Accueil > Économie, catastrophe, chômage, Finance > Crise financière : une phase dangereuse

Crise financière : une phase dangereuse

15 août 2011

L’économie mondiale est entrée dans une “phase nouvelle et plus dangereuse », et les pays de la zone euro vont devoir réagir rapidement, a estimé, samedi 13 août, le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick. Même si c’est la baisse de la note de la dette américaine qui a provoqué la panique des marchés, il juge la crise de la dette des pays européens plus inquiétante dans l’immédiat. [1]

Avec la Grèce et le Portugal étouffés par leur dette et d’autres pays menacés, c’est non seulement l’économie de la zone euro qui est menacée, mais l’existence même de la monnaie européenne, estime-t-il dans une interview publiée spar l’hebdomadaire australien Weekend Australian.

Les investisseurs, a-t-il encore souligné, commencent à se demander combien de temps l’Allemagne et la France vont pouvoir continuer à soutenir les pays menacés sans se mettre eux-mêmes en danger de voir leur note diminuer à son tour. « Nous sommes au début d’une tempête nouvelle et différente, ce n’est pas la même crise qu’en 2008. (…) Nous sommes passés d’une reprise difficile – avec une bonne croissance pour les pays émergents et quelques pays comme l’Australie, mais bien plus hésitante pour les pays les plus développés – à une phase nouvelle et plus dangereuse », a-t-il expliqué. La crise dans la zone euro « pourrait bien être le défi le plus important » pour l’économie mondiale, a-t-il encore ajouté. « La leçon de 2008, c’est que plus on attend et plus les mesures doivent être sévères », a-t-il rappelé.

« La plupart des pays développés ont déjà utilisé ce que leur permettait la politique fiscale et monétaire », mais cela a été insuffisant : il faudra passer à un régime plus rigoureux.

Au-delà des conséquences financières immédiates, M. Zoellick a estimé que cette crise allait provoquer des changements dans l’équilibre des pouvoirs dans le monde. Cette crise est en train de transférer « très rapidement, du point de vue de l’histoire », le pouvoir économique de l’Occident vers la Chine, qui pourtant « ne tient pas à ce rôle ».

Celle-ci a en effet ses propres soucis à gérer: éviter la surchauffe de son économie, réformer son système fiscal et maintenir l’équilibre entre entreprises publiques et privées.

Une dévaluation du yuan, a-t-il souligné, aiderait à modérer l’inflation, mais rendrait les produits étrangers moins chers sur le marché chinois, ce qui poserait des problèmes politiques. La Chine veut également améliorer la protection sociale de sa population, mais sans aller jusqu’au modèle européen, a-t-il ajouté. « Ils me disent… qu’il coûte trop cher. »

[1] http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5h3w1pZLDaDv6CzmFkgDUrhyLLWeA?docId=CNG.28c324f67765ace27b570c7cfa05ce9b.481

©  , 2011

Livres de l’auteur

Publicités
%d blogueurs aiment cette page :