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La PNL : l’art de la tromperie !

15 septembre 2011

La PNL est un ensemble de modèles et de techniques destinées à améliorer la communication entre individus et à s’améliorer personnellement. Le terme a été inventé par John Grinder et Richard Bandler dans les années 1970 en s’inspirant du travail de psychothérapeutes, dont Milton Erickson et Virginia Satir. [1] C’est une approche plus aristotélicienne (prédominance de l’acquis) que cartésienne (prédominance de l’inné) en effet selon la PNL, ce que quelqu’un fait, une autre personne peut le faire. La PNL est née de l’observation des comportements, elle cherche aujourd’hui la caution des neurosciences.

Selon nombre de contradicteurs, c’est une pseudoscience. Ses créateurs se positionnent en dehors de cette question : « Nous ne sommes pas des psychologues, nous ne sommes pas non plus des théologiens ou des théoriciens. Nous n’avons pas d’idée à propos de la nature « réelle » des choses, et cela ne nous intéresse pas particulièrement ». Même si les fondateurs ne considèrent pas leur domaine d’étude comme une science, ils utilisent un langage pseudo-scientifique pour formuler leurs techniques.

Le rôle de la PNL
« Observer » des compétences et les approprier ; les « décoder » ;  les « expérimenter » pour créer des modèles efficients.

Histoire
Fondée sur les travaux de John Grinder et de Richard Bandler, la PNL est issue de la pratique de trois thérapeutes :

  • Milton Erickson (Fondateur de l’hypnose ericksonnienne) ;
  • Fritz Perls (Fondateur de la Gestalt therapy) ;
  • Virginia Satir (Fondatrice de la thérapie familiale).

John Grinder était linguiste disciple de Noam Chomsky. Richard Bandler était informaticien et mathématicien avec une spécialisation en intelligence artificielle. Lorsqu’il rencontre Grinder, il valide une 4e année en psychologie au Kresge College de l’Université de Santa Cruz. L’équipe originelle du Kresge College, était constituée de :

  • John Grinder, un professeur de linguistique générative,
  • Richard Bandler, un ancien étudiant en mathématiques et en informatique qui validait ses études en psychologie,
  • Leslie Cameron, une étudiante qui se spécialisera sur les patterns des « métaprogrammes », et qui devient l’épouse de Bandler,
  • Robert Dilts, un étudiant qui obtiendra un diplôme en « behavioral Technology » et qui recevra un prix en 1977 pour ses recherches mettant en corrélation les mouvements oculaires et les fonctions cérébrales. Au-delà de sa formation universitaire, il a personnellement approfondi ses études avec Milton H. Erickson et Gregory Bateson.
  • David Gordon, un étudiant qui se spécialisera en modélisation et en épistémologie.

L’ensemble de l’équipe était proche de Gregory Bateson, de Milton H. Erickson et de Virginia Satir. Aujourd’hui, on peut dire que la PNL est dans la continuité du travail de recherche de l’École de Palo Alto (constituée autour de Gregory Bateson, des travaux du Mental Research Institute, de l’Institut d’Esalen). [2]

La réalité de ce lien est exprimée dans « Encyclopedia of Systemic Neuro-Linguistic Programming and NLP New Coding ». R. Dilts et J. DeLozier. [3] Ils y écrivent : « […], ce sont les travaux de Bateson sur la théorie de la communication qui ont fourni les bases théoriques et disciplinaires de la PNL ». Paul Watzlawicz, un des chercheurs importants du Groupe de Palo Alto, dans la préface du livre « Du désir au plaisir de changer » de Françoise Kourilsky-Belliard (1995) reconnaît, lui aussi, les liens qu’il y avait avec les modélisations de Grinder et Bandler. [4]

Le sigle PNL ou plutôt « NLP » pour Neuro-Linguistic Programming, apparaîtra en 1980 dans un ouvrage commun de quatre de ces chercheurs : « Neuro-Linguistic Programming : volume 1 – The Study of the Structure of Subjective Experience ». Le tome 2 paraîtra en 2000 sous le titre « Encyclopedia of Systemic Neuro-Linguistic Programming and NLP New Coding ».

Aujourd’hui, 35 ans après sa naissance, le développement de la PNL tend à se ralentir. Mais, différentes voies continuent d’être explorées. Citons la DHE développée par Richard Bandler, la neuro-sémantique de Michaël Hall, la DBM de John McWhirter. Robert Dilts continue de son côté son travail de structuration de la PNL et propose de découper l’évolution de la PNL en trois générations. Selon lui, la plupart des outils et techniques de la PNL de la première génération étaient centrés sur la résolution de problèmes au niveau du comportement et des capacités.

