« L’Europe est en danger »

18 août 2011

Mon collègue et néanmoins ami, Pierre Fraser, déclare dans son billet précédent : « La solution se trouve peut-être justement dans le fait de ne rien faire et de laisser s’écrouler ce qui doit s’écrouler, ou laisser mourir ce qui doit mourir. Mère Nature ne s’est jamais acharnée à maintenir en vie ce qui ne fonctionne plus. Elle laisse les choses aller. Nous, nous acharnons ! » Je ne suis pas sûr qu’un tel fatalisme soit recommandable. Par ailleurs, comparaison n’est pas raison : la « Nature » (sic) n’a rien à voir avec les spéculations boursières et les traders sont difficilement comparables aux dinosaures.

En fait, la situation est grave dans la mesure où l’Europe, troisième économie mondiale, entraînerait dans sa chute le reste de la planète. Qu’on imagine les cortèges de chômeurs, de dépressions, de misères qui s’ensuivraient. Tout ne s’arrange pas forcément en laissant faire ! Et les Américains ont tort de croire encore pouvoir vivre à crédit. L’urgence est donc plutôt à reconsidérer nos systèmes politiques, nos structures économiques et nos façons de vivre donc nos cultures.

Mardi 16 août, face à des marchés affolés par le surendettement des pays de l’union monétaire, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel se sont réunis à Paris pour trouver des réponses à cette crise inédite : refonte de la gouvernance et création d’une taxe sur les transactions financières. Et à terme, peut-être, la mise en place d’euro-obligations pour mutualiser les dettes des pays membres. Pour le financier américano-hongrois, George Soros, sorte de pythie de la finance, les dirigeants avancent. Mais ce spécialiste des monnaies affirme qu’il faut aller plus loin, pour gagner la bataille contre les spéculateurs. [1]

Pensez-vous que l’euro soit en danger ?
George Soros : “Oui. L’Europe est en danger. La situation est grave et les autorités commencent seulement à prendre la chose au sérieux. Jusqu’à présent, elles ne faisaient que répondre aux pressions des marchés. Maintenant, elles se mettent à discuter de solutions de long terme. Aujourd’hui, on n’a pas d’autre choix que d’améliorer la gouvernance de la zone euro. La question n’est plus de savoir s’il faut une monnaie unique ou non. L’euro existe et s’il s’effondrait, cela se traduirait par une crise bancaire totalement hors de contrôle. Le monde plongerait alors dans une profonde récession.”
Vous êtes favorable à la création d’euro-obligations afin de mutualiser les dettes des pays…

“Oui, et je pense que Nicolas Sarkozy a eu raison de dire, mardi, que les euro-obligations doivent être envisagées à la fin du processus. Cela doit être l’objectif. […] Mais le diable est dans les détails ! Par qui, comment et dans quelle quantité ces titres doivent-ils être émis ? Tout cela doit être discuté.

“Avec toutes les discussions sur les euro-obligations, on en oublie l’état du système bancaire européen lui aussi en crise. Les établissements sont trop fragiles. Ils sont sous-capitalisés et détiennent beaucoup de titres de dettes européennes, jusqu’ici considérés comme des produits sans risque. Ce n’est évidemment plus le cas. […] Il faut lever ce risque avec des euro-obligations et recapitaliser les banques. Elles ont des difficultés à se prêter entre elles et coupent leurs lignes de crédits. Cela pousse l’Europe dans la récession.

A court terme, que faire ?
“Les euro-obligations sont la solution ultime. En attendant, le conseil des ministres européens des finances doit autoriser la BCE à fournir de la liquidité pour permettre aux Etats de se financer à des taux raisonnables.”

En 1992, vous avez parié sur la sortie de la livre sterling du système monétaire européen (SME), avec succès. Les marchés peuvent-ils gagner contre l’euro ?

“Certainement. La zone euro telle qu’elle est construite n’a pas d’autorité budgétaire et fiscale. Tant que cette puissance n’existera pas, le marché pensera qu’il peut gagner. Il a face à lui la BCE. Mais son pouvoir se limite à résoudre les problèmes de liquidités – pour rendre les marchés plus fluides – sans s’attaquer aux problèmes de solvabilité des Etats.”

