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La manipulation : partout !

16 février 2013

Pour que la manipulation se développe, il faut qu’il y ait un lien difficile à dénouer, et un enjeu. On ne manipule pas quelqu’un qui n’a pas beaucoup d’importance. La manipulation s’exerce souvent entre parents et enfants, frères et sœurs, conjoints, collègues, patron et employés, amis ou voisins, c’est-à-dire entre personnes qui ont un lien et qui ont une certaine importance les unes pour les autres. [1]

La relation parent-enfant est caractérisée par le fait que la vie de l’enfant dépend de ses parents, de leur amour et de la sécurité qu’ils doivent lui garantir. Il est donc imprégné de la qualité relationnelle que ses parents lui imposent : saine ou perverse. Durant ses premières années, il ne s’en rend pas compte. À l’adolescence, lorsque son besoin de se différencier se manifeste, il prend le risque de contester, et s’autonomise. Les parents manipulateurs ne supportent pas la remise en question de leur domination. Les enfants nés dans une dynamique familiale gangrenée par la manipulation sont victimes parce que leur psychisme ne peut pas se construire correctement. Ils mettront de longues années à comprendre l’origine de leur mal-être. S’ils n’arrivent pas à décoder la perversion des relations qui les ont forgés, il y a de fortes probabilités pour qu’ils les reproduisent à l’âge adulte, avec leurs amis, leur conjoint ou leurs enfants, soit dans le rôle de la victime, soit dans celui du manipulateur.

Au sein des couples, la manipulation apparaît souvent selon une dynamique reconnaissable. La relation commence parfois trop vite, comme si l’un voulait immédiatement s’assurer l’adhésion de l’autre. L’élu se sent vite devenir le centre de la vie de son nouveau conjoint. Mais l’idylle est empoisonnée par les contraintes, le mépris, les mensonges, les menaces, discrètes au début, de plus en plus écrasantes avec le temps. Parfois, la relation s’est concrétisée par un mariage, des enfants, des biens, et la séparation est douloureuse. Elle se traduit alors par un divorce sanglant, où tous les coups sont permis.

Dans la vie professionnelle, la manipulation s’exerce entre collègues, ou entre patron et employé. Dans ce domaine, la manipulation est décrite sous forme de harcèlement moral et fait l’objet d’une législation qui défend les victimes. Si la chance permet un changement d’affectation ou une mutation, la victime pourra échapper à cette situation. Parfois, c’est impossible et aucune manœuvre d’évitement ou de protection ne s’avère opérante. La destruction perdure, le sentiment d’injustice est obsédant et le salarié tente de faire appel aux instances officielles de protection, le médecin-conseil, le syndicat, le responsable des ressources humaines, ou le juriste. La procédure est longue et peu efficiente, d’autant plus lorsque ces professionnels sont eux-mêmes employés par l’entreprise. Malheureusement, on ne peut pas toujours protéger efficacement les victimes, surtout lorsque le manipulateur est un élément important dans l’entreprise et qu’aucune preuve ne peut être portée à sa charge. Peu de témoins, ou des collègues qui ne veulent pas prendre de risques, la réalité est parfois décevante pour la victime. Dans ce cas, le seul sauvetage est de quitter le navire…

Dans la vie sociale, les situations de manipulation sont perturbantes et affectivement tristes. On se dispute avec un ami, on se sent trahi par un proche, mais heureusement cela n’affecte pas le reste de l’existence. Parfois, la manipulation s’exerce au sein d’une association dont on fait partie, que l’on devra peut-être quitter, ou entre propriétaire et locataire, ou encore entre voisins. Cela peut rapidement tourner au cauchemar quotidien et se solde quelquefois, par un déménagement terriblement frustrant.

Bannir une relation qui est minée par les manœuvres manipulatoires est nécessaire mais douloureux ! Mais, personne n’est obligé de rester dans la ligne de mire des manipulateurs !