La deuxième génération de la PNL a accentué la relation entre soi et les autres et s’est ouverte à des domaines d’application tels que la négociation, la vente, l’éducation et la santé. Les outils se sont enrichis afin de résoudre des problèmes d’un niveau supérieur, celui des croyances, des valeurs et des « méta-programmes ». Les techniques de la deuxième génération de la PNL ont intégré l’utilisation de nouvelles distinctions comme la ligne de temps, les sous-modalités, et les positions perceptuelles. »

Avec le passage à la troisième génération de la PNL, Dilts propose une PNL qui s’intéresse à la notion de champ entre les individus, et à l’apport de grâce et de beauté dans le système : « Être en relation profonde, avec moi et avec la personne, permet de voir et de promouvoir la beauté de cette personne ». – « Le corps et le mental sont reliés à un champ plus large »…

Programmation : Le mot programme fait référence à l’ensemble de nos automatismes, qu’il s’agisse d’automatismes cognitifs, émotionnels ou comportementaux.
Neuro : Le mot neuro fait référence aux neurones, à notre système nerveux central et notre système nerveux périphérique.
Linguistique : Le langage est un code, il structure notre pensée, il véhicule notre culture.

Hypothèse de base :

La Programmation neuro-linguistique se propose d’élargir les possibilités de comportements (choisis comme les plus efficaces possible pour un objectif donné dans un contexte donné) :

  • d’une personne à une autre, en modélisant le comportement efficace et en apprenant à la personne à s’en servir pour elle dans les contextes adéquats.
  • d’une situation à une autre ;

La PNL n’est donc pas une théorie (bien qu’une théorisation existe sur la question), mais avant tout une démarche issue de l’observation d’intervenants dans des milieux aussi divers que les conférenciers, les éducateurs sociaux, les acteurs de la lutte contre l’alcoolisme, etc. Elle se base sur la description des perceptions sensorielles externes, des représentations sensorielles internes et sur la modélisation de ces stratégies mentales et physiques.

Les utilisateurs de la PNL se nomment entre eux « praticiens ». Ce terme peut porter à confusion quant à la nature pseudo-médicale de la PNL. La PNL n’a pas cherché une reconnaissance universitaire. Beaucoup de livres, en langue française, sont des ouvrages écrits par des consultants ou des formateurs. Les autres sont souvent des traductions de séminaires réalisés par les chercheurs américains. Ces auteurs ont oublié d’apporter, dans leurs écrits, l’épistémologie nécessaire à l’esprit scientifique. Bon nombre de formations en PNL sont d’ailleurs assurées par des « formateurs » dont le bagage en PNL pourrait sembler parfois mince, mais aussi dont la formation de base en psychologie, psychosociologie est plus qu’approximatif. Et finalement, les descriptions qui définissent ce qu’est la PNL, sont toutes évasives. D’après les inventeurs eux-même, cela est fait exprès pour pouvoir étendre à volonté le domaine d’application de la PNL !

Principes
La PNL prétend – rien moins que ça – être la synthèse d’un travail d’observation et de compréhension des faits humains à travers leurs manifestations orales et gestuelles. Elle se fixe comme ambition de tendre vers « l’excellence en matière de communication ».

Il est vrai que n’importe qui peut prétendre être un PNListe distingué en ayant lu un livre et promettre des choses étonnantes. NLPNL est un système associatif qui regroupe des personnes formées à la PNL. NLPNL, n’est pas un organisme d’État ; il est difficile d’empêcher des personnes de se prétendre formées à la PNL.

On estime qu’une thérapie ne doit pas durer plus de six mois, au-delà de cette durée le praticien PNL se devant d’essayer autre chose ou d’orienter le patient vers un autre professionnel plus adapté, voire vers un psychiatre en cas de problèmes lourds et résistants, de préférence en essayant d’organiser un passage de relais des informations.

Les présuppositions de la PNL
Les présuppositions de la PNL se répartissent en deux grandes catégories. La première catégorie est inspirée de la sémantique générale, la deuxième est inspirée de la cybernétique :

1. La carte n’est pas le territoire
A. Chaque personne possède sa propre carte du monde – dont la fabrication est déterminée par l’architecture génétique et l’histoire personnelle de chaque individu.

B. Aucun modèle du monde n’est plus « vrai » ou « réel » qu’un autre.

C. Ce n’est pas le territoire ou la « réalité » qui limite les gens mais bien plus les choix qui leurs sont disponibles au sein de leurs modèles.

