Émeutes de Londres : NINJA Generation

11 août 2011

NINJA Generation dites-vous ? Eh oui, la cohorte des 15 à 30 ans. NINJA, un acronyme pour « No Income, No Job, No Asset » (pas de revenu, pas d’emploi, pas d’actifs). Tirée du film « Wall Street – Money Never Sleeps », l’expression résume fort bien le dernier billet « NO FUTURE » de mon collègue Georges Vignaux. À quoi peut et doit s’attendre cette génération ? Un niveau de vie médiocre, un salaire médiocre, des impôt élevés.

Avec le concours des instances gouvernementales et des entrepreneurs, on a réussi à faire passer cet état de choses comme étant la nouvelle normalité. Bienvenue dans le monde réel ! Cette génération, tout comme les précédentes, a cru que le passage à l’université ou les collèges spécialisés allait leur ouvrir les portes du marché du travail. Ce qu’ils ont vraiment découvert, c’est qu’à la sortie, ils auront peu de compétences pertinentes pour pouvoir fonctionner dans une société tournée vers la performance, la consommation et la production croissante de rebuts — les gens incapables de s’adapter à cette réalité.

Zygmunt Bauman a eu cette réflexion intéressante à propos de ce problème : « L’une des recommandations le plus communément proposées aux jeunes est d’être flexibles, et pas spécialement difficiles, de ne pas attendre trop de leurs emplois, de les prendre comme ils viennent, sans trop se poser de questions, et de les considérer comme une opportunité dont il faut profiter sur le moment tant qu’elle dure, plutôt qu’un chapitre d’introduction à un projet de vie, une question d’estime et de définition de soi, où une garantie de sécurité à long terme.[1] » En fait, l’idée est simple : vous devez consacrer votre énergie à vous assurer d’avoir un emploi assuré que vous ne savez même pas sûr.

Mais tout n’est pas perdu ! Vous pouvez vous débattre pour vous sortir de cette situation ! Après tout, n’êtes-vous pas des Ninjas ? N’êtes-vous pas des combattants ? N’êtes-vous pas les architectes de votre propre vie comme le prêchent ces gens détestables que sont les coachs de vie, guides et gourous de toutes sortes ? Ne saviez-vous pas que ces gens peuvent vous entraîner au bonheur ? Savez-vous quel est leur slogan ? PENSEZ POSITIVEMENT !  C’est avec ce genre d’imbécillité qu’on tente de nous faire croire qu’il est possible de vivre dans une société enchantée.

Eh oui, il y a des journées comme ça où j’ai des réactions épidermiques, mais ne vous inquiétez pas, ce n’est pas contagieux !


[1] Bauman Zygmunt, Vies perdues – La modernité et ses exclus, Paris, Éditions Payot, 2006, p. 26.

©  , 2011

 

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