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Assistée sociale et américaine : l’impossible condition

12 janvier 2013

Assistée sociale et américaineLarkin Whelan, mère assisté sociale. Dans ce merveilleux et grand pays de la liberté et des armes symboles de liberté, elle dépend du gouvernement. Tare sociale. Eh oui, tare sociale… Un certain candidat à la présidence l’a bien souligné : « Ce n’est pas mon job de me préoccuper de ces gens… D’une façon ou d’une autre je n’arriverai jamais à les convaincre qu’ils doivent assumer leurs propres responsabilités et se prendre en mains. Je suis là pour faire virer l’économie, créer des emplois et de la richesse. » Et elle vire l’économie américaine, parfois dans le vide, parfois dans la purée de pois, parfois en sauvant des financiers et des entreprises, mais sûrement par le crédit !

Un cas typique. Un cas vraiment américain. Une Larkin Whelan occupant deux boulots pour arriver à joindre les deux bouts, maison envolée dans la crise des subprimes, un mari à la limite fainéant, démesurément intéressé par  les matchs de football, de basketball, de volleyball et de baseball. C’est l’univers de la balle. L’américain moyen aime la balle. Ça le déballe et l’emballe. La balle est toujours au rebond dans ce pays. Les plus riches renvoient toujours la balle dans le camp des démunis. Sport d’habileté, de haute voltige, dès que vous avez la balle entre les mains vous devez vous en débarrasser. C’est là qu’est tout le problème : elle peut être longtemps dans votre camp.

Déjà trois ans. Larkin, divorcée, flouée, sans le sou, démunie et tout le reste, est retournée vivre chez son père avec son fils de huit ans.   Beau soir d’été, car les soirs d’été sont généralement beaux dans le New Hampshire. Belle initiative, car une initiative est prometteuse. Sa mère complétait pour elle des demandes d’admission dans différentes universités. « Tu dois retomber sur tes jambes ma fille… » Retomber sur ses jambes, renaître, revivre, conquérir, affronter. Discours de vainqueur, discours de gagnant, discours de battant, le liant de la sauce à succès. On success aux États-Unis. Réussite, source de plénitude, accès au bonheur, accès à la vie, accès à la reconnaissance. Le succès définit l’américain. Le succès gagna Larkin, fut admise à temps plein à l’université du New Hampshire. Le destin était enfin avec elle : une bourse et un prêt étudiant pour bien endetter son avenir de future travailleuse, vaillante main d’œuvre qui se prend en mains.

C’est le syndrome américain classique : une épreuve, une quête, un programme, un objectif : se sauver soi-même. Un syndrome ancré dans un territoire qui est la lumière du monde tournée vers l’avenir, les États-Unis. Le rêve eschatologique américain de la cité sur la colline qui spécifie l’American Way. Et Larkin s’y attaqua avec ardeur pour accéder au bien-être. L’ American Way était pour elle, mais… (à suivre)

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