D. Les êtres humains bâtissent leur modèle du monde au travers de leur système nerveux.

  1. Les cartes du monde sont constituées de programmes neuro-linguistiques.
  2. Tout comportement est le résultat de séquences et de combinaisons de patterns neurologiques.
  3. Des patterns neurologiques consistent en des entrées de perceptions sensorielles et sont stockées au travers de nos systèmes de représentations (VAKO = Visuel, Auditif, kinesthésique et Olfactif).
  4. La connaissance, le sens, les pensées, etc. sont le résultat de computations internes qui consistent en chevauchements (synesthésies), corrélations (équivalences comportementales) et connections (associations) entre des systèmes de représentations.

E. L’esprit et le corps forment un système cybernétique.

  1. Pour chaque pattern neurologique, il existe une manifestation comportementale co-occurrente et vice-versa.
  2. Les programmes neurologiques fonctionnent sous-forme de boucles de feed-back (TOTE) plutôt que sous forme d’arcs reflex linéaires de stimulus-réponses.
  3. Le comportement est orienté objectif (téléologique) plutôt que déterminé par le stimulus (déterministe).

F. Il existe une interaction « neuro-linguistique » profonde entre le langage et nos modèles neurologiques du monde.

  1. Le langage est un méta-modèle de nos modèles du monde.
  2. Le langage est un moyen de coder et de séquencer ces représentations sensorielles; il est donc une expérience secondaire (structure de surface) – en deçà de notre expérience primaire (structure profonde).
  3. Le langage est un système de représentation qui est produit par la même neurologie qui produit nos systèmes de représentations sensoriels. De ce fait, les mêmes principes de structure se retrouvent dans le langage tout comme dans les systèmes de représentations.

G. Les capacités individuelles sont fonction du développement et du séquençage des systèmes de représentation.

  1. Les gens ont tendance à développer et valoriser certains systèmes de représentations pour certaines fonctions.
  2. Comme les êtres humains partagent les mêmes systèmes de représentations de base, il est possible pour tout humain d’accéder à ses représentations de façon à recréer ou approcher tout phénomène humain. Il est donc possible de modéliser et de transférer toute compétence humaine d’une personne à une autre.

I. La conscience est un phénomène limité.

  1. Les gens peuvent maintenir 7+ ou-2 « éléments » d’information dans leur conscience à chaque instant.
  2. Le type d’élément va déterminer comment une expérience est ponctuée.

A. Les interactions humaines forment des systèmes cybernétiques.

  1. Les interactions humaines ne sont pas fonction de chaînes linéaires de stimulus-réponse mais de boucles systémiques de feedback.
  2. Les gens ne peuvent pas ne pas communiquer.
  3. Aucune réponse, expérience ou comportement n’a de sens en dehors du contexte dans lequel il a émergé et dans le contexte de la réponse qu’il déclenche après.
  4. Il n’y a pas d’erreurs mais des objectifs; il n’y a pas d’échec mais du feedback.

B. Les systèmes cybernétiques sont orientés vers l’adaptation.

  1. Le but de tout comportement est adaptatif (possède une intention positive) – ou fut adaptatif dans le contexte où il fut établi à l’origine.

C. Les systèmes cybernétiques sont organisés en différents niveaux logiques de structure.

  1. Il est important de trier les différents niveaux des interactions, Il est utile de séparer les comportements de l’identité – de séparer l’intention positive, fonction, croyance, etc. qui génère le comportement du comportement lui-même.

D. Les gens font le meilleur choix qui leur est possible tenant compte des possibilités et capacités qu’ils perçoivent comme disponibles à partir de leur modèle du monde.

  1. Tout comportement aussi brutal, fou ou bizarre qu’il puisse sembler, est le meilleur choix pour cette personne à ce moment étant donné son modèle du monde.
  2. Le sens de la communication est donné par la réponse qu’elle déclenche, quelque soit l’intention du communicateur.

E. Les comportements efficaces sont organisés en TOTE (= Test-Operation-Test-Exit)

  1. Les comportements ont un objectif futur fixe,
  2. ils ont les évidences sensorielles nécessaires pour déterminer de manière efficace la progression vers l’objectif,

Critiques :
Un nom trompeur. Le mot « programmation » fait penser à l’informatique. Pourtant la PNL ne réalise pas de traitement numérique. Elle tente sous quelques approches de faire un parallèle entre le cerveau et un ordinateur, mais il ne s’agit là que d’un point de comparaison parmi d’autre.

