Accueil > Économie, catastrophe, Dette publique, Finance, Néolibéralisme, Ordre marchand, Peurs collectives > L’arrogance des économistes et des prévisionnistes

L’arrogance des économistes et des prévisionnistes

10 août 2011

Suite aux deux articles de mon collègue Georges Vignaux, Qu’est-ce qui fait s’effondrer les bourses ? et « Il faut se désintoxiquer des agences de notation », je n’ai pas eu d’autre choix de ramener sur le tapis une idée de Paul Krugman du New York Times. On peut être ou non en accord avec les propositions que Krugman formule de temps à autre, mais il n’en reste pas moins que certaines doivent retenir notre attention.

Pour commencer, Vignaux dit ceci :

  1. Les investisseurs ont de plus en plus l’impression que l’on va au-delà de la crise financière, vers un risque systémique, et cela auto-entretient le vent de panique qui souffle sur les marchés.
  2. Depuis 15 ans, les agences n’ont vu venir aucune crise. Elles n’ont pas vu venir la faillite des États sud-américains dans les années 80, ni la crise des subprimes en 2008; elles n’ont pas non plus alerté avant 2009 sur l’état des finances publiques grecques. Elles ne sont donc pas crédibles.

Paul Krugman, quant à lui, y va de la proposition suivante :

  1. Les États-Unis ne sont plus le pays fiable et stable qu’il était.
  2. Standard & Poors a de moins en moins de crédibilité. C’est la dernière source que l’on devrait consulter en matière de prospective pour notre nation.

Dans l’un comme dans l’autre, nous avons ici un constat inquiétant : « À qui faut-il se fier ? » Les investisseurs paniquent parce que les États-Unis semblent un pays de moins en moins fiable sur le plan économique, et les agences de notation, pas même foutues de prévoir les crises, se comportent comme si elles détenaient une vérité à laquelle elles sont seules à avoir accès. Les charlatans — économistes, prévisionnistes, régulateurs, hommes politiques, banquiers centraux et spécialistes de la finance — ont la prétention de prévoir les soubresauts de l’économie et de vous donner des conseils, alors que l’on sait très bien qu’il est impossible de prévoir le futur. Pourtant, nous avons l’arrogance de croire qu’il est possible de le faire.

Vignaux se pose la question, Qu’est-ce qui fait s’effondrer les bourses ? La réponse, cher collègue, est simple : ce sont les prévisionnistes et agences de notation de toutes sortes qui nous précipitent dans la crise. Krugman se demande pourquoi les États-Unis sont de moins en moins fiables ? La réponse est simple, monsieur Krugman : ce sont des extrémistes politiques qui précipitent leur propre pays, les États-Unis, dans la crise.

Pourquoi sommes-nous confrontés à ces crises à répétitions ? Parce que, lorsqu’on emprunte pour sa croissance — dette publique — ont fait une déclaration très forte à propos de l’avenir : « Nous pourrons rembourser ! ». Ce faisant, nous devons avoir une foi inébranlable envers tous les prévisionnistes qui nous promettent que tout va bien et que nous pourrons rembourser !

©  , 2011

 

Publicités
  1. georgesvignaux
    10 août 2011 à 14 h 46 min

    Tout à fait pertinent !

    gv

  1. No trackbacks yet.
Les commentaires sont fermés.
%d blogueurs aiment cette page :