Faut-il autoriser des pays à sortir de la zone euro ?
“Oui. L’euro peut survivre à la sortie de pays comme la Grèce ou le Portugal, de taille modeste. Mais l’Union éclaterait si c’était le cas de l’Italie ou de l’Espagne. Il faut donc distinguer les petits pays des grands. Mais même si un petit pays comme la Grèce abandonnait l’euro, cela provoquerait un chaos, l’effondrement de son système bancaire. Autoriser un pays à quitter la zone euro réclame donc une préparation minutieuse. Il faut s’assurer que les prêteurs ne sont pas spoliés, garantir les dépôts des épargnants et faire en sorte que les banques restent debout. Tout cela doit être écrit noir sur blanc.”
La situation est grave, dites-vous. Pensez-vous qu’un Etat européen puisse faire faillite ?

“C’est tout à fait possible. S’il s’agit d’une « faillite organisée », on peut très bien envisager de gommer une partie de la dette. C’est déjà le cas de la Grèce. Si cela n’a pas pris le nom d’une banqueroute, l’accord du 21 juillet a mis sur pied un défaut organisé du pays sans provoquer de séisme.

Que faire ?
“En Grèce comme en Espagne, il faut mettre en place des réformes structurelles ; rendre plus flexible le marché du travail et gagner en compétitivité. Mais la demande intérieure doit aussi être stimulée. Il faut établir des règles qui autorisent les pays dont le chômage est élevé à rester déficitaire. Le problème est que l’Allemagne a des idées fausses à ce sujet. Elle aimerait que tous les pays aient des budgets à l’équilibre.”

Les Etats-Unis aussi ont un problème de dette et de croissance…

“Le problème est d’ordre politique. Il faut mettre en place des stimuli pour accroître la productivité et redémarrer la machine. Mais les pressions politiques contre une hausse des dépenses publiques empêchent ce type de mesures. Dès lors la Réserve fédérale américaine (Fed) peut être le recours. La banque centrale peut déployer un nouveau « QE3 », pour injecter plus d’argent dans le système. Cela ferait baisser le coût du crédit, encouragerait les investissements et la consommation. […] Finalement, le blocage est politique comme en Europe. C’est plus grave.”

Que voulez-vous dire ?
Les problèmes sont complexes mais les gens veulent des réponses simples. Cela conduit certains à être frustrés et à adopter des positions antieuropéennes comme en Finlande ou en Allemagne où certains se disent opposés aux transferts financiers. Nous devons être unis. Nous n’avons pas le choix.

[1] Propos recueillis par Cécile de Corbière et Claire Gatinois, Le Monde, 18.08.11
http://www.lemonde.fr/economie/article/2011/08/17/l-europe-est-en-danger_1560364_3234.html#ens_id=1198047

©  , 2011

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  1. Olivier MONTULET
    18 août 2011 à 17 h 48 min

