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Montée des violences : les suites de choix culturels et politiques inconséquents

29 septembre 2013

« Atlantico : D’après Le Figaro, qui se base sur le tableau de bord du ministre de l’Intérieur, les chiffres de la violence augmentent presque partout, les patrouilles sont moins nombreuses, et le taux d’élucidation baisse. Au-delà des débats sur les chiffres et les moyens, qui maintiennent le débat en surface, existe-t-il des causes socio-culturelles profondes à l’emballement des actes d’incivilité et de délinquance ?
Michel Maffesoli : Concernant les phénomènes de violence, il est difficile de chercher une cause unique. On peut cependant se demander si la recrudescence des formes d’incivilité et de délinquance ne vient pas, profondément, du fait que la modernité s’est employée, sur la longue durée, à domestiquer (Michel Foucault), curialiser (Norbert Elias), aseptiser (Michel Maffesoli) les aspects agressifs qui ne sont pas toujours nocifs de l’espèce animale que nous sommes. Je rappelle que c’est ce que Aristote appelait la catharsis ou Durkheim l’effervescence. C’est en trouvant une manière « d’exprimer » cette agressivité que les sociétés équilibrées ont réussi à trouver une harmonie. Ce qui ne fut pas le cas des Temps Modernes qui dès le 18ème siècle s’employèrent à sécuriser à outrance et à rechercher le risque zéro.
A trop vouloir supprimer l’animalité, on a abouti à la bestialité.

Jean-Paul Megret : Dans un certain nombre de cités de Marseille, de Seine-Saint-Denis, de Colombe ou de villes du nord de la France, on a vu apparaître une sous-culture, qui tend aujourd’hui à devenir la culture dominante d’individus plus ou moins jeunes. Aujourd’hui il n’y a qu’une loi, celle de l’enrichissement maximum via la violence, exercée à l’aide d’un outillage très varié allant de la main nue à l’arme de guerre en passant par l’arme blanche. On commence en étant la petite main de trafics, puis on participe à des braquages et à de la revente.

Cette culture qui tend à s’imposer est fondée sur des figures tutélaires que l’on trouve au cinéma ou dans les médias, et est également aidée par une culture toute française de l’impunité. En effet, dès que ces individus sont déférés devant la justice, ils sont considérés comme des victimes. Avec des magistrats qui considèrent qu’il ne faut jamais être dans une culture de résolution de problème et de mise à l’écart d’une poignée d’individus ayant valeur d’exemplarité pour les autres, petit à petit on accrédite l’idée selon laquelle rien n’est grave. A Marseille, le curseur a été mis très haut en la matière : désormais, une mort d’homme n’est plus une chose grave. Même en matière d’extorsion, par exemple, on a tellement développé de théories assurantielles que l’on en est venu à penser que tout pouvait s’indemniser. Même les violences physiques s’indemniseraient ainsi.

Quelle responsabilité la mutation du cadre familial depuis 40 ans porte-t-elle dans cette évolution ?
Pierre Duriot : Nous avons souvent des foyers dans lesquels les rôles des parents et des enfants ne sont pas clairement définis, où on ne fonctionne que trop rarement sur le plan éducatif, c’est-à-dire des parents qui se cautionnent mutuellement pour dire et faire ce qu’ils perçoivent comme « bon » pour l’enfant et interdire en tenant en bloc ce qui est « mauvais » pour lui. Au contraire, on fait les choses, ou on les dit, parce que « tu m’aimes » ou « tu ne m’aimes pas », ou « je t’aime » et « je ne t’aime plus », avec un enfant qui marchande jusqu’à obtenir satisfaction. Mais aussi des parents, usés de ne pouvoir tenir ou qui se déchirent l’un et l’autre pour satisfaire on non l’enfant, selon le mode : papa ou maman est « méchant ». Ce schéma peut se compliquer encore quand des enfants de plusieurs lits voisinent au sein d’une même famille avec des beaux pères ou des belles mères. Se complique également quand deux parents divorcés rivalisent pour « séduire » l’enfant et s’adjuger sa préférence. On n’est alors plus dans le mode éducatif mais dans le registre du pulsionnel, c’est-à-dire que l’enfant n’a pas le réflexe de passer sur le mode de la « médiatisation » en cas de conflit, d’entamer le dialogue, puisqu’il ne sait pas le faire, ses pulsions exprimées, sa violence donc, tenant lieu habituellement de « langage ».

