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Coachs en tout genre : danger !

28 décembre 2011

Surmédiatisé, le coaching reste une profession « obscure ». Selon la Société française de coaching (SFCoach), c’est un « accompagnement de personnes ou d’équipes pour le développement de leurs potentiels et de leurs savoir-faire dans le cadre d’objectifs professionnels ».
Le marché du coaching professionnel est juteux. Selon SFCoach, il a frôlé en 2008 les 75 millions d’euros mais en vérité, il atteindrait… plus de 400 millions d’euros ! En France entre 2.500 et 3.000 coachs d’entreprise se partagent les recettes, sachant qu’une séance pour un particulier peut être facturée 100 euros et qu’une séance pour coacher une équipe peut se monter à 10.000 euros.
La profession n’est pas réglementée et aucun diplôme n’est reconnu ! Certains s’inquiètent et dénoncent une manipulation « à coups de normes et de dépendance ». Pour pallier ce risque, certaines associations comme la Société française de coaching (SFCoach) et l’Association européenne de coaching tentent de professionnaliser « ce nouveau métier ». Moyennant 550 euros, « un jury d’experts » mandaté par la SFCoach accrédite environ 200 coachs par an. Ils créent ainsi « un code de déontologie ».
Malgré ces efforts, « le coaching reste insuffisamment visible et lisible dans sa pratique et dans ses intentions », déplore Henri-Pierre Debord, conseiller à la MIVILUDES, car explique-t-il, certains prestataires en lien avec des sectes « s’insèrent de plus en plus dans les formations ». Les coachs sont ensuite utilisés « comme vecteur d’accès aux rouages économiques » de certaines sociétés.
L’escroquerie du coaching
Selon Robert Ebguy, sociologue et directeur de recherches au Centre de communication avancée, pour survivre, les individus sont désormais poussés à entrer dans le moule d’une société de plus en plus dure. Dans cette société qui devient une machine « à fabriquer de la précarité et de l’exclusion, les individus ont peur de ne pas être à la hauteur ». [1]
Pour le sociologue, la première escroquerie du coaching « est qu’il part du postulat que le monde, notamment l’entreprise, est immuable et intangible ». C’est à l’individu de changer et de se conformer. La deuxième escroquerie du coaching est la promesse de faire de l’individu un homme nouveau, proche de « superman » !
Derrière « un vocabulaire humaniste », le coaching « présente l’avantage » de neutraliser les conflits. La violence ne s’extériorise plus, mais est retournée contre soi ! Il ne faut pas oublier que le coach est payé par le patron pour synchroniser les ambitions et les désirs du salarié avec ceux de l’entreprise et ne travailler l’épanouissement personnel que « sous l’angle de l’adaptation sociale ». Robert Ebguy conclut son analyse an comparant le coaching à une « philosophie de banc de poissons » dans laquelle les parcours sont modélisés et les consciences synchronisées…

[1] – Robert Ebguy, Je hais le développement personnel, Paris, Eyrolles, 2008.
– Mike Burke, Bernard Cathelat, Sandrine Cathelat, Robert Ebguy,
Styles de vie. Entreprise, démondialisation, parité, famille, gouvernance, travail, communautés, internet, santé, école, médias, multinationale, médiateurs, immigration, bioéthique, justice, vie privée, Paris, Eyrolles, décembre 2011.

Georges Vignaux, 2011

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Catégories :Non classé
  1. 29 décembre 2011 à 15 h 44 min

    Excellent article!!
    Même si j’aurais aimé qu’il aille bien loin que le choc (qui m’a d’ailleurs fait sourire) que peut provoquer quelques expressions telles :  » La violence ne s’extériorise plus, mais est retournée contre soi ! ». En effet, je trouve important de donner l’alerte mais cette nouvelle « vapor-solution » n’est pas aussi généralisé que cela en France. Sans doute au sein de certaines grandes entreprises françaises dont le modèle de développement n’est finalement calqué que sur celui des multinationales américaines. Ainsi, une présentation bien plus globale de ce phénomène de foire aurait été bien plus que illustratif que salutaire. ainsi, on aurait vu peut-être surgir un lien entre le monde capitaliste et centré sur les gains/bénéfices et les ambitions cachés du coaching.

  2. georgesvignaux
    29 décembre 2011 à 16 h 43 min

    Merci Posah ! je vais tenir compte de vos observations !

  3. 30 décembre 2011 à 15 h 34 min

    Je ne suis pas d’accord avec ce qui est écrit. Donner la parole à l’autre et avoir la possibilité de trouver ses solutions face à une difficulté, est-ce de la « violence contre soi » ? Regarder ce qui a du sens dans son travail et comment il est possible de faire autrement en face de demandes absurdes, est-ce une » philosophie de banc de poissons » ? C’est bien sur ces sujets aussi essentiels que travaille le coaché avec un coach. Ce que ne disent pas les chiffres du coaching, c’est comment le coach aide à faire gagner à la personne en qualité de vie au travail et en relation aux autres. Avez-vous essayé pour avoir une idée car le mot coaching est mis à toutes les sauces alors que c’est du conseil ou autre chose ?