    Personnellement je suis de l’avis de Pierre Fraser. Ce qui crée des conflits se sont les frottement de la résistance au changement. Le capitalisme-libéral est moribond, il faut passer à autre chose. Ses fondement philosophique ont été dévoyés en doxa doctrinaire et sa nécessité ontologique ou à tout le moins paradigmatique n’est plus. Le modèle droit-de-l’hommiste et néolibéral a vécu et ne génère plus que du désastre. Les espérances philosophiques des lumières ne peuvent plus être rencontrées et ne sont d’ailleurs plus le moteur du projet productiviste-consumériste et boulimico-accapariste. L’économie n’est plus le fait de l’homme mais est un modèle qui s’impose aux hommes car selon ces grands prêtres les économistes (qui ont toujours la solution mais aucune de celles-ci n’a fonctionné tant qu’à présent et à jamais) les lois économiques sont NATURELLES, sont inscrites dans la nature des choses. Non décidément se modèle débilitant doit s’effondrer et au plus vite. Et comme le prédisait de Tocqueville le modèle libéral démocratique a produit, ce qu’appelait La Boétie, des serviles volontaires. J’ai bien plus peur de ceux qui s’y accroche pour préserver, non les lois naturelles, mais leur parcelle, voire miette de pouvoir et de privilège que du génie humain qui pourra reprendre court quand les cieux seront enfin dégagé de ce dogme moyenâgeux qu’on nomme économie néoclassique pourtant aux antipode des thèses et recherches d’Adam Smith. Mais qui lit Adam Smith comme Karl Marx? On croit ce qu’on leur a fait dire sans jamais les relire. Le plus terrible s’est que les serviles pensent qu’en dehors du système qui les broie, rien d’autre n’est possible. Alors que les clair voyant comme moi se lève écrie vive l’utopie c’est elle qui nous fait vivre et nous donne à rêver un monde à construire et non pas à subir.
    Voici deux textes publiés dans le Journal La Libre Belgique que je tiens à partager avec vous:
    Les dieux sont revenus http://www.lalibre.be/debats/opinions/article/677741/les-dieux-sont-revenus.html
    Myriam TONUS, Chroniqueuse
    Le 08/08/2011
    N’en déplaise aux esprits nostalgiques ou avides de restauration (cela va assez souvent de pair), André Malraux n’a jamais dit que le XXIe siècle serait religieux ou ne serait pas. Par contre, il avait pressenti combien l’être humain peut être livré aux pires menaces lorsqu’il se croit autosuffisant et maître de tout, lorsqu’il limite son horizon à la stricte matérialité. En 1955, il écrit, dans « L’homme et le fantôme » : « Je pense que la tâche du prochain siècle, en face de la plus terrible des menaces qu’ait connue l’humanité, va être d’y réintégrer les dieux ». Malraux l’athée n’appelle pas de ses vœux un retour de la religion, mais quelque chose comme un axe solide, qui empêche les humains à la fois de désespérer et de se perdre dans le n’importe quoi. Le grand homme n’imaginait certainement pas la forme que prendrait la réintroduction du divin ! Car les dieux, oui, sont revenus. Et ils assurent leur fonction avec toute-puissance, violence et indifférence envers les pauvres mortels que nous sommes. On les appelle « les Marchés », comme dans les temps antiques on parlait des Titans ou des Euménides. Invisibles, insaisissables, nul ne peut les localiser : ils sont partout et nulle part. Ils ont leurs temples – les Bourses, les sièges bancaires – leurs oracles (les analystes), leurs grands-prêtres célébrant le culte lors de grand-messes à Davos ou Wall Street, leur bas clergé : une armée de « traders » devançant le moindre de leurs désirs, et même leurs exécuteurs des basses œuvres : ces agences de notation qui font trembler les nations en les menaçant de dégrader leur note. C’est que ces nouveaux dieux ont leurs humeurs, aussi imprévisibles que les colères de Zeus : les Marchés s’affolent, s’apaisent, ont la fièvre, dépriment, sont même quelquefois contents. Seuls quelques initiés peuvent décrypter leur vouloir, érigé en dogme. Essayez donc de proclamer que les Marchés c’est du pipeau, que les sacro-saintes « lois du marché » résultent du choix d’une poignée d’ayatollahs économistes et que les agences de notation – dont le commun des mortels ignorait l’existence il y a deux ans à peine – servent en réalité des intérêts qui n’ont rien d’impersonnel ! A défaut de vous envoyer au bûcher, il se trouvera toujours un fidèle outragé pour vous convaincre de vos errements à coup d’explications dignes de la scolastique moyenâgeuse Honte à cette nouvelle forme d’athéisme qu’on pourrait appeler a-mercantilisme ! Autrefois, on tuait pour cause d’excès de raison; aujourd’hui, il est mal vu de ne pas avoir la foi du charbonnier – pardon, de l’actionnaire. C’est qu’il faut l’avoir solide, la foi, pour supporter les divines volontés – en comparaison, les bonnes vieilles ascèses religieuses paraissent une partie de plaisir. Commandement suprême à tous intimé : se serrer la ceinture, rogner, dégraisser. Mais aussi : abandonner les rêveries (égalité, justice, gratuité ) pour n’adorer qu’Efficacité, Rentabilité et Compétitivité, les radieuses épouses qui comblent les Marchés. Consulter chaque matin et chaque soir le baromètre boursier des divines humeurs et offrir aux tout-puissants, dans un geste d’absolue confiance, nos économies – même si l’on peut quelquefois douter qu’ils en font un usage sensé Ont-ils oublié, ces grands-prêtres et leurs idoles, que l’être humain, qu’un peuple ne se résigne jamais à demeurer sous le joug d’un pouvoir écrasant, injuste, d’autant plus insupportable qu’il broie le quotidien sans y prendre part lui-même ? Un peu partout, des hommes, des femmes se lèvent, s’indignent du sort qui leur est fait, refusent ces nouveaux dieux qui barrent l’avenir de leurs enfants. Il ne suffira pas de leur donner en spectacle la déchéance d’un grand-prêtre du FMI pour les détourner de leur colère, pour étouffer leur espoir. Moloch, dans son ventre de feu, dévorait les enfants qu’on lui offrait. Malraux avait raison : ce serait bien la plus terrible des menaces que de s’incliner devant ces dieux qui occupent sa place.