Michel Maffesoli : Il est certain que ce qu’était le cadre familial élaboré juridiquement et institutionnellement tout au long du XIXème siècle, c’est-à-dire la famille nucléaire, réduite à un père, une mère et quelques enfants, ce cadre-là est en train de se fragmenter : familles décomposées, familles incertaines et une telle mutation n’est pas, bien sûr, sans conséquence sur les modes de vie et ne peut que générer des insatisfactions dont les diverses formes de la violence quotidienne sont la manifestation.

Jean-Paul Megret : Des fratries sont devenues de véritables PME du crime. Lorsque l’aîné « tombe », le business est confié à ses jeunes frères pendant sa courte période d’incarcération.
Sommes-nous moins préparés qu’avant à enseigner les règles du vivre ensemble à nos enfants ?

Pierre Duriot : Ces phénomènes de mauvais positionnement des rôles au sein des foyers sont aggravés par des petites choses du quotidien comme la présence conjointe des adultes et des enfants dans le même lit, ou la sollicitation permanente de l’enfant pour savoir ce qu’il veut faire, ce qu’il veut manger, où il veut aller, ce qui revient à l’ériger en « roi » de la maison, à en faire, non pas un enfant en cours de maturation mais un « chef de famille », qui n’est pas perçu comme tel par ses parents. Ces enfants « décadrés » fonctionnent à divers degrés sur le mode de la toute-puissance, un psychologue les a appelé « nouvelles personnalités de base », avec comme caractéristique première, une forme d’omnipotence, une personnalité à qui tout serait dû et qui n’entendrait pas se voir contrariée dans ses désirs et ses évolutions. En ce sens les enfants sont moins « préparés » à gérer leurs frustrations puisque dans les familles, à divers degrés, bien sûr, ce fonctionnement pulsionnel leur est permis.

Michel Maffesoli : La conséquence primordiale est que le système éducatif qui était fondé sur ce qu’il était convenu d’appeler la loi du père, c’est-à-dire une dimension simplement verticale est en train de laisser la place à ce que j’ai appelé (Homo eroticus, des communions émotionnelles, 2012) la « loi des frères », où l’horizontalité prévaut. Dès lors, l’éducation des diverses institutions laisse la place au retour de l’initiation, propre aux diverses tribus auxquelles ces jeunes générations participent. On ne peut donc plus imposer des « règles du vivre ensemble » à partir d’une dimension purement surplombante, mais il faut savoir intégrer ce qui vient du bas, c’est-à-dire de l’expérience vécue en groupe. C’est le cœur battant du vivre ensemble postmoderne, qui est particulièrement étranger à l’intelligentsia française qui reste encore obnubilée par le schéma rationnel du contrat social et a bien du mal à comprendre l’émergence des divers pactes émotionnels qui caractérisent de plus en plus la socialité contemporaine.

Jean-Paul Megret : Leur « vivre ensemble » consiste à préserver et faire prospérer les intérêts de la famille. Ce qui concernait des familles de gens du voyage s’applique maintenant aux cités, où la figure tutélaire qu’était le père s’est effacée, car généralement ce dernier est au chômage. Ce sont les enfants qui apportent les revenus, et mettent parents et grands-parents à contribution. Nous sommes donc face à un système fondé sur la solidarité clanique et le rapport du sang : personne ne dénoncera personne.

Enfant accessoire, couples kleenex… les adultes réfléchissent-ils suffisamment aux responsabilités qui seront les leurs en fondant une famille ?
Pierre Duriot : Non, l’enfant est loin d’être un accessoire, il est même puissamment désiré, à tel point que l’on voit des couples entamer des tentatives de fécondations ou des voyages et des dépenses pour aller chercher un enfant ailleurs. Mais ce désir est justement plus pulsionnel que réfléchi et l’enfant est devenu plus un « objet d’amour » qu’un futur héritier à qui l’on confiera un jour les clefs. On se dit souvent un « je t’aime » entre parents et enfants, ce qui n’existait pas voici plus de trente ans. Les marques d’amour et les « fusions » adultes/enfants ont remplacé les postures éducatives au sein du couple. L’enfant est au centre des foyers alors que c’est lui qui est destiné à partir pendant que le couple est censé rester. C’est pour cela que la couple doit être au centre du foyer, ce qui n’est pas souvent le cas. La famille n’est donc trop fréquemment plus vraiment une « famille », mais un groupe de personnes, à égalité ou mobilisé autour de la satisfaction de l’enfant, mais tant qu’il est petit. A mesure que l’enfant grandit, ce schéma est destiné à voler en éclat et se solde souvent par un éclatement, un divorce, des incompréhensions insurmontables survenant à l’adolescence.

