chez le jeune enfant, censé prévenir l’apparition ultérieure de conduites délinquantes. Cela traduit bien une volonté politique d’instrumentaliser la psychiatrie à des fins de contrôle social renforcé des individus.
  • L’usage universel de classifications ethnocentriques des maladies mentales décrivant l’ensemble des « troubles du comportement » par référence à une norme sociale fonctionnelle éminemment conformiste.
  • L’hégémonie neurobiologique et pharmacologique de la recherche fondamentale en psychiatrie, avec le soutien économique de l’industrie pharmaceutique.
  • La remise en cause du secret médical à travers l’informatisation galopante des données à caractère personnel concernant les patients.
  • Et enfin, la réforme en cours de « la nouvelle gouvernance hospitalière », appliquant à la psychiatrie publique les règles de la gestion d’entreprise : avec la tarification à l’activité (la fameuse T2A), ce ne sont plus les besoins réels de la population qui sont considérés, mais la rentabilité immédiate d’activités évaluées selon leur coût social, ce qui entraînera une sélection concurrentielle des patients. Cette politique techno-économique à courte vue, encadrée par une comptabilité draconienne et un contrôle informatique omniprésent, sera renforcée par la précarisation du statut des praticiens, qui seront bientôt recrutés et révocables par le directeur de l’hôpital….

Tous ces faits vont dans la même direction: l’évolution technoscientiste accélérée de la psychiatrie, déplaçant vers la sphère privée les dysfonctionnements du système socio-économique, aux fins d’achever de conformer les consciences individuelles aux normes de la mondialisation libérale.

Une autre psychiatrie est possible !

Trois courants de pensée ont remis en cause au cours du vingtième siècle, l’idéologie comportementaliste et scientiste à l’œuvre dans la psychiatrie contemporaine, et qui dissocie artificiellement le sujet de son environnement sociohistorique.

  1. L’anthropologie systémique, issue de la théorie générale des systèmes inspirée par la thermodynamique, est appliquée en psychiatrie depuis les travaux de Bateson (« Vers une Écologie de l’Esprit », Seuil, 1971) : le sujet est en interaction avec son environnement, la psychose est liée à une communication sociale paradoxale où le discours contredit la réalité (théorie du double lien). Norme sociale et pensée subjective, contrôle social et traitement psychiatrique sont de types logiques différents : en aucun cas ils ne doivent être confondus, sinon c’est le système entier qui devient pathologique.
  2. L’anthropologie structuraliste, qui a inspiré la psychanalyse de Lacan ainsi que l’ethnopsychiatrie : le psychisme de l’individu est dans un rapport de structuration symbolique avec la culture dont il dépend. Le sens médical et psychologique que la société donne aux manifestations de déviance individuelle ne constitue jamais qu’un système symbolique parmi d’autres. Comme l’écrit Lévi-Strauss: « Dans toutes ces conduites en apparence aberrantes, les malades ne font jamais que transcrire un état du groupe (…) ; s’ils n’étaient pas ces témoins dociles, le système total risquerait de se désintégrer… ».
  3. La phénoménologie de l’existence est un courant philosophique selon lequel c’est la perception qui prescrit le sens des choses, l’intentionnalité de la conscience qui fonde la réalité (Husserl). Ce courant donnera jour à une description originale des phénomènes psychopathologiques. Pour la phénoménologie, la subjectivité ne peut avoir de définition objective, sauf à se baser sur des préjugés moraux et sociaux, et c’est tout le paradoxe de la psychologie et de la médecine mentale positives, que d’essayer vainement de les occulter depuis deux siècles.

Ces trois grands courants de pensée, qui ont chacun débouché sur des applications psychothérapiques concrètes, permettent une remise en cause de la confusion qui a fini par contaminer le savoir psychiatrique : c’est l’ensemble du système symbolique médico-psychologique qui est aujourd’hui en crise et devrait être repensé… Car la santé mentale est en fait une notion fondamentalement écosystémique : comme l’a expliqué Canguilhem (« Le Normal et le Pathologique », 1945). La santé consiste en un équilibre dynamique entre l’être vivant et son milieu, elle est création de normes nouvelles. Le sens de la subjectivité réside dans une action libre et authentique (non dénuée d’angoisse) ; elle n’est en aucun cas conformité au sens commun ou aux normes établies.

