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L’obscurantisme est de retour

3 janvier 2012

Pierre Bourdieu a eu cette réflexion intéressante : « L’obscurantisme est revenu, mais cette fois, nous avons affaire à des gens qui se recommandent de la raison. Face à cela, on ne peut pas se taire.[1] » Eh bien, Georges et moi nous n’avons pas l’intention de nous taire.

Chez l’être humain existe un irrépressible besoin de certitude, un irrépressible besoin de détenir des parcelles de la grande Vérité pour affronter l’adversité d’un monde incohérent, un irrépressible besoin d’obtenir des réponses aux grandes questions existentielles, et surtout celles relatives à sa destinée. Mais, ces certitudes, pour être efficaces, doivent être préservées, codifiées dans des systèmes de croyances, et surtout, par-dessus tout, ne pas être mises en doute. Un système de croyances fait autorité et est au-dessus de tout soupçon. Il est autosuffisant ; il affirme sa propre validité tout en évacuant toute démarche objective. Le système de croyances a deux usages aisément distinguables : d’une part, le rapport de l’individu à la divinité, à la cosmogonie et aux mythes, et de l’autre, les hypothèses tenues pour vraies relatives aux choses de la vie courante. Pour simplifier les choses, disons que l’être humain préfère une explication à une absence d’explications.

Nouvel Âge, évangélisme chrétien, millénarisme, ufologie, supramental, biologie totale, écologisme, Gaïa, etc. procèdent tous de cet irrépressible besoin d’éviter de faire face à une absence d’explications, et pourtant, tous ces syncrétismes que nous pourfendons ne sont que la pointe de l’iceberg. La mécanique qui œuvre derrière ceux-ci relève de ce que je nomme le « Principe de dissolution ».

Principe de dissolution
L’être humain a un irrépressible besoin de retrouver un certain monde primordial idéal perdu, et que pour y arriver il doit participer ou assister à la dissolution de celui dans lequel il vit présentement pour faire émerger un Nouveau Monde idéal qui sera semblable à celui qui a été perdu.

Bienvenue dans la société de l’obscurantisme !

© Pierre Fraser, 2012


[1] Propos recueillis par Isabelle Rüf, pour l’émission de Lison Méric, « Fin de siècle », du 31/01/1999. Reproduit in Le Temps, 25/01/2002.

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