L’individu violent : trait culturel américain

25 août 2011

Les films Hollywoodiens n’ont rien à voir avec la violence et les émeutes, ni Marylin Manson, ni les jeux vidéos, ni quoi que ce soit que vous vouliez qui véhicule un message de « violence ». La planète entière consomme les produits culturels de la violence des États-Unis, et pourtant, la majorité des pays du monde libre ne sombre pas comme le font les Américains dans la violence. Observez attentivement le tableau suivant qui traite de l’homicide : [1]

De tous ces pays, il n’y qu’aux États-Unis où la prière est aussi présente que les régimes pour maigrir, où les citoyens préfèrent que leurs dirigeants croient en Dieu, prient Dieu, et basent même leurs décisions sur la prière, où les gouverneurs des États invitent les citoyens à prier pour éviter les désastres naturels, où les chefs de police des grandes cités arrivent à justifier en entrevue télévisée l’augmentation de la criminalité par l’influence de plus en plus grande de Satan, où les comités d’école remettent constamment en question la théorie de l’évolution. La religion et la foi sont des éléments constitutifs de l’imaginaire américain. Le christianisme américain carbure aux cartes de crédits pour les Églises de preachers démagogues qui n’ont cesse de ressasser les 10 commandements de la Bible. D’ailleurs, leur connaissance de ce livre de la vérité révélée est ahurissante. « Tu ne tueras point », et pourtant on tue plus que partout ailleurs aux États-Unis. De toutes les démocraties, celles qui sont les moins croyantes ou pratiquantes sont celles où le taux d’homicides est le moins élevé. Paradoxe ? Non. C’est un trait culturel.

Il serait trop facile de tout mettre sur le dos de la religion. Même s’il y a une corrélation, il n’y a pas forcément causalité. Les choses sont plus profondes. Aux États-Unis, terre de liberté et de promesses, l’arme est reine et règne. L’arme est enchâssée dans la constitution. « Il faut pouvoir défendre sa famille, sinon qui va le faire ? » Mais, l’américain est plus que ses armes et la National Rifle Association (NRA). Le glorieux passé de sa nation lui rappelle que son pays a été à la fois génocideur (Indiens), esclavagiste (Noirs d’Afrique), expansionniste (Mexicains), colonialiste (Portoricains) et impérialiste. L’américain moyen ne sait pas ou ne veut pas savoir que ses dirigeants se sont débarrassé de ceux qui allaient à l’encontre de l’idéologie dominante — Salvator Allende au Chili —, alors qu’ils installaient Pinochet et Noriega — jusqu’à ce qu’il désobéisse à Washington —, le Shah d’Iran, Sadam Hussein, et qu’ils fournissaient Ben Laden en armes.

Le Pentagone dépense annuellement presque 31 milliards de dollars en matière de recherche militaire. Il s’agit du seul pays à disposer de flottes sur toutes les mers du globe prêtes à intervenir à tous moments, tout comme ils disposent d’une multitude d’agences de renseignements à la fine pointe de la technologie pour prévenir et exercer à la fois la violence. Ce déploiement de puissance est aussi le déploiement de la violence. Il envoie un message très clair : tu ne peux me frapper, autrement tu seras éliminé. La violence américaine atteint son paroxysme avec son idéologie néolibéraliste : les mises à pied massives de sa propre force de travail poussées par des délocalisations massives. Le citoyen américain n’est pas violent parce qu’il le veut, mais parce qu’on le lui impose.

L’Amérique d’Obama et de ses prédécesseurs a définitivement l’hégémonie de la violence. Mark Twain soulignait, dès 1871, que « l’Amérique est passée de république à monarchie — non pas une monarchie gouvernée par un roi ou une reine, mais par des entrepreneurs et des financiers où les politiciens sont leurs laquais, tous motivés par la convoitise de l’argent. » [2]

[1] Beatie Sara, Cotter Adam, L’homicide au Canada, 2009, Statistiques Canada, http://www.statcan.gc.ca/pub/85-002-x/2010003/article/11352-fra.htm#a1.

[2] Twain Mark, The American Plutocracy II, The Coming American Monarchy and Dictatorship, all reprinted in Geismar, Mark Twain and the Three Rs.

©  , 2011

 

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