La Grande Danse Altermondialiste du Non

16 janvier 2013

G8Moment savoureux que celui d’un sommet G8/G20. Tous les antis à quoi que ce soit se donnent rendez-vous. C’est aussi le moment unique pour pratiquer la Grande Danse du Non. En tant que style, disons que cette danse se rapproche à la fois du continental et de la valse. Ici, le costume est important : cagoule, masque, lunettes noires, l’idée étant de danser dans l’anonymat le plus complet. Ce sont ceux qui font danser les danseurs du Non qui doivent deviner qui sera le grand gagnant en lui enlevant sa cagoule ou son masque.

La Grande Danse du Non comporte deux temps. Au premier temps de la valse, les principaux danseurs, costumés, masqués et cagoulés avancent en criant NON tout en projetant tout ce qui leur tombe sous la main. Au deuxième temps de la valse, lorsque les principaux danseurs atteignent une certaine ligne imaginaire, l’autre groupe, composé de danseurs masculins musclés et costumés en policiers, avance silencieusement tout en agitant un bâton. Le premier groupe recule alors, car le second groupe lui lance de petites bombes lacrymogènes. En fait, cette danse est une danse à pleurer. Elle fait s’exprimer en nous de fortes émotions.

On exécute généralement la Grande Danse du Non sur plus de quarante-huit heures. Le principe est toujours le même. Les danseurs costumés et masqués avancent et sont repoussés par les danseurs policiers. Par la suite, les danseurs policiers retraitent et regagnent leur ligne de départ. Les danseurs costumés et masqués avancent alors à nouveau et viennent rejoindre les danseurs policiers et ainsi de suite. La Grande Danse du Non s’arrête d’elle-même lorsque les invités au grand banquet quittent les lieux.

On peut considérer la Grande Danse du Non comme étant la danse de l’alter. L’alter c’est l’autre, celui qu’on n’invite pas au grand banquet. L’alter c’est aussi celui qui dit NON à tout. L’alter ne veut pas dire oui, c’est contre sa nature. L’alter est épris de justice sociale, d’écologie, de bouffe bio et de Gaïa. Il détient la Vérité qui dérange. Il n’aime pas les sacs de plastique, et il se bat pour tous ceux qui n’ont pas le temps de participer à la Grande Danse du Non, car coincés au boulot. Il est l’altermondialiste, l’écologiste et le végétarien, mais surtout et avant tout, il est celui qui détient le monopole de la bonté et de la vertu.

L’invité au G8/G20, tout comme l’altermondialiste, parle au nom de tous. Le premier fait semblant de proposer des solutions pour améliorer les choses, et le second veut réformer la société.

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