Le mot « neuro » fait penser à la neurologie. La neurologie est un domaine de la médecine étudiant le système nerveux et le cerveau. La PNL s’intéresse plutôt au comportement d’un individu. Et le dernier mot est « linguistique ». Le linguiste se contente de décrire une langue, sans vouloir la normaliser. La PNL donne des conseils dans l’emploi de la langue mais ne la décrit pas. La PNL ne rélève pas de ces trois domaines mais plutôt de la psychologie, voire de la sociologie appliquée à l’entreprise.

Nature scientifique ?
En vérité, la PNL simplifie à l’extrême les concepts de la psychologie. L’interprétation psychologique proposée par la PNL se fonde en grande partie sur l’étude de la parole et de la gestuelle. Dans ce cadre, chaque mouvement est relié à une interprétation univoque, que certains spécialistes considèrent comme abusive et simpliste. L’Association Française pour l’Information Scientifique qualifie la PNL de pseudoscience.

Programmation
Un versant de la PNL comprend la notion de programmation, empruntée à l’informatique. Certains de nos comportements étant automatiques, l’hypothèse de base de la PNL est de dire que ces automatismes sont immuables pour une personne donnée dans un contexte donné. Dans « Encyclopedia of Systemic-Neurolinguistic Programming », il est précisé : « L’aspect programmation de la PNL est basé sur l’idée que les processus d’apprentissage, de mémorisation, et de créativité de l’humain sont tributaires de programmes neuro-linguistiques qui fonctionnent pour accomplir des objectifs particuliers. Le résultat, pour les êtres humains, est qu’ils interagissent avec le monde qui les entoure au travers de leur propre programmation. Chaque humain répond aux problèmes et explore de nouvelles idées en s’accordant au type de programmes mentaux qu’il a établi – et tous les programmes ne sont pas égaux. Certains programmes sont plus efficaces pour accomplir certains types d’activités plutôt que d’autres.

Des concepts fondateurs douteux
La PNL s’appuie sur de nombreux modèles, certes reconnus par la communauté scientifique lors de sa formation (à la fin des années 1970), mais ayant été invalidés depuis. La PNL n’a jamais questionné ses présupposés ; elle fait aujourd’hui dogmatiquement référence à des résultats datés. Cela explique son discrédit dans les milieux scientifiques. L’exemple le plus frappant, outre l’interprétation des mouvements oculaires, est la référence à la théorie périmée du cerveau triunique qui veut que le cerveau soit composé de trois organes fonctionnels autonomes : le cerveau reptilien (siège des instincts), le cerveau limbique (siège des émotions et de l’intuition) et le néo-cortex (siège de la pensée rationnelle et réflexive).

Ce modèle est aujourd’hui unanimement rejeté par la communauté scientifique qui conçoit les aires cérébrales comme des ensembles en interaction. La « théorie » des trois cerveaux n’est plus utilisée que comme une métaphore à visée pédagogique. La PNL fait aussi référence à la grammaire générative et transformationnelle de Noam Chomsky, qui est pratiquement abandonnée par les linguistes.

Un pouvoir thérapeutique douteux
La PNL se veut aussi une thérapie. Des organismes exclusivement privés commercialisent des séminaires de formation de quelques jours afin de délivrer un titre de praticien en PNL. Il existe actuellement plus de 350 modèles de thérapies non reconnues et seulement deux reconnues (la psychiatrie et la psychologie), chacun y trouvera son choix. Là encore, la validité thérapeutique de la PNL n’a, à ce jour, jamais été établie scientifiquement. Il en découle un paradoxe entre les aspirations thérapeutiques de la PNL et la maigreur des preuves apportées à la théorie et ses applications concrètes..

Exemples simplifiés de techniques proposées par la PNL

Les mouvements oculaires

  • Les yeux de l’interlocuteur vont à notre droite quand il relate un fait passé vrai ou remémoré;
  • Les yeux de l’interlocuteur vont à notre gauche quand il imagine, invente ou se souvient par reconstruction du passé.
  • Pour simplifier, les yeux vont en haut quand c’est relatif à une image, en horizontal quand c’est relatif à un son, vers le bas quand c’est relatif a une émotion ou une sensation corporelle.
  • Attention : les indications « gauche », « droite » ci-dessous sont données du point de vue de celui qui fait face à l’interlocuteur !