    La révolte sans la solution
    Jérôme GRYNPAS
    Le 10/08/2011
    Jérôme GRYNPAS, Philosophe jerome.grynpas@gmail.com
    Ce qu’il y a de patent, c’est le sentiment d’impuissance, à l’échelle des individus comme au niveau le plus élevé des décideurs des Etats les plus puissants. On ne peut que constater l’incapacité de ces décideurs et de leurs conseillers de penser hors du système, lors même qu’ils en fustigent les errements. Il faut dire qu’ils ont une excuse et ceci est vrai aussi pour les sphères dirigeantes européennes et leurs experts. Où puiseraient-ils un discours politique cohérent qui puisse être un contre-projet novateur et réalisable ? Il ne reste aux citoyens qu’une indignation plus ou moins violente. Ce n’est pas neuf. Rappel. Avant le XVIIe siècle, on a connu des révoltes jamais abouties et toujours durement réprimées comme celle des « fratellini » dans l’Italie du Moyen Âge, la guerre des paysans en Allemagne à la Renaissance, les « troubles » causés par les famines à travers toutes les époques, etc. Maintenant, l’indignation est toute de gesticulations. Dans les pays arabes, plus vigoureuse, cette indignation est soit réprimée – Syrie, émirats, etc. – soit, forte d’un premier succès, en Egypte et en Tunisie. Elle n’en reste pas moins grosse du meilleur comme du pire. En effet, les seuls à avoir un discours cohérent, quantitativement significatif, avec une vraie capacité organisationnelle sont les religieux. Les autres ont des indignations, des aspirations, mais cela ne fait pas un projet politique propre à conquérir idéologiquement une fraction importante de la population. La même situation d’indignation (pour le moment non violente) se déploie sous nos yeux tant en Europe (Israël compris) qu’en Amérique. Toutes les sociétés sont construites sur des idéologies. Dans l’antiquité, elles se construisent sur les religions du Livre, ou le bouddhisme ou en Chine à travers le confucissme Toutes ont vécu sur des corpus idéologiques – des textes. Ceux-ci avaient pour prétention, d’une part, d’offrir une représentation du monde ici-bas (et pour la plupart de l’au-delà) et, d’autre part, de proposer une pratique tant collective qu’individuelle en déduit de cette idéologie. A partir du milieu du XVIIe siècle, la modernité occidentale a suivi la même voie. Elle s’est exprimée d’abord idéologiquement dans ce qu’on appelle les « Lumières ». Celles-ci, face au pouvoir monarchique absolutiste appuyé par une caste de privilégiés, ont développé la théorie de l’égalité juridique de tout un chacun et, donc, sa capacité (selon ses mérites) à participer de plein droit au pouvoir et dans tous les secteurs de la vie au quotidien. Certes, il s’agissait de principes et le développement a été long et en dents de scie. Mais la démocratie, l’Etat de droit, la solidarité étaient nés. Les révolutions américaine et, surtout, française en sont les enfants légitimes. A la charnière des XVIIIe et XIXe siècles, le libéralisme économique donne à la révolution industrielle sa légitimité (Adam Smith, Ricardo) tout en suscitant à partir du milieu du XIXe siècle, surtout à travers la doxa marxiste, la constitution d’une contre-idéologie globale – sur la base d’un compendium écrit – capable de s’opposer au capitalisme triomphant. Tant que le capitalisme usait de sa force pour se sustenter toujours davantage par l’exploitation coloniale, par exemple, il continua à se développer. Développement qui entraîna les premières lourdes contradictions (guerre et révolution). Pour des raisons, trop longues pour en parler ici, le contre-projet révolutionnaire des bolcheviques de plus en plus oligarchique et donc de plus en plus policier, échoua de la pire des façons : l’implosion. En Occident, ceux qui tentèrent, tout en s’accommodant du système, de l’améliorer- les socio-démocrates – connurent d’abord des succès, puis peu à peu se firent gestionnaires. Quand le soviétisme s’effondra, ils se turent définitivement se contentant de privilégier faute de mieux des « avancées sociétales » tout en pratiquant les « bonnes œuvres ». Globalisé, sans contradicteur idéologique crédible, le capitalisme – à partir des années 80 – passa à une vitesse supérieure : la financiarisation du monde. Il se trouvait ainsi à l’abri des Etats – étant hors loi. Mieux encore, il fit accepter par les gouvernants et les gouvernés (dans une large majorité) que le profit privé était l’alpha et l’oméga de tout développement possible. Il ne s’agissait plus d’une « idéologie » puisque, claironnait-il, les idéologies étaient mortes. Tout cela est scientifique, disaient les experts médiatiques. Et les gens « sérieux » n’y voyaient rien à redire. Autrement dit, le drame – intellectuel et politique – de notre époque, c’est l’absence de tout contre-projet idéologique. Les possédants et tous ceux qui vivent convenablement au sein de ce système n’ont pas besoin de théorie nouvelle, leur seul projet c’est de se maintenir. La gauche de la gauche, très minoritaire, fait semblant de chercher auprès du vieux Marx des réponses. Visiblement, ce n’est pas sérieux. Aujourd’hui, de par son développement même, le capitalisme a mis à nu son incapacité à se réguler au point de tendre à la déliquescence et l’opinion publique comme ses dirigeants le reconnaissent, mais se sentent incapables de penser à une solution viable au long terme. Il n’y a pas de projet, pas de « nouvelles Lumières ». On s’indigne et on a peur. La révolte sans la solution. Face à un capitalisme même malade, c’est peu. Beaucoup se disent in petto : cela ne durera pas. « Ils » vont devoir réagir pour leur propre bien. Mais, ils sont empêtrés dans un quotidien dont ils vivent bien (que mon voisin fasse le premier pas ) Cet avantage, ils tiennent à le conserver. Sans compter qu’ils estiment que leurs certitudes sont l’expression d’une réalité irréfragable. Le néolibéralisme, le libre-échange planétaire ne sont-ils pas des faits de nature ? On ne peut pas empêcher la terre de trembler, au mieux on peut construire des bâtiments selon des méthodes antisismiques toujours améliorées. Peut-on faire mieux dans la sphère du politico-économique puisque la théorie novatrice capable de modifier notre paradigme économique ne se déploie nulle part ? Quel individu, quel groupe proposera, au-delà de l’indignation et de la peur, une théorie et une pratique capable de porter un projet novateur ?
    Je nuance la conclusion de se dernier texte en ajoutant: que quoi qu’il arrive un nouveau projet est en train de se construire, pas besoin de plans, surtout pas de plan car ce serait la dictature, quoi qu’il arrive la vie continue et la société se façonne par l’action des citoyens dans leurs activité quotidiennes et ordinaires, silencieuses. Il suffit de les réveiller, mais il se réveillent déjà en Tunisie, en Algérie, au Maroc, en Égypte, en Israël, dans le Wisconsin, à Madrid, à Athènes, à Londres, à Harlem…
    Et cela mêmes si Obama, les pontes de l’UE, du FMI de l’ONU, de l’OTAN font tout pour que leur monde irréel subsiste.
    Notre devoir est cependant de rendre les consommateurs infantilisés, variante de production lorsqu’ils travaillent, à leur dignité et qu’il réinvestissent leur rôle citoyens acteurs de leur destin.
    Faites percoler ce message et d’autres. C’est ce qui fera changer le monde.

  2. Olivier MONTULET
    18 août 2011 à 18 h 15 min

    Je reprendrais pour qualifiez les pratique des économistes cette citation d’Albert Einstein « La folie est de toujours se comporter de la même manière et de s’attendre à un résultat différent ». Monsieur Vignaux, ce qu’il faut faire c’est s’extraire de ses paradigmes et de ses croyances, même s’ils nous structurent, ils nous empêchent de construire autre chose ne fusse que l’utopie d’un autre projet. « Je m’approche de deux pas, elle s’éloigne de deux pas. J’avance de dix pas et l’horizon s’enfuit dix pas plus loin. J’aurai beau avancer, jamais je ne l’atteindrai. A quoi sert l’utopie ? Elle sert à cela : à cheminer » Eduardo Galeano, In Paroles vagabondes, Lux, Montréal, 2010

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