L’existence subjective comme liberté d’action dans le monde ne peut cependant avoir conscience d’elle-même, qu’en éprouvant sa double limite : l’ordre symbolique du langage d’abord, l’écoulement du temps ensuite (la réalisation d’un projet d’être qui, sans cesse, est différé). En définitive, on comprend que la santé mentale, profondément anticonformiste et antiindividualiste, se définit par la capacité à transcender son existence personnelle par la réalisation de valeurs qui ne trouvent leur fondement que dans l’Autre, bref dans un projet social et politique personnel. La conception humaniste de Levinas (« l’avenir c’est l’autre ») rejoint celle de Jonas, ce philosophe pour qui la responsabilité morale de chacun d’entre nous est de transmettre à nos descendants un monde dans lequel ils puissent à leur tour éprouver pleinement leur liberté…

C’est cette éthique de la subjectivité comme liberté inaliénable que chaque psychiatre, chaque citoyen, se doit  de revendiquer, contre la dictature de la normalisation marchande !

Des réformes concrètes

Si l’on veut sortir le système de soins psychiatrique de l’impasse, il convient désormais de différencier clairement les trois niveaux  auxquels il se réfère : le premier en tant que savoir médical ; le deuxième en tant qu’institution sociale ; le troisième en tant que mode de compréhension écosystémique de la souffrance psychique. A titre d’illustration, l’analogie est frappante entre l’accélération du « temps vécu » du maniaque, dépensant son énergie pour fuir devant la conscience dépressive de la mort, et la croissance exponentielle d’une économie et de moyens de communication hyperindividualistes (téléphonie, internet, transport automobile, etc.), entièrement tournés vers la consommation immédiate.

1. En tant que savoir médical, la psychiatrie doit abandonner toute référence idéologique au contrôle social des conduites déviantes. Cela implique :

  • une délimitation précise des pathologies, basée sur la tradition clinique européenne (les classiques syndromes psychotiques et névrotiques) ;
  • la préservation stricte du secret médical, et de l’indépendance professionnelle à l’égard des pouvoirs économique et politique.

2. En tant qu’institution ensuite, la psychiatrie doit être débarrassée de toute fonction de contrôle socio-économique, ce qui nécessite :

  • une prise en charge parfaitement transparente de certaines déviances comportementales (on pense aux états d’agitation toxicomaniaques ou psychopathiques) ;
  • l’abandon de la « nouvelle gouvernance hospitalière » et de toute « valorisation de l’activité», qui vise à privatiser le service public : maintien au contraire d’un budget global défini en fonction des besoins réels de la population, ce qui nécessite une réelle démocratisation des instances de décision ;
  • la plus grande vigilance quant à l’informatisation des données personnelles concernant les patients ;
  • une réforme de la loi de 1990 sur l’hospitalisation sans consentement, dont les motifs médicaux doivent être clairement redéfinis ;
  • l’abrogation de la loi totalitaire dite de « prévention de la délinquance ».

3. Enfin, en tant que mode de compréhension systémique complexe, la psychiatrie doit rester ouverte sur l’environnement écologique et socio-économique dans lequel le mal-être individuel et collectif prend son sens, à travers :

  • une identification à visée préventive des facteurs environnementaux de la souffrance psychique : pauvreté économique, pression urbaine, moyens de transport inadaptés, pollution atmosphérique et sonore, mauvaises conditions de logement, dégradation des conditions de travail (précarité, chantage au licenciement, harcèlement, etc.) ;
  • cette identification permettra la mise en œuvre d’une politique socio-environnementale ambitieuse de lutte contre l’isolement psychologique : développement des solidarités locales, associatives, économiques ; etc.
  • la préservation du secteur psychiatrique, garant d’une distribution égalitaire de soins de proximité, et d’une politique de réseau pluridisciplinaire centrée sur l’éducation sanitaire ;
  • le développement de la représentativité citoyenne (associations, syndicats) et de la démocratie participative, où se décide la politique du service public de psychiatrie (création de Conseils de Santé nationaux, régionaux).

Conclusion

Il importe de stopper la dérive de la psychiatrie vers une méthode de contrôle social obéissant aux intérêts de la mondialisation, et de redonner à la conscience individuelle le plein exercice de sa responsabilité éthique et citoyenne. Pour construire un nouveau rapport individuel et planétaire à l’Autre et au Temps, et guérir de la folie de la croissance et de la consommation. Utopique ? Peut-être… Mais l’utopie est nécessaire !

[1] Cf. Olivier Labouret, http://www.france.attac.org/archives/spip.php?article11540

© Georges Vignaux, 2011

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