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PNL : attention danger !

13 septembre 2011

Décrire de manière exhaustive les fondements et les objectifs de la programmation neurolinguistique est complexe. D’autant que les descriptions données par les ouvrages spécialisés sur le sujet sont plus que fuyantes. La PNL fait référence à un ensemble de techniques de développement personnel nées aux USA dans les années 1970. L’objectif est d’offrir des outils permettant l’épanouissement personnel, notamment par un travail de programmation mentale.

La PNL part du principe que, ce que l’un d’entre nous peut faire, nous en sommes tous capables. Cette assertion de base suppose qu’en tant qu’êtres humains, nous avons accès au même potentiel, malgré les particularités socio-éducatives qui nous ont modelés.

Scientifique ?
Les termes choisis ne sont pas innocents : “Programmation” : référence à l’ensemble des automatismes cognitifs, émotionnels et comportementaux ; “Neuro” : référence au système nerveux : “Linguistique” : le langage est un code, il véhicule notre culture et structure nos pensées. Les adeptes tentent de soustraire la PNL au qualificatif de « pseudo-science » en estimant qu’ils n’ont jamais voulu que la PNL en soit une. Cependant, la juxtaposition de trois mots résolument scientifiques n’est pas fortuite… [1]

Quels fondements à la PNL ?
Créée dans les années 1970 par John Grinder, linguiste, et Richard Bandler, mathématicien et informaticien, la PNL prend source dans les compétences du Docteur Bandler et dans son aptitude particulière à reproduire les comportements d’autrui. C’est en tentant de comprendre cette aptitude que J. Grinder fondera les bases de sa « modélisation » : un ensemble d’outils permettant de programmer le cerveau pour l’améliorer !

De « docteur », R. Bandler n’en a que le titre. Sa biographie esr “agitée” : arrestation pour meurtre (il sera finalement acquitté), et cures de désintoxication pour cocaïnomanie. Ce faux médecin a su asseoir sa crédibilité auprès des disciples et lancer sa “méthode”. Peu à peu, la PNL s’est enrichie des travaux de psychothérapeutes et d’autres personnes, parmi lesquelles Robert Dilts qui a traité des relations entre PNL et neurophysiologie.

La PNL s’appuie donc sur de nombreux modèles, dont la plupart, reconnus à l’origine par les scientifiques, ont été invalidés depuis. L’exemple le plus parlant est la référence à la très vulgarisée théorie « des trois cerveaux » qui veut que le cerveau soit composé de trois organes indépendants : un cerveau reptilien (siège des instincts), puis un cerveau paléomammalien, apparenté au cerveau limbique (celui des émotions et de l’intuition), et enfin un cerveau néomammalien apparenté au néo-cortex (siège de la pensée rationnelle). Ce modèle introduit par Paul Mac Lean en 1969, est aujourd’hui unanimement rejeté par la communauté scientifique.

Des capacités thérapeutiques controversées
Le rapport de la « Mission interministérielle de lutte contre les sectes » de 2002 classe la Programmation Neurolinguistique comme présentant un risque sectaire en psychothérapie. Les arguments sont les suivants : « L’absence de principes déontologiques orientés vers l’aide et la santé, plutôt que vers l’exploitation et le profit, l’absence de connaissances en psychopathologie et en psychiatrie permettant d’aider ou d’orienter les personnes perturbées, l’absence de formation scientifique permettant de relativiser les connaissances et de ne pas prétendre à la vérité, caractérisent les pratiques qui font question. »

Car la PNL prétend à des vertus thérapeutiques… Et se glisse au milieu des quelques 350 auto-nommées psychothérapies, existantes en France, et non reconnues par la loi. En France, en effet, seules la psychologie et la psychiatrie sont médicalement reconnues. Au-delà, difficile de reconnaître le vrai du faux, le docteur de l’imposteur… Le danger est réel : après avoir suivi deux ou trois semaines de séminaires -dans le meilleur des cas-, certains apprentis se présenteront comme psychothérapeutes et utiliseront des titres ronflants comme « Maître praticien en PNL », laissant croire qu’ils sont de véritables spécialistes du soin.

Un tel positionnement médical est d’autant plus inquiétant que les patients qui vont consulter ne font pas nécessairement la différence entre un psychologue ou un psychiatre, et encore moins un psychothérapeute utilisant la PNL. Alors, si la PNL peut être un outil de réflexion pour certains, de nombreux doutes subsistent quant à son innocuité dès lors qu’il s’agit de champs d’applications médicaux.

[1] Roch, Aurélie,
http://www.suite101.fr/content/la-pnl-ses-fondements-ses-derives-a1952

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  1. 13 septembre 2011 à 14 h 08 min

    La PNL n’est pas ‘scientifique’. Et les hommes et les femmes en blouses blanches qu’on voit dans les pubs pour la lessive ou le dentifrice ne sont pas des scientifiques.

    La PNL ne se sert pas d’une image populaire de la ‘science’ ? C’est comme si quelqu’un se promène avec un stéthoscope autour du cou…

    OK, c’est peut-être de la pub… mais la PNL continue de gagner beaucoup d’argent pour ses praticiens… et continue de s’imposer comme une approche sérieuse en psychométrie et sociométrie :
    http://www.cegos.fr/formation-pnl/p-20117111-2011.htm
    http://www.demos.fr/fr/stage-avec-la-pnl-observez-differemment-communiquez-mieux-niveau-1-14692.htm

    Stages offerts par d’organismes de formation ‘sérieux’, qui peuvent être financés par la formation continue, les OPCAs, le DIF… peut-être la PNL ne se présente pas comme science ou psychothérapie – mais elle se présente comme théorie (et outil) de ‘sens’ et de ‘changement’ en entreprise.

    D’où mes remarques sur Google+ le week-end dernier. Pour lutter contre ce type de manifestation de la pensée magique, nous avons besoin d’une approche plus ‘sophistiquée’ à la description et la construction du ‘sens’ et du ‘changement’ (dans l’entreprise, car c’est mon domaine d’intérêt ; mais bien sûr plus généralement).

    Comme toujours, la pensée critique et la vraie démocratisation de la connaissance sont les seuls remèdes…

  2. Pierre Fraser
    31 mars 2012 à 16 h 38 min

    Bonjour Femenia,

    le seul fait que la PNL puisse soulager ou guérir tant de problèmes ne prouve qu’une seule chose : l’efficacité de son effet placebo. Il y a ici un corps symbolique qui réagit à des symboles.

    Ici, ce n’est pas tant la méthode utilisée qui importe, que le rôle éminemment performant de la fonction symbolique. Étant donné que la fonction symbolique permet de transformer un environnement naturel en un environnement culturel, le malade, qu’il adhère au discours du chaman ou à celui du praticien de la PNL, trouve ou non résolution à son problème. « Que le mythe soit recrée par le sujet [PNL] ou emprunté à la tradition (chamanisme), il ne tire de ses sources, individuelle ou collective (entre lesquelles se produisent constamment des interpénétrations et des échanges) que le matériel d’images qu’il met en oeuvre ; mais la structure reste la même, et c’est par elle que la fonction symbolique s’accomplit. »

    À lire : http://pierre-fraser.com/2012/02/27/fonction-symbolique-magie-et-psychanalyse/

  3. Ph Bauge
    4 novembre 2012 à 19 h 25 min

    Vous avez sûrement raison, puisque c’est bon pour vous …

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