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Qu’est-ce qui fait s’effondrer les bourses ?

10 août 2011

Depuis l’abaissement de la note des Etats-Unis, vendredi par Standard and Poor’s, les principaux acteurs internationaux ont multiplié les déclarations rassurantes à l’égard des marchés. Mais rien n’y a fait jusqu’à ce mardi 9 août où s’est amorcée une légère reprise. Lundi 8 août, premier jour de cotation après l’annonce de l’abaissement de la note américaine, les Bourses mondiales avaient de nouveau lourdement chuté.

L’annonce de S&P était attendue après les tergiversations des responsables américains à propos du plafond de la dette des Etats-Unis. Sans beaucoup de surprise, S&P a mis en avant « les sombres perspectives qui pèsent sur la situation fiscale des Etats-Unis », souligne ainsi Natixis. Sans surprise également, l’agence a dégradé lundi la note de plusieurs géants du système financier américain, Fannie Mae, Freddie Mac et de cinq compagnies d’assurance américaines.

Standard & Poor’s a brisé un tabou en retirant à la première puissance économique mondiale la prestigieuse note “AAA”. “La dégradation de la note américaine réveille les pires scénarios sur l’économie mondiale” avance Eric Edelfelt, gestionnaire d’actions chez Meeschaert Gestion Privée à Paris.

Selon plusieurs analystes, davantage que les craintes liées à la dette américaine, c’est l’inquiétude générale face au ralentissement de l’économie mondiale qui explique la nervosité des marchés.

« Les investisseurs ont de plus en plus l’impression que l’on va au-delà de la crise financière, vers un risque systémique, et cela auto-entretient le vent de panique qui souffle sur les marches », résumait Renaud Murail, gérant chez Barclays Bourse, qui évoquait un « scénario de découragement ». » [1]

« Il y a deux principales sources d’inquiétude : la viabilité de la croissance américaine et l’évolution des finances publiques en Europe », explique JPMorgan Asset Management dans une note d’analyse. La banque s’interroge même sur la possibilité que la première économie mondiale ne tombe en récession, un scénario catastrophe qui entraînerait le reste de la planète avec elle. Washington a fait état fin juillet d’une croissance nettement ralentie en 2011, à 1,3 % en rythme annuel au deuxième trimestre, qui avait déçu les attentes des marchés.

Dans ces conditions, la correction sur les marchés financiers reflète davantage l’inquiétude quant à la croissance mondiale, qui montre de plus en plus de signes d’essoufflement. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a ainsi publié lundi des indicateurs qui montrent des signes de ralentissement des principales économies mondiales.
Dans ses prévisions publiées en juin, le Fonds monétaire international (FMI) avait déjà révisé à la baisse ses prévisions de croissance des Etats-Unis et des pays développés, tablant respectivement sur une croissance de 2,5 % et de 2,2 % en 2011.

Or, un « double dip », une double récession dans la foulée de la crise financière, aurait des effets plus douloureux qu’en 2008 car l’économie américaine n’a pas la vigueur d’avant la crise financière en 2007.

[1] Le Monde, le 08.08.11.

©  , 2011

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