Interprétations supposées des mouvements oculaires
On considère en PNL que chacun organise son espace mental selon diverses « ligne du temps ». Ces lignes vont de ce qui est remémoré à ce qui est construit dans une forme de futur. Ces lignes du temps peuvent varier au cours de l’existence et connaissent généralement des inflexions dans les points du « passé » (ou partie remémorée) qui permettent la visualisation d’événements ou expériences difficiles, de même des inflexions peuvent apparaître sur la partie « future » (ou partie construite) d’une ligne si la personne s’attend à une expérience difficile ou n’a pas complètement assimilé des événements graves étant arrivés à des proches à des âges plus avancés que celui du patient.

Dans le cadre de la communication
Notre relation avec le monde extérieur passe nécessairement par au moins l’un de nos cinq sens. Au fil du temps chacun d’entre nous favorise un ou deux des cinq sens. Nous avons tous un mode de communication spécifique et notre expression reflète cet état de fait. La PNL replace les cinq sens en canaux de communication. C’est ce que rappelle le sigle V.A.K.O.G. :

V : visuel
A : auditif
K : kinesthésique
O : olfactif
G : gustatif

Le kinesthésique fait référence au toucher mais aussi à tout le ressenti que l’on peut avoir par le corps. Les « kinesthésiques » sont ceux, qui d’une façon générale, utilisent leur ressenti physique (mouvements, postures, équilibres) pour organiser leur expérience et y accéder.

Est qualifié de « visuel » quelqu’un qui privilégie le sens de la vue pour organiser son expérience et pour communiquer.
Quelqu’un qualifié d’« auditif » privilégie les perceptions auditives pour organiser et accéder à son expérience. Quelqu’un qui privilégie le canal auditif associera volontiers un numéro de téléphone à une rengaine par exemple.

Synchronisation des mouvements
Si vous faites les mêmes mouvements ou si vous prenez les mêmes attitudes que votre interlocuteur, il va ressentir une sympathie et un accord grandissant pour vous. La danse en couple est l’exemple le plus parlant de synchronisation des mouvements : même rythme, même fluidité et gestes se « correspondant » plus que « s’imitant ». La synchronisation ne suppose pas une position dominante mais plutôt un échange. C’est un témoignage non verbal de l’acceptation de l’un par l’autre !

La synchronisation verbale relève du même témoignage d’acceptation que la synchronisation des mouvements. Cet accord concerne tout autant le débit de la parole, la force de la voix et sa hauteur (plutôt grave ou plutôt aigüe par exemple) que les formules employées. Cette capacité à s’accorder est très naturelle : les enfants imitant leurs parents ou les jeunes couples en sont deux familles d’exemples plus que courants !

Techniques de bases

L’ancrage
Le processus dit d’ancrage est un processus simple et naturel qui consiste à associer un état interne (émotion, ressenti) à un stimulus externe d’au moins un des cinq sens (ouïe, vue, odorat, toucher, goût). L’exemple le plus célèbre d’ancrage est un ancrage olfactif décrit par Marcel Proust. L’auteur raconte comment tous les souvenirs de son enfance reviennent à son esprit alors qu’il déguste une madeleine comme celles qu’il appréciait étant enfant ! La PNL a modélisé ce mode d’association pour en faire un processus conscient et très rapide.

Le recadrage
Le recadrage est une occasion présentée par le thérapeute de « considérer un autre point de vue » et par là de donner un autre sens à l’expérience vécue. Le sens de l’expérience étant changé, les réactions seront modifiées tant du point de vue des pensées que de celui du comportement. Le recadrage peut porter sur les présupposés, sur le contexte, ou sur les valeurs. Le roman « Alice au pays des merveilles » est un enchainement de recadrages.

Le recadrage en six étapes
Le recadrage en six étapes ou en six pas est un protocole utilisé pour aider une personne à trouver au fond d’elle-même une solution lorsqu’elle « balance » entre deux attitudes ou deux comportements apparemment inconciliables. La démarche consiste d’abord à la faire prendre conscience de l’intention positive sous-jacente à chacune des options. Ensuite on l’amène à imaginer ou à créer une solution qui la satisfasse pleinement. Une dernière étape consiste à vérifier avec elle que la solution envisagée est compatible avec ses choix personnels et ses valeurs.

La négociation des parties
Le processus de négociation des parties est comparable au recadrage en six étapes avec les différences suivantes :
Le succès de ce protocole repose en premier lieu sur la capacité à reconnaître la fonction positive de chacune des « parties » et à établir une sorte de dialogue entre chacune.

La double dissociation
La technique de la double dissociation a été très pratiquée par Richard Bandler et est décrite dans son livre « Un cerveau pour changer ». Elle concerne des personnes souhaitant se défaire d’un ressenti très « négatif » à propos d’une situation réellement vécue, par exemple une phobie. La personne est invitée à revivre son traumatisme, en général à l’envers, en étant spectatrice d’elle même. Richard Bandler conduit son patient à imaginer un film dont il serait l’acteur, le spectateur et le projectionniste.

