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Les Bourses : des bateaux ivres ?

6 août 2011

A Paris, le CAC40 a perdu près de 14% depuis le 22 juillet 2011, soit une baisse continue durant dix séances. De Tokyo à New York, toutes les places financières de la planète ont tangué dans des proportions comparables, signe de la très grande nervosité des investisseurs.[1]

La crise de la dette grecque et le risque d’une contagion à l’Italie et à l’Espagne sont en partie responsables de ce vent de panique. Jeudi 4 juillet, la Banque centrale européenne (BCE) a tenté sans succès de rassurer les marchés en rachetant la dette de certains pays en difficulté (principalement le Portugal et l’Irlande). Mais les investisseurs s’inquiètent de la capacité de la Banque centrale européenne à résoudre la crise de la dette. Cela pose le problème de la gouvernance des institutions européennes. Aux Etats-Unis, les dissensions entre l’administration Obama (démocrate) et le Congrès (la Chambre des représentants est à majorité républicaine), incapables de s’entendre rapidement sur le relèvement du plafond de la dette américaine, ont envoyé des signaux désastreux aux marchés. « Toutes ces difficultés politiques s’ajoutent à un contexte économique très morose. Les investisseurs anticipent une rechute des économies occidentales », déclare l’économiste Philippe Crevel, secrétaire général du Cercle des épargnants.

Une récession mondiale ?

Les Anglo-Saxons évoquent le scénario du « double dip » (double plongeon), à savoir une deuxième récession aux Etats-Unis après celle de 2008. Un scénario dangereux pour l’économie mondiale. « Certes, les pays émergents ont mieux résisté que les pays industrialisés à la crise de 2008, mais l’Europe reste la première zone commerciale du monde et les Etats-Unis, le principal client de la Chine », explique Philippe Crevel. En clair, les destins des puissances économiques sont liés : si les Etats-Unis, l’Europe et le Japon entraient à nouveau en récession en 2012, ils entraîneraient les pays émergents, Chine et Inde en tête. «Pour l’instant, nous sommes dans une logique de croissance atone, il n’y a pas de récession en vue. En revanche, si un choc se produisait, l’économie mondiale ne serait sans doute pas assez solide pour y résister », estime Philippe Waechter, directeur des études économiques chez Natixis Asset Management..

Quelles conséquences ?

« Le pouvoir d’achat est évidemment lié à la santé de l’économie. Un ralentissement est toujours synonyme d’une aggravation du chômage — c’est le cas depuis deux mois — et d’une stagnation des salaires », rappelle Philippe Crevel. Peu d’augmentations en vue dans le secteur privé, quant aux fonctionnaires, ils savent bien qu’étant donné la situation financière désastreuse de l’Etat, leurs perspectives d’évolution salariale sont compromises… Plus généralement, l’assainissement nécessaire des comptes publics passera forcément par des politiques « d’austérité » et de hausses d’impôts déguisées.

[1] Cf Séverine Cazes & Valérie Hacot, Le Parisien libéré, 6.08.11.

©  , 2011

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