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L’obésité, c’est plus qu’un problème d’alimentation

27 janvier 2013

On sait maintenant que le stress peut stimuler la formation de cellules graisseuses. La recherche s’intéresse encore aux altérations de la structure du tissu graisseux: en effet, inflammation et fibrose de ce tissu pourraient expliquer une certaine résistance à la perte de poids.

L'obésité, c'est plus qu'un problème d'alimentation La fréquence de l’obésité et particulièrement de l’obésité sévère (120 kilos ou davantage) augmente dans le monde entier. Une alimentation plus calorique et une activité physique réduite contribuent à augmenter les stocks de tissu graisseux. Mais, d’autres problèmes viennent s’ajouter au déséquilibre entre apport et dépense d’énergie. Les cellules graisseuses, en charge de la mise en réserve de l’énergie, sont en nombre accru, d’où une augmentation des capacités de stockage. Si ces personnes prennent trop de poids, c’est donc parce que leur corps privilégie cette mise en réserve des calories alimentaires. Et le prétendu «manque de volonté» dont elles sont souvent accusées est une stigmatisation injuste.

«Outre les déséquilibres alimentaires et la sédentarité, de nombreux facteurs interviennent dans la prise de poids», explique le Pr Arnaud Basdevant, chef du service de nutrition de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris). On connaît le rôle de la génétique, mais la recherche s’intéresse aussi à celui des bactéries intestinales car on retrouve certaines d’entre elles en proportions inhabituelles chez les personnes obèses. Or, certaines flores bactériennes intestinales produiraient des substances qui pourraient augmenter le stockage d’énergie dans les cellules graisseuses. D’autre part, certains médicaments, des polluants, des virus pourraient également accroître le nombre de cellules graisseuses.

En outre, on sait maintenant que le stress peut stimuler la formation de cellules graisseuses. La recherche s’intéresse encore aux altérations de la structure du tissu graisseux: en effet, inflammation et fibrose de ce tissu pourraient expliquer une certaine résistance à la perte de poids.

On peut ainsi accumuler les kilos pour de multiples raisons, variables d’une personne à l’autre. Parmi les réponses apportées, les conseils sur les habitudes alimentaires et l’activité physique sont des constantes, mais le traitement peut s’orienter plus particulièrement sur les dimensions psychologiques, comportementales ou biologiques.

Signal de satiété
Encore faut-il prendre le temps de bien enquêter sur les habitudes de chacun. Par exemple, un certain nombre de personnes obèses ne mangent pas assez lors des repas, par peur de grossir encore plus. Conséquence, la faim les pousse à grignoter n’importe quoi un peu plus tard. La première règle est donc de leur réapprendre à manger correctement et suffisamment à table. La seconde règle à suivre est de prendre son temps car le centre de la faim enregistre le nombre de bouchées par repas: or, quand on avale à toute vitesse, ce centre ne déclenche pas le signal de satiété, d’où le sentiment d’avoir toujours faim… Les possibilités médicamenteuses sont en revanche plus limitées.

«Toutefois, il y a une recherche très active, notamment sur des substances capables d’agir sur la sensation de satiété, sur des facteurs modifiant la flore bactérienne et sur le tissu adipeux brun, pour augmenter la dépense énergétique. De nouveaux médicaments spécifiques de l’obésité, cette fois, pourraient donc arriver sur le marché d’ici cinq à dix ans», précise le Pr Basdevant.

[1] Nathalie Szapiro-Manoukian, Figaro-santé, 27/09/2010
sante.lefigaro.fr/actualite/2010/09/27/10437

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