Michel Maffesoli : C’est en prenant au sérieux cette mutation de fond, c’est-à-dire l’émergence de nouvelles valeurs sociétales, où le ludique, le festif, l’imaginaire ont une expression collective que les adultes pourront à leur niveau assurer leur responsabilité. Il s’agit là d’un changement de paradigme que nous avons du mal à accepter, mais qui, ne l’oublions pas, a constitué le vivre ensemble des sociétés traditionnelles et qui retrouve contemporainement reviviscence.

Jean-Paul Megret : Lorsque, face à des mineurs, les parents sont mis face à leurs responsabilités, passé le déni et les cris, on s’aperçoit que l’on a affaire à des gens qui n’ont pas du tout pris à bras le corps les responsabilités éducatives auxquelles, visiblement, ils ne croient pas eux-mêmes. Sur le terrain, on constate la plupart du temps que les parents réagissent violemment une fois que de l’argent a été découvert dans la chambre de l’enfant pris en position de trafic, car la somme en question n’a pas été mise dans le pot commun. Pour ces adultes le critère fondamental n’est pas de savoir si la loi a été violée, mais si les règles de solidarité familiale ont été transgressées.

Comment le rapport adulte-enfant a-t-il changé ces dernières décennies ? Assiste-t-on à une crise de l’autorité qui, du cercle familial, s’est étendue à l’ensemble de la société ?
Pierre Duriot : Il y a crise de l’autorité dans la mesure où, pour de très nombreux jeunes, personne n’est « naturellement » reconnu comme ayant autorité. Ces « nouveaux jeunes » traitant systématiquement d’égal à égal, l’autorité disparaît au profit d’un rapport de force permanent aujourd’hui également perceptible en entreprise et dans tous les compartiments de la société. Ces « nouvelles personnalités de base » étant, à mon sens, de plus en plus nombreuses dans les générations qui avancent, ont donc, au fil des ans, de plus en plus de chances de se rencontrer et de « clasher ». Cela explique cette impression que nous avons d’une amplification du phénomène de perte d’autorité.

Michel Maffesoli : C’est en ce sens qu’il faut comprendre l’autorité, non pas comme un pouvoir qui impose et qui pèse, mais comme un « accompagnement » s’employant à faire ressortir les trésors qui sont au cœur même de chaque individu. C’est ce que l’éducation a du mal à comprendre, mais c’est ce que l’on retrouve, technologie aidant, dans les divers réseaux sociaux, sites communautaires, forums de discussion et autres blogs, toutes choses reposant sur un processus initiatique. C’est en prenant au sérieux ce glissement du pouvoir vers l’autorité que l’on comprendra que le rapport adulte/jeune a profondément changé et qu’il faut que les diverses institutions sachent reconnaître et accompagner une telle mutation.

Jean-Paul Megret : L’autorité familiale est mise à mal car beaucoup de personnes se trouvent au chômage. Beaucoup de personnes issues de l’immigration se trouvent en position de faiblesse car elles n’ont pas la même aisance de vocabulaire que leurs enfants, qui eux ont été à l’école française. Il s’agit également de personnes qui ont abandonné leur cellule traditionnelle, à juste titre car elle n’était pas compatible avec la société française, mais qui n’ont pas pour autant adhéré à cette dernière : soit les parents punissent leurs enfants à coup de ceinture, soit ce sont ces derniers qui molestent leurs parents.

Aujourd’hui, on constate une connivence au sein des familles, quelle que soit leur origine, consistant à dire que l’important, c’est de prendre ce qui peut être pris. On ne parvient pas à réguler cela, car les familles sont en manque de moyens, ce qui instaure une loi de la jungle. Tant que la structure familiale est préservée, le reste compte peu. Les représentants de l’Etat, eux, sont perçus soit comme des usurpateurs, soit comme des faibles.