Résumé
La PNL fait partie des nouvelles approches de la psychologie du quotidien, elle est utilisée aussi bien pour le développement personnel que pour la dynamique de groupe en entreprise ou pour le traitement des affections mentales. Son succès est lié à sa simplicité et aux promesses faites. Mais cette technique souffre d’une inadéquation entre ses aspirations et l’inexistence de preuves scientifiques de son efficacité. La simplicité de la méthode est même dangereuse pour les patients, souvent abusivement séduits et donc trompés. [5]

[1] Bandler R., Grinder J. (1975) The Structure of Magic Tome 1- Science et Behavior Books, Inc, Palo Alto (CA)
– Bandler R., Grinder J. (1976) The Structure of Magic Tome 2- Science et Behavior Books, Inc, Palo Alto (CA)
– Bandler R.(1990) Un cerveau pour changer – InterEditions
– Bandler R.(2002) Le temps du changement – La Tempérance, Chabreloche (Fr)
– Bandler R.(2004) Peurs, phobies et compulsions – La Tempérance, Chabreloche (Fr)
[2] Bateson G. et al(1981), « La nouvelle communication », Seuil Essai Points, Paris
[3] Dilts R., Grinder J., Bandler R., DeLozier J. (1980) Neuro-Linguistic Programming : Volume 1 The Study of the Structure of Subjective Experience – Meta Publications, Cupertino (CA)
– Dilts R., DeLozier J. (2000) Encyclopedia of Systemic Programming and NLP New Coding – NLP University Press, Scotts Valley (CA)
– Dilts, R. (2004) Modéliser avec la PNL – InterEditions Dunod, Paris
– Grinder J., Bandler R. (1982) Les secrets de la communication, Le jour éditeur
[4] Kourilsky-Belliard F.(1995) Du désir au plaisir de changer – InterEditions, Paris
[5] Cayrol A., de Saint Paul Josiane (2005), Derrière la magie, La Programmation Neuro-Linguistique (PNL) – InterEditions, Paris
– de Saint Paul J., Tenenbaum S. (2005), L’esprit de la magie, la Programmation Neuro-Linguistique (PNL) – InterEditions, Paris
– Drenth, J.D. (2003) Growing anti-intellectualism in Europe; a menace to science. Studia Psychologica, 2003, 45, 5-13
– Gordon D. (2002) Contes et métaphores thérapeutiques, InterEditions, Paris
– Lilienfeld S.O, Steven Jay Lynn, and Jeffrey M. Lohr (Eds.) (2003) Science and Pseudoscience in Clinical Psychology. Guilford Press, New York.

CF aussi : http://www.psychotherapie57000.fr/pnl-explications.html

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  1. Tarabori
    18 septembre 2011 à 18 h 41 min

    Bonjour,
    C’est dommage de reprocher à la PNL ce qu’elle ne prétend pas et ce sans aucune expérience. En effet, ce qui caractérise la PNL ce sont des résultats mesurables.
    Je confirme qu’il peut y avoir des abus et qu’il est nécessaire d’être prudent.
    Je vous invite à expérimenter la PNL et ensuite de vous faire VOTRE propre opinion en évitant d’en faire une VERITE. Question : Si tout ce qui est prouvé scientifiquement est acceptable et efficace, comment se fait-il que les résultats doivent se mesurer sur la durée, alors qu’avec l’approche PNL, les résultats MESURABLES sont atteints brièvement et durablement ?
    Salutations amicales

  2. Kittler Philippe
    24 décembre 2011 à 17 h 14 min

    Bonjour
    Belle présentation qui semble si pleine d’ouverture dans un (long) premier temps pour finir en volte face claquante.
    Les preuves scientifiques….oui, il parait que la TCC en présente…certaines…
    Il est vrai également qu’il faille rester vigilant par rapport à un tas de croyances qui entremêlent vérités et superstitions .
    Faut il pour autant exercer une sévérité implacable en ne sacrifiant qu’au Dieu Raison en immolant la Déesse Imagination ?
    Ne peut on se laisser le temps d’étudier de plus près, en l ‘occurrence, l ‘éventuelle efficacité de la PNL, comme on pourrait le faire aussi pour l’homéopathie, au lieu de partir d’un principe empli de parti pris que ce ne sont que des inventions d’illuminés?
    l’histoire récente montre que la « Science » n’est pas prête à céder un pouce de terrain à tout ce qui pourrait remettre en question ses croyances si chèrement acquises.
    Oh… quand je dis « Science », je ne veux qu’évoquer ceux qui s’en tiennent pour les tenants absolus.
    C’ est si dur de se remettre en question.
    Alors je finirai sur une simple question :
    En quoi, Messieurs, est il si important pour vous que la PNL ne soit qu’une vaste tromperie?
    Cordialement

  3. 19 avril 2012 à 1 h 33 min

    Bonjour, cet article est en grande partie très bien écrit, mais comporte quelques erreurs énormes et regrettables.