    • Pierre Fraser
      30 décembre 2011 à 18 h 10 min

      Bonjour Isabel,

      ce qui est intéressant, avec le coaching, c’est qu’il est en phase avec le mouvement de responsabilisation global de l’individu en cours dans la société. Ici, le coaching peut se définir comme un entraînement au bonheur (Soyez un gagnant !) avec ses méthodes, ses processus, son industrie, et ses gourous. Par exemple, lorsqu’un événement grave survient, on déploie un cortège d’intervenants en tous genres pour éviter que les gens vivent la situation trop intensément. On les amène à revenir au bonheur, car il ne fait pas bon, dans notre société, de ne pas être en état de bonheur.

      Vous dites et je cite : « le coach aide à faire gagner à la personne en qualité de vie au travail et en relation aux autres ». La question que je vous retourne est la suivante : « Comment est-il possible de faire gagner en qualité de vie si on ne modifie pas la source même de ce qui a causé le problème ? » Ici, vous atténuez le symptôme (le mal-être), et non la cause du problème. Au bout du compte, le coaching est un cataplasme, sans plus. Le but inavoué du coaching est de vous entretenir dans le bonheur sans rien changer aux causes premières. C’est gagnant à tous coups, et cette industrie se porte merveilleusement bien !

      Cordialement !
      Pierre Fraser

      • Yessican
        14 décembre 2012 à 14 h 48 min

        Monsieur, Permettez moi de vous dire que votre « article » est une gabegie et votre démonstration un sophisme. Tout cela serait risible tant cela manque de sérieux et d’investigation si cela ne jetait l’opprobre sur une profession, qui loin des plateaux et de l’utilisation du « mot » coaching dans tout est n’importe quoi, est l’exact contraire de ce que vous « écrivez ». Vous avez là, excusez mi de vous le dire, une démarche d’intellectuel de salon, qui s’est fait son opinion en s’auto-flattant de son raisonnement et sa posture intellectuelle et est allé cherché ce qui « colle » avec sans avoir jamais ni expérimenté (Il ne fait aucun doute que vous n’avez jamais eu affaire à un vrai coach) ni fait une véritable enquête que ce soit des clients, des fédérations, des écoles et des coachs.

        La seule chose de vrai est que le coaching revêt un côté « tendance » et que s’y greffent, comme dans d’autres professions, des gens qui « surfent » sur la vague, d’ou la nécessité des référentiels, de certifications, d’accréditation et de fédérations.

        Monsieur, qu’un homme comme vous, avec vos connaissances, qui de surcroît a été entrepreneur, s’auto-limite à de tels raisonnements, sans aller voir pas lui même, en se rapprochant des sources qui font foi, est en soi assez étonnant…et je suis dans la mesure. Ne confondez pas liberté de conscience avec des jugements sans fonds et douteux.

        Je ne reviendrai plus sur ce blog qui m’était apparu, par certains de ses contenus, comme sérieux, libre avec un côté un peu satyrique et qui au vu de cet article me paraît…manquer de sérieux.

        Bien à vous

      • Pierre Fraser
        14 décembre 2012 à 16 h 08 min

        Mais quel bonheur de vous répondre !

        L’une des grandes qualités du coaching s’est de s’inscrire là où l’État se désiste. L’autonomie est devenue une condition de soi et le coaching y pourvoit largement. D’ailleurs, dans son dernier livre, «Société du malaise», Alain Ehrenberg en traite largement. Sachant que vous n’avez plus l’intention de revenir sur ce blogue, et c’est votre choix, permettez-moi de vous suggérer les textes suivants :

        http://pierre-fraser.com/2012/05/25/lindividu-devenu-dechet/
        http://pierre-fraser.com/2012/02/08/autonomisation-de-lindividu-de-quoi-sagit-il/
        http://pierre-fraser.com/2012/02/05/autonomisation-de-lindividu-lexportation-du-modele-americain/
        http://pierre-fraser.com/2012/02/21/la-naissance-de-lindividu-autonome/
        http://pierre-fraser.com/2012/09/21/la-depression-comme-garde-fou-dans-une-societe-de-lindividu-autonome/

        Passez de joyeuses fêtes !
        Pierre Fraser

  4. 30 décembre 2011 à 18 h 45 min

    Bonjour Pierre,
    Merci pour votre réponse. Les causes du problème sont diverses et le coaching répond dans des contextes adaptés à un besoin spécifique. Le coaching n’est pas la formule magique! Il est un moyen comme un autre. J’entends souvent, pour ne pas changer au fond, que le système ne peut pas changer alors je repense à cette phrase «Si vous avez l’impression que vous êtes trop petit pour pouvoir changer quelque chose, essayez donc de dormir avec un moustique… et vous verrez lequel des deux empêche l’autre de dormir.» Pourquoi être positif serait-il incompatible avec un changement de fond ?

  5. Jerome Manin
    18 juillet 2012 à 22 h 04 min

    Ne retrouve-t-on pas le miraculeux : dites moi ce dont vous avez besoin, je vous dirais comment vous en passer.

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