Cent dix ans de crises !

15 août 2011

Un des plus vieux indices boursiers du monde, le Dow Jones, permet de visualiser les crises boursières depuis 1896. [1]


Panique de 1896

L’indice Dow Jones n’a que quelques semaines d’existence et déjà: une micro crise économique frappe les Etats-Unis, les investisseurs flippent et la bourse décroche salement.

Krach de 1901

Le crash débute le 17 juin 1901, sous l’effet d’une forte spéculation boursière sur les actions de la Northern Pacific Railyway. Des milliers d’épargnants sont ruinés. Le président républicain McKinley est assassiné en septembre. Le Dow Jones ne retrouve son niveau de juin 1901 qu’en mars 1905.
1907: la panique des banquiers

Tout démarre par la tentative ratée d’accaparer le marché de l’United Copper Company, une manoeuvre consistant à racheter suffisamment d’actions d’une entreprise pour en manipuler les cours et gagner beaucoup d’argent par des achats et des reventes rapides.

Le propriétaire de l’United Copper Company, Augustus Heinze, son frère Otto et le financier Charles Morse tentent le coup en octobre 1907. L’opération échoue et les spéculateurs sont ruinés. Facteur aggravant: ils possèdent aussi des banques dont les déposants paniquent et se ruent aux guichets pour retirer leurs économies.

Ce bank run et la défiance envers un nombre important d’institutions financières compromises dans cette affaire fragilisent tout le système bancaire américain. La panique est accentuée par la crise économique que subit alors le pays, tout comme par l’absence de Banque centrale -la Federal Reserve ne sera créée qu’en 1914- capable d’empêcher les banques de s’effondrer.

La situation ne sera redressée qu’avec difficulté, et grâce aux efforts du banquier J.P. Morgan, qui a tenté de sauver le système financier en incitant ses pairs à prêter massivement de l’argent pour éviter un effet domino fatal. Le gouvernement déposera aussi d’importantes sommes d’argent fédéral dans les banques newyorkaises pour leur tenir la tête hors de l’eau.

Le Black Thursday d’octobre 1929

Le plus important krach de la bourse américaine met un terme à une longue période d’optimisme sur les marchés. Après des années d’expansion et de spéculation sereine où de nombreux américains avaient pris l’habitude d’emprunter pour acheter des actions en pariant sur leur hausse continue, les investisseurs ont paniqué le 24 octobre, le marché s’est effondré et a provoqué la plus longue crise économique du XXème siècle, avec douze ans de dépression. Le Dow Jones ne retrouvera son niveau de 1929 qu’en 1954, 25 ans plus tard.

1987: un krach à la recherche d’une cause

Le lundi 19 octobre 1987, la bourse de Hong Kong s’effondre, entraînant vers le fond le reste des places financières du monde au rythme des fuseaux horaires. Le Dow Jones perd plus de 22% dans la journée. Les économistes disputent encore pour déterminer les raisons de ce krach. Certains mettent en cause l’utilisation intensive des ordinateurs de trading, qui accentuent les mouvements. D’autres accusent plutôt la politique monétaire américaine ou encore la chute des marchés d’obligations des pays industrialisés. Au final, c’est bien la pyschologie grégaire des investisseurs qui est en cause.

2000: l’explosion de la bulle techno

La fin des années 90 voit gonfler la bulle internet: c’est l’époque riante des boo.com (e-commerce de mode), pets.com (bouffe et accessoires pour chiens), IPO (introductions en bourse) et autres First Tuesdays où se retrouvent startuppers exaltés et investisseurs en feu. Le Nasdaq, la bourse américaine des valeurs de nouvelles technologies, fait autant parler d’elle que le centenaire Dow Jones. Le 4 mars 2000, sous l’effet de la hausse des taux d’intérêts américains, le Nasdaq flanche, entraînant toutes les bourses dans son sillage. Le secteur valse, les télécoms souffrent, et les attentats du 11 septembre 2001 accentuent la saignée.

2007-2008: les subprimes

En 2006, la bulle immobilière américaine prend fin. De nombreuses institutions bancaires se retrouvent dotées de créances douteuses, les subprimes, que les emprunteurs ne peuvent rembourser. La crise explose avec la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008, puis le cortège de plans de relance et d’interventions massives des banques centrales. Entre son point haut d’octobre 2007 et son point bas de mars 2009, le Dow Jones a perdu plus de 53%. Il remonte jusqu’en juillet 2011, avant de flancher de nouveau ces derniers jours.

[1] Cf. Florent Latrive : http://www.liberation.fr/economie/01012353607-110-ans-de-krach-en-krach

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