    J’ai terminé récemment la formation complète (maître praticien PNL dans un organisme reconnu et réputé: ressource.be), et par exemple, je peux affirmer avec certitude que ceci et absolument faux:

    « L’interprétation psychologique proposée par la PNL se fonde en grande partie sur l’étude de la parole et de la gestuelle. Dans ce cadre, chaque mouvement est relié à une interprétation univoque, que certains spécialistes considèrent comme abusive et simpliste. »

    À aucun moment de ma formation, on ne nous a dit que tel ou tel geste signifiait telle ou telle chose, bien au contraire !! Les formateurs prennent soin de nous mettre en garde contre ce genre d’interprétations hâtives.

    On nous apprend par contre à prêter attention aux changements d’états de notre sujet: posture, gestuelle, qui sont autant d’indications de changements d’états internes, on appelle cela le calibrage. Ça consiste simplement à être capable de remarquer que quelque chose a changé chez notre sujet lorsque c’est le cas (capacité indispensable pour tout thérapeute ou coach), et de noter des changement émotionnels et d’attitude avec beaucoup de précaution (on va toujours préférer les observations objectives, hypothèses et questionnements plutôt que les interprétations et projections).
    Ce ne sont que des indices, et nous somme particulièrement formés à ne pas faire de conclusions hâtives ni projeter quoi que ce soit de prédéfini, bien au contraire…

    • MARTIN
      28 décembre 2012 à 16 h 10 min

      Je ne mettrai pas en cause votre honnêteté par rapport à votre approche, mais il se trouve que pour avoir fréquenté des praticiens de la PNL, ils utilisent ses concepts comme des modes d’établissement de preuve de segmentation de la personnalité, notamment de leurs collègues.
      Un de vos congénères nous a quand même asséné (PNL à l’appui) que si notre patron s’appuyait d’une jambe sur l’autre pendant ses allocutions, c’est qu’il était peu fiable et influençable !!!
      Enfin, et c’est le plus important, de quel droit trace-t-on des profils psycholoogiques de tel ou tel ?
      Cela est à ranger au même rang comme concept que l’astrologie ou la graphologie qui s’affuble de l’épithète de science sans en posséder la moindre de ses caractéristiques.
      Ce que je reproche à la PNL c’est de vouloir eriger en théorie, ce qui ne procède que du simple constat.

