Accueil > Non classé > Éducation au Québec : aligner la formation universitaire sur les besoins de l’entreprise

Éducation au Québec : aligner la formation universitaire sur les besoins de l’entreprise

21 février 2013

C’est la nouvelle lubie à discuter au Québec dans le cadre du sommet sur l’éducation supérieure. Ma prochaine phrase est réductionniste : «Pour un entrepreneur, les sciences molles ont peu ou très peu à voir avec le fait de faire croître une entreprise ainsi que ses profits.» Par contre, il faut se rendre à une évidence : les entrepreneurs créent de la richesse. La question de la distribution de la richesse étant un autre débat.

SpaceX-Falcon-9-Dragon-014Alors, à quoi peuvent bien servir les «sciences molles» ou certaines «sciences dures» si elles ne permettent pas de faire tourner l’économie ? Premièrement, cette question est perverse et insidieuse, parce que mal formulée. Par exemple, à quoi sert un humoriste dont les compétences ne servent strictement à rien dans une entreprise ? À faire rire et à faire tourner l’industrie culturelle, et au Québec, à la monopoliser. Mais ça, c’est aussi un autre débat. À quoi sert un baccalauréat ou une maîtrise ou un doctorat en histoire ou en sociologie ? À comprendre l’humain. À quoi sert d’investir des milliards de $ dans un immense collisionneur de Hadron ? À découvrir le boson de Higgs et d’autres trucs tout aussi ésotériques en physique. À quoi a servi la conquête spatiale des 50 dernières années massivement financée par les fonds publics ? À ouvrir l’espace au secteur privé.

L’éducation supérieure ne doit surtout pas être alignée sur les besoins de l’industrie, autrement, en tant que société, nous risquons de nous couper de la «serendipity». Nous risquons de ne pas mettre en place certaines conditions qui, dans le futur, pourraient ouvrir de nouvelles plateformes et opportunités économiques. Qui sait si le boson de Higgs ou le travail d’un sociologue ou les fouilles d’un archéologue ne conduiront pas un jour à l’avènement de nouveaux métiers et de nouvelles niches économiques ?

Orienter l’éducation à des fins strictement entrepreneuriales, c’est à la fois appauvrir la société dans son ensemble ainsi que les générations futures.

Pierre Fraser, 2013

Publicités
%d blogueurs aiment cette page :