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Mondialisation : relocalisation et retour du secteur manufacturier

19 février 2013

Pour plusieurs économistes, alors que les économies émergentes hors du BRIC connaissent une croissance rapide, qu’elles représentent un très bon investissement sur le long terme, elles ne constituent pourtant qu’une partie d’une stratégie globale.

general-electric / Mondialisation : relocalisation et retour du secteur manufacturierEn fait, un portfolio bien équilibré, dans l’état actuel des marchés, devrait également inclure des investissements dans des marchés matures. Pourquoi ? Certains marchés sont en train de réinvestir dans des secteurs qui avaient été délocalisés. Comment la chose est-elle possible ? L’un des facteurs dominants serait strictement technologique. Nani Beccalli Falco, le PDG de GE International souligne : « Nous avons déménagé la production de nos unités de réfrigération aux États-Unis pour une seule et simple raison : au Mexique, ça prend huit heures fabriquer un réfrigérateur, alors qu’ici, à Louisville, ça prend deux heures. »

Colm Reilly, de la société UKTI, quant à lui, identifie deux dynamiques sous-jacentes à ce phénomène. « Premièrement, ce sont les technologies qui pilotent le changement. » Si les entreprises tiennent compte à la fois des capacités accrues des nouvelles technologies manufacturières, du coût total de la logistique de production, incluant la gestion d’une entreprise à l’autre bout du monde, elles sont donc techniquement en mesure de fabriquer à moindre coût que les impartiteurs peuvent le faire dans plusieurs cas. « Deuxièmement, la délocalisation du processus de fabrication signifie que les entreprises ont perdu leur capacité inhérente à fabriquer elles-mêmes leurs produits, d’où l’incitatif à déménager.

La diffusion massive de technologies numériques mobiles à caractère social dans les marchés matures offre un avantage important par rapport aux marchés émergents. Cet avantage, s’il est correctement exploité, peut agir comme un véritable effet de levier pour maintenir et accroître leur position dominante dans certains marchés des biens et services. Le Royaume-Uni, par exemple, a recouvré sa compétitivité en se classant huitième sur l’échelle du Economic Forum’s Global Competitiveness Report en 2012 en misant sur un environnement d’affaire innovant sur le plan technologique (synthèse du rapport).

Les États-Unis, quant à eux, deviennent de plus en plus une destination attrayante pour les investisseurs. En fait, de tous les pays industrialisés, c’est le pays qui connaît la plus forte croissance du secteur manufacturier domestique. De plus, la découverte récente de ressources importantes en gaz naturel pourrait assurer une certaine indépendance énergétique. Finalement, le secteur américain des hautes technologies, en pleine croissance et en pleine effervescence, aura la capacité de réduire de façon significative la marge des coûts de fabrication par rapport aux économies émergentes.

Certes, il ne s’agit pas là d’une relocalisation massive. Certes, les délocalisations ont été néfastes pour la classe moyenne, surtout celle des travailleurs manufacturiers. Par contre, il semblerait que l’investissement dans les technologies soit une porte de sortie pour raviver le secteur manufacturier et le déménager. Le phénomène, ici présenté, rend compte d’une dynamique particulière : il est impossible de prévoir où les technologies peuvent conduire une société et encore moins la direction que peut prendre l’économie, d’où l’importance d’éviter la théorisation et de s’en remettre à l’observation des phénomènes.

Pierre Fraser, 2013

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