  4. 30 juillet 2012 à 16 h 20 min

    Enfin un article qui résume un peu la chose, même si on constate quelques approximations. Merci pour cette synthèse.
    Pour ma part, je rencontre dans mon métier de consultant beaucoup de « praticiens », « maîtres » ou non, (je croyais d’ailleurs que praticien était réservé aux médecins), qui sont très férus du concept (pourquoi pas, s’il les rend efficaces), mais qui partent dans des inférences de toutes sortes dès qu’on leur demande les sources et des explications un brin scientifiques à leurs affirmations. Et c’est peut-être là que le « bât blesse ». Il est intéressant de me dire que x% des gens sont « visuels » et y% kinesthésiques… mais quand je demande quelle étude a validé cette affirmation (au sens « scientifique » : une hypothèse, un protocole de vérif., une étude sur un panel psychométriquement et statistiquement fiables, des résultats publiés), c’est le grand flou artistique… Idem pour les mouvements des yeux, etc…
    Et les références à des travaux comme ceux de Mac Lean (cerveau triunique), ou Sperry (dualité du cerveau), ils oublient effectivement les multiples mises à jours nécessaires, aux vues des dernières recherches en la matière.
    Alors, OK pour la fine observation de l’humain (Eric Berne l’a aussi bien fait avec l’A.T.), mais transformer ça en thérapie… Bonjour Dr Coué ! Certains psychologues cliniciens en auraient un peu marre de « récupérer » des patients qui ont perdu des mois dans les mains de « psychothérapeutes » qui vont de l’hypnose Ericksonienne (Erickson n’a-t-il pas écrit qu’il ne savait pas pourquoi ça marchait avec lui, et qu’il n’y avait pas de « méthode » à sa pratique ?…) à la Gelstat en passant par l’ennéagramme et autres recettes… concoctées par de « grands praticiens » dont les capacités sont surtout celles que le patient veut bien leur accorder.
    Bref, si le client va mieux après, pourquoi pas… L’essentiel est là.
    C’est par contre cette recherche de crédibilité scientifique qui fatigue les pros, et les « clients » qui ont un peu de bon sens… Ils vont bientôt s’inventer des prix Nobel.
    Quant à la course derrière les découvertes constantes des neurosciences (Damasio, Changeux, Berthoz, Fradin, de Waal, etc…), ces mêmes « personnages » se raccrochent aux branches en me disant « Eh bien nous, c’est pareil ! ». Cela devient comique… Il y a même un site web où on vous explique moult concept de PNL en vous les raccrochant au modèle de Jacques Fradin (A.N.C.)… On se demande pourquoi ce bon Jacques paie 6 chercheurs en permanence… Il devrait demander à ces « savants » comment fiabiliser sa modélisation… avec des données empiriques de 40 ans d’âge, on demande à voir… (soit dit entre nous, de 1904 à 2004, on dénombre 44 prix Nobel de médecine pour des travaux de type neuro-scientifique).
    Re bref : une pseudo-science qui « marche » ça n’est pas plus mauvais qu’une science qui se sclérose. Avec 10 % de vérités scientifiques pour 90 %¨d’inférences, on peut créer un modèle, si on accepte petit à petit de le faire évoluer en « nettoyant les inférences ». Mais on en fait un dogme bien verrouillé, on en arrive à ce qu’est devenue la psychanalise, donc au « crépuscule de l’idole » nous dirait Onfray.
    Mais c’est là un autre débat…

  5. georgesvignaux
    3 août 2012 à 20 h 41 min

    Je ne peux que souscrire à vos dernières observations ! Il est inquiétant de voir comment et si souvent la croyance peut revêtir les habits du scientifique ! et comment ressuscitent ainsi les postures dogmatiques. Merci !

  6. 6 janvier 2013 à 17 h 29 min

    Bonjour,
    Essayez cette pseudo science et vous constaterez des vrais résultats…
    Des témoignages sur le site d’un praticien PNL ( c’est à dire qui pratique la PNL, pas qui se prend pour un toubib )
    Une question : se peut il qu’il y ait des praticiens d’une vrai science, reconnue et académique, qui n’obtiennent que des pseudo résultats ;et que parlant d’eux on ne remette pas la science en cause pour autant ?
    Amicalement votre

  7. Philippe Valet
    14 février 2013 à 21 h 23 min

    Bonjour,
    Cet article , et ses commentaires sont dans le juste.
    La PNL est ce qu’elle est.
    Comme dans toute « science », il y a a prendre et a laisser.
    Comme dans tout métier , il y a des bons, et ceux qui croient qu’ils le sont et portent préjudice aux autres en détruisant l’image positive que la PNL peut avoir.

    La seule et véritable question que l’on devrait se poser est : peut elle apporter une solution a des gens qui souffrent ?
    La réponse est oui. (je l’ai vécu et ai pu le constater sur d’autres)
    Les méthodes sont elles scientifiques et vérifiées scientifiquement ? non
    Les résultats sont ils la ? oui (et en général rapidement).
    Cela remet il en cause les sciences reconnues comme la psychologie et la psychiatrie ?
    non.
    un praticien PNL n’est pas un médecin.
    Il y a des choses bonnes a prendre, et les psy devraient s’y intéresser en tant qu’outil complémentaire , si cela leur permet de soulager leurs patients quel mal y a t il ?.

    Il est clair qu’elle remet en cause des principes rigides sur le fonctionnement du cerveau.
    principes qui sont remis de toutes façons en cause par les nouvelles technologies (IRM ) qui nous amènent aujourd’hui des découvertes révolutionnaires.

    Chaque idée nouvelle qui apparait, est souvent rejetée, puis traitée avec méfiance, par rapport a des repères qui ne sont plus forcement viables puis finalement, on commence a lui reconnaitre des choses positives, et enfin, on s’y intéresse pour creuser les choses d’un point de vue scientifique.
    La PNL en arrivera sans doute bientôt a cette phase.

    Sans être naïf, on peut simplement avoir une ouverture d’esprit sur des choses nouvelles
    et accepter de se remettre en cause (c’est sans doute le plus difficile).

    Cordialement

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