[1] Marie Andersen, Les dix facettes de la manipulation, Ixelles Editions, 2013.
En savoir plus sur http://www.atlantico.fr/decryptage/famille-couple-travail-vie-sociale-manipulateurs-sevissent-presque-partout-marie-andersen-639192.html#3ETQ3wCMQ90E4zQ8.99

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  1. Adèle
    18 février 2013 à 0 h 37 min

    J’ai effectivement eu l’occasion d’observer ce type de personnalité dans le cadre du travail. Il n’y a pas de doute non plus sur le fait que la seule et unique solution lorsque cela s’avère possible est de fuir sans chercher à se battre ni même à nuire au pervers manipulateur.

    Le manipulateur a souvent une intelligence redoutable et vive, celle de savoir dans un premier temps séduire, écouter et observer sa future victime pour en identifier ses failles, ses fragilités. La « conquête » est fulgurante. Lorsque la dépendance s’est installée, commence ensuite la phase de destruction programmée : les petites taquineries pour tester le degré d’amour propre de la victime, taquineries qui deviennent récurrentes et se transforment parfois en petites phrases assassines pour mieux affaiblir la victime, la faire douter d’elle-même et de ses capacités. Le manipulateur a aussi cette fabuleuse faculté de s’approprier les qualités voire compétences de sa victime pour en recueillir les bénéfices et lauriers.
    Ces petits bleus à l’âme que la victime se prend chaque jour, lorsqu’elle ose en parler autour d’elle, paraissent de prime abord bien anodins et sans intérêt. Difficile de faire comprendre aux autres combien recevoir ces coups au quotidien peut devenir insoutenable et destructeur. Difficile d’être compris et de voir sa souffrance reconnue et générer de l’empathie ou l’aide des autres quand tout se fait dans le plus grand secret.

    Le manipulateur est aussi un « super menteur ». Il prend soin de masquer ses erreurs voire de faire porter la casquette aux autres. Il fait courir de fausses rumeurs. La mauvaise foi est son fond de commerce. Le sentiment de culpabilité lui est totalement étranger. Prêt à tout y compris à marcher sur des cadavres. En apparence, ce n’est pas un être sinistre, il peut avoir une personnalité très enjouée et avoir un sens admirable de la répartie en société. Parfois, il peut être très charismatique.

    A ce jour dans une PME parisienne, un manipulateur a « flingué » une bonne quinzaine de ses collègues en 4 ans pour atteindre il y a quelques semaines le poste de direction. Lorsqu’il est arrivé dans la structure en tant que directeur commercial, j’ai vu immédiatement en lui Brutus : un jour, il trahirait celui qui l’avait recruté. C’est fait car ce dirigeant, suite au rachat, a perdu la gérance de sa société et son directeur commercial s’est empressé de ménager (manipuler en réalité) la nouvelle direction groupe pour obtenir le poste de directeur associé. La partie ne semblait pas gagnée au départ pour ce directeur commercial qui passait très mal auprès des nouveaux dirigeants du groupe qui envisageaient même de s’en débarrasser à terme. Mais en bon manipulateur qui se respecte, il a su les retourner comme des crêpes en quelques mois. Il souhaite aujourd’hui se débarrasser de son ancien patron, devenu simple salarié et remisé au placard. Il ne le fera pas frontalement et ouvertement mais parviendra comme il l’a toujours fait auparavant à déléguer la tâche ingrate aux dirigeants du groupe. Sa devise : NE JAMAIS PASSER POUR LE MECHANT AUPRES DES AUTRES. Cultiver son image de gentil à tout prix.

    Tous ceux et celles qui pouvaient à un moment ou à un autre le bloquer dans ses velléités d’ascension ou qui l’ont démasqué ont été sommées de partir par le biais de ruptures conventionnelles. Poussées pour certaines à bout, elles ont accepté. L’une d’entre-elles est actuellement sur le départ.

    Ce manipulateur comme TOUS les autres pourront continuer à sévir en toute impunité. Les poursuivre devant les tribunaux pour ceux qui s’y sont essayé a mené à l’échec car le bourreau se transmute en victime et la victime en bourreau.

    COURAGE FUYEZ

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