Si l’école ne peut pas tout, fait-elle pour autant tout son possible ? Joue-t-elle encore son rôle de relai des valeurs communes et du vivre ensemble ? Quels services l’obsession de l’égalitarisme a-t-elle, au bout du compte, rendus à la société ?
Pierre Duriot : Bien évidemment, les autres adultes de l’entourage ne fonctionnent pas comme une famille et viennent « faire tampon » dans ces nouvelles formes de comportements quand les jeunes sont en classe, au sport, en centre de loisirs, mais les adultes ne sont pas là quand les jeunes sont entre eux, à la récréation ou lors de regroupements informels, en bas de l’immeuble. L’école arrive, de plus en plus difficilement à gérer ces enfants à l’intérieur de ses murs et peine à transmettre les cadres du vivre ensemble, mais cela est-il sa mission d’origine ? On trouve à la fois des parents qui dénient à l’école le rôle d’éduquer, pensant à juste titre que ce rôle leur est dévolu, mais on trouve également des parents qui comptent sur l’institution pour transmettre ces valeurs du « vivre ensemble » et bien d’autres. L’obsession de l’égalitarisme ne se situait pas à l’origine dans le « vivre ensemble » mais dans la mission de rendre possible un accès « égalitaire » à l’instruction et la culture. Les professeurs « éduquent » ou tentent de le faire, à leur corps défendant, ce n’est pas leur « métier ». Ils aimeraient justement ne pas avoir à assurer cette mission et voir arriver devant les tableaux noirs des enfants ne nécessitant pas que le prof fasse « le gendarme ».

Michel Maffesoli : Bien évidemment l’éducation nationale imposant par en haut des valeurs applicables à tout un chacun de manière abstraite n’est plus en phase avec un esprit du temps où prédomine le polyculturalisme, un idéal communautaire et autres sentiments d’appartenance. On peut imaginer un vivre ensemble qui ne soit pas simplement l’expression d’une conception de la République une et indivisible, mais qui renvoie à une antique respublica dans laquelle, telle une mosaïque, des valeurs différentes parviennent à s’accorder.

Jean-Paul Megret : Ne serait-ce que pour véhiculer des messages, l’école est de moins en moins considérée comme légitime, même dans des lycées des beaux quartiers. Le sanctuaire de l’école n’existe plus, elle est devenue une sorte de libre-service permettant de faire ce que l’on veut et de s’émanciper à tout prix. En ce qui concerne les drogues, notamment, les écoles ont échoué à assurer l’ordre en leur sein. Traditionnellement, il ne revient pas à la police ou à la gendarmerie de faire régner l’ordre dans les établissements scolaires. Aujourd’hui, l’encadrement scolaire n’est plus considéré comme légitime, ne serait-ce que parce que les parents viennent jouer les redresseurs de tort et en viennent aux mains dès que les enfants estiment qu’ils ont été traités injustement. Ce qui n’est pas pour encourager les enseignants à s’impliquer.

On a beaucoup stigmatisé les établissements situés en ZEP, cependant ce ne sont pas les seuls concernés. Même dans des établissements privés, dont les élèves viennent de familles censées avoir intégré les normes de la société française, sont livrées aux violences et aux trafics.

Le fait que les actes de délinquance soient beaucoup plus nombreux dans les zones défavorisées amène bien souvent des justifications d’ordre social : la délinquance ne serait que le prix que la société devrait payer pour avoir abandonné certains territoires à leur sort. Cette victimisation à outrance est-elle justifiée ? Quels en sont les effets pervers ? La déresponsabilisation globale de la société, qui découle des processus de victimisation, finit-elle par jouer un rôle prépondérant dans la progression de la violence ?

Michel Maffesoli : La victimisation, c’est-à-dire la nécessité pour chacun d’obtenir un statut de victime pour bénéficier de l’entraide collective fonde notre système social. Elle est la conséquence de la logique des droits individuels ainsi que de la préférence française pour la solidarité nationale et abstraite plutôt que pour les solidarités de proximité. Ce qui bien sûr n’assure pas un vivre ensemble harmonieux et perpétue un jeu pervers entre victimes et agresseurs.

Pierre Duriot : L’Etat a sa part de responsabilité pour avoir, à une époque et encore maintenant, « materné » ses citoyens, pour avoir « abrité » idéologiquement certaines catégories sociales de l’autorité. L’école aussi l’a fait en plaçant les enfants « au centre », en décrétant l’autorité traumatisante, en supprimant blouses et uniformes, en féminisant à outrance son personnel en n’exigeant plus des professeurs une tenue vestimentaire conforme à l’image que l’on peut se faire de l’autorité, en incitant les professeurs à faire preuve de « compréhension »… De très nombreux facteurs, ceux énoncés ci-dessus et bien d’autres, économiques, ethniques, culturels, se télescopent et s’amplifient les uns les autres. