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La médecine face à la vie

28 mars 2013

Un double mythe

  • Dans l’esprit du grand public l’augmentation de l’espérance de vie à la naissance est due aux progrès des sciences médicales.
  • Comme on ne peut arrêter le progrès scientifique, l’espérance de vie et la longévité moyenne ne cesseront d’augmenter.
  • L’espérance de vie à la naissance a augmenté avant même que les sciences médicales fassent des progrès décisifs.

Les progrès sont plus en rapport avec l’élévation du niveau de vie qu’avec la pratique médicale.

  • De la conquête romaine à 1900, on estime qu’elle est passée, en France, de dix-huit à quarante sept ans.
  • Paradoxalement, c’est à partir des années 1945-1950, au moment ou le progrès des sciences médicales s’accélèrent, que le gain d’espérance de vie ne progresse presque plus.
  • Alors que dans les premières décennies du siècle on avait gagné en moyenne quatre ans d’espérance de vie tous les dix ans, entre 1950 et 1960, le gain tombe à un ou deux ans dans les pays têtes de file.

Une mortalité stable

  • Aujourd’hui, un sujet de 60 ans dans les pays occidentaux industrialisés, n’a gagné, par rapport à son semblable de 1900, que un à deux ans d’espérance de vie. C’est donc avant tout la réduction de la mortalité infantile qui a augmenté l’espérance de vie depuis le début du siècle.
  • Dès lors la question se pose de savoir si cette réduction est en rapport ou non avec l’activité médicale.
  • Des études réalisées on note qu’aucune corrélation n’existe entre la densité médicale et la mortalité infantile dans l’ensemble des pays d’Europe
  • Par contre, une corrélation très significative existe entre le produit national brut par habitant et la mortalité infantile.
  • Pour ce qui concerne la quantité de vie, on peut donc supposer que son augmentation est plus en rapport avec le niveau économique global des nations qu’avec le niveau de la consommation médicale.
  • Dans une nation, à l’échelon statistique, collectif, l’espérance de vie à la naissance dépend plus des adductions d’eau, du tout-à-l’égout et de la productivité agricole que de la consommation de médicaments et d’actes médicaux.

La médecine est là pour protéger et améliorer la qualité de la vie de chaque individu… ce que les économistes et les statisticiens ont tant de mal à quantifier, à comptabiliser.

  • L’exemple de la tuberculose.
  • Elle a régressé bien avant la découverte des antibiotiques, qui n’a donc pratiquement pas eu d’incidence démographique.
  • Mais, du point de vue individuel, les antibiotiques ont été une grande conquête.
  • Avant les antibiotiques, un diagnostic de méningite tuberculeuse était, chez un enfant ou un nourrisson, un arrêt de mort. Maintenant, tous les cas de méningite tuberculeuse devraient guérir. Or cette mort était une des plus affreuses pour l’entourage, puisqu’elle frappait un être jeune sur qui reposait tant d’espoir.

L’imbrication du physique et du spirituel, du physiologique et du psychologique, leur réconciliation dans l’acceptation de leurs spécificités respectives comme de leurs interactions commencent à faire apparaître un concept qui se révélera riche de bien des promesses : le concept d’interdépendance, le raisonnement en termes de lien et non d’opposition.

[1] Cf Lucien Mias, http://papidoc.chic-cm.fr/553medinterieur.html

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