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Mondialisation : pays émergents et classe moyenne

31 janvier 2013

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, de 1950 à 1973, l’Inde et la Chine connaissent une croissance du revenu per capita de plus de 68 pourcent. Entre 1973 et 2002, ce même revenu per capita augmente de 245 pourcent et continue sur cette lancée malgré la crise financière de 2008.

Cet article s’inscrit dans le thème Mondialisation.

travailleurs chinois / Mondialisation : pays émergents et classe moyenne1973 : le choc pétrolier. L’économie planétaire amorce de profonds changements. Le contrat social de l’après-guerre, qui a permis l’éclosion de la classe moyenne est, lui aussi, sur le point de se transformer. Aujourd’hui, deux puissantes forces pilotent ce changement : la révolution des technologies numériques et la mondialisation ; en somme, un phénomène tout à fait inédit. Il y a plus de 30 ans, le premier ordinateur arrive sur la scène : impossible donc de prévoir les devenirs de cette technologie, facile d’en sous-estimer les impacts ; c’est d’ailleurs le propre de toutes technologies. Par contre, la convergence de l’ordinateur personnel et de la mondialisation constitue vraisemblablement un tournant majeur aussi important que fut celui de la Révolution industrielle. Par exemple, en 2010, juste deux ans après l’une des plus importantes crises financières après celle de 1929, l’économie globale a crû à un rythme de plus de 6 pourcent. C’est un rendement quasi hors-norme vu les circonstances. Certes, en regard des rendements moyens de la révolution postindustrielle, il s’agit d’une accélération tout à fait étonnante.

Technologies numériques et mondialisation ont déclenché une autre révolution industrielle, celle des pays émergents. La Chine, l’Inde et d’autres pays entrent, à leur tour, dans leur propre Âge doré. Un âge semblable à celui des capitalistes américains de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Entre 1820 et 1950, pendant presque un siècle et demi, le revenu per capita, en Chine et en Inde, était somme toute à plat, alors même que l’Occident connaissait un essor économique sans précédent. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, de 1950 à 1973, l’Inde et la Chine connaissent une croissance du revenu per capita de plus de 68 pourcent. Entre 1973 et 2002, ce même revenu per capita augmente de 245 pourcent et continue sur cette lancée malgré la crise financière de 2008.

Pour remettre les choses en perspective, d’une part, l’économie américaine a augmenté de façon significative depuis 1950 ― le PIB a triplé. D’autre part, le PIB, en Chine, a augmenté de plus de 12 fois. Point à considérer : avant la Révolution industrielle, l’Occident était tout juste un peu plus riche que les pays émergents actuels et les conditions de vie des gens étaient relativement similaires d’un pays à l’autre. Aujourd’hui, selon Milanovic, économiste à la Banque mondiale, les conditions par rapport à la Révolution industrielle ont drastiquement changé. Alors que, en 2009, à New York, le salaire moyen d’un travailleur de la construction était de 16,60 $ de l’heure, il était de 0,80 $ à Beijing, de 0,50 $ à Delhi et de 0,60 $ à Nairobi. C’est donc dire que l’ordre de grandeur n’a strictement rien à voir avec la situation du XIXe siècle.

Concrètement, en Occident, la Révolution industrielle a créé une ploutocratie, mais a aussi enrichi, au général, l’ensemble de la population, permis la montée de la classe moyenne et créée un fossé important entre les travailleurs de l’Occident et ceux des autres pays. Par contre, cet écart se réduit graduellement alors que les pays émergents entrent dans l’économie de marché, d’où leur Âge doré.

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