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Quelle solution pour la crise ? N’en proposer aucune…

17 août 2011

« La crise  ? Ça va empirer  ? » C’est ce qu’affirme mon collègue Georges Vignaux. Pourquoi a-t-il cette certitude ?

Observez bien le comportement de Mère-Nature. Elle a produit des êtres gigantesques — dinosaures, éléphants, baleines, etc. — qui, lorsqu’ils avaient des problèmes ou mourraient, n’ont jamais entraîné dans leur sillage la chute ou la destruction de l’écosystème dans lequel ils vivaient. Certes, il y a eu des événements catastrophiques, 5 grandes extinctions massives en tout, et la vie a toujours repris son cours sous d’autres formes.

Observez bien le comportement des financiers et des entrepreneurs. Ils ont conçu des êtres corporatifs gigantesques — banques centrales, conglomérats, etc. — qui, lorsqu’ils ont des problèmes financiers, entraînent systématiquement dans leur chute la planète entière. Certes, il y a eu plusieurs crises économiques et financières majeures, et la vie a toujours repris son cours, non pas sous d’autres formes, mais toujours sous la même forme.

Quelle différence entre les deux solutions ?

La première solution, celle de Mère-Nature, comme le souligne si bien Nassim Taleb, est de limiter la taille de ses unités, et elle ne les interconnecte pas. Mère-Nature n’aime pas la connectivité à outrance et la globalisation excessive. De plus, la stabilité n’existe pas dans la nature. Seuls les écologistes, les économistes, les financiers et les dictateurs aiment la stabilité !

La deuxième solution, celle des financiers et des économistes, est ni plus ni moins qu’une fabrique de stabilité à grande échelle démesurément connectée et excessivement globalisée. Conséquemment, le pire est toujours en train de se produire. Présentement « les grandes entreprises regorgent de liquidités, mais les banques n’accordent pas de prêts aux petites et moyennes entreprises qui, dans n’importe quelle économie, sont sources de création d’emplois. » [Georges Vignaux]

Lorsque votre coiffeur fait faillite, ou que votre boucher, paysagiste, épicier, quincaillier éprouvent des problèmes financiers, aucune catastrophe ne se généralise à l’ensemble de l’économie. Et lorsque la Fed annonce qu’elle maintiendra son taux directeur à un niveau proche de zéro durant les deux prochaines années, c’est qu’elle révèle son désespoir devant les difficultés économiques.

En somme, tant que nous nous en remettrons à vouloir créer de la stabilité économique, nous serons constamment au bord de l’implosion. Mon collègue Vignaux, quant à lui, poursuit en disant « une nouvelle certitude a surgi : la certitude que, quelles que soient les mesures adoptées, les choses vont empirer. Une léthargie prolongée apparaît désormais comme le scénario optimiste. » La solution se trouve peut-être justement dans le fait de ne rien faire et de laisser s’écrouler ce qui doit s’écrouler, ou laisser mourir ce qui doit mourrir. Mère Nature ne s’est jamais acharnée à maintenir en vie ce qui ne fonctionne plus. Elle laisse les choses aller. Nous, nous acharnons !

Tous auront compris que ce texte a un côté ironique. Il est un simple constat sur la stabilité fabriquée et la dynamique de la nature. Le problème est que, si on ne fait rien, les choses empirent, et si on fait quelque chose, les choses empirent ! Donc, conclusion, laissons aller les choses comme le dit si bien mon collègue et ami Georges Vignaux. C’est sûrement l’alternative la plus optimiste ! Et s’il y a quelque chose à faire, que faut-il faire au juste ?

©  , 2011

 

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  1. Olivier Montulet
    18 août 2011 à 16 h 05 min

    Seuls les écologistes, les économistes, les financiers et les dictateurs aiment la stabilité ! Excellent mais tu as oublié les climatologues et le commun des mortels…
    Par définition la vie est l’instabilité même l’univers est instable. La stabilité n’existe que dans une illusion humaine qui rêve d’éternité… étonnant car stabilité et éternité sont la mort.

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