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Où va l’économie mondiale ?

7 août 2011

Dans une entrevue récente, l’économiste Nicolas Bouzou, économiste fondateur de la société d’analyse Asterès et enseignant à l’université Paris II Assas, analyse les conséquences de la dégradation de la note américaine. [1].

Quelles conséquences directes de l’abaissement de la note de la dette américaine ?

– On peut tout d’abord imaginer une hausse des taux d’intérêt sur la dette américaine, dès la semaine prochaine. Nous pouvons nous inquiéter de ce que cela se propage sur les dettes d’autres pays développés.

Qu’en est-il du financement de la dette américaine ?

– La note américaine reste très bonne : passer d’un triple A à AA+, cela reste tout de même extrêmement favorable.

Les réactions du premier créancier des Etats-Unis, qui est la banque centrale chinoise, sont très parlantes. Les créanciers des Etats-Unis vont demander des taux d’emprunt plus élevés, mais aussi des garanties plus importantes sur le désendettement de l’Etat américain.

Le dollar va-t-il chuter ?

– Va-t-on observer une dépréciation du dollar ? Oui, sans doute. Maintenant il faudra regarder ce qui se passe à moyen et à long terme. Il faut une action économique en Europe visant à déprécier l’euro par rapport au dollar.

Quelles seront les répercussions internationales possibles ?

– Ma crainte, c’est que les exigences des investisseurs par rapport à certains grands pays de la zone euro deviennent les mêmes que celles demandées aux Etats-Unis. Je pense à l’Italie, qui fait état d’un endettement public important et de mauvaises perspectives de croissance. Mais aussi à l’Espagne. Etant données les perspectives de croissance et d’emploi, on imagine mal comment la dette Espagnole pourra être soutenable. Mais je pense aussi dans une moindre mesure à la France.

Cela va-t-il bouleverser l’équilibre de l’économie mondiale ?

– Oui, cela va bouleverser l’économie mondiale. Nous sommes en train d’assister à un mouvement historique de déplacement du centre de gravité de l’économie mondiale vers l’est. La dynamique est du côté des pays émergents. Les problèmes de chômage, d’endettement public de croissance sont les problèmes des pays riches. Les pays émergents ont la capacité d’épargne de prêt. Ça n’est pas un hasard si les chinois sont les premiers créanciers des Etats-Unis.

[1] Entrevue par Laura Thouny, Le Nouvel Observateur, le 6 août 2011.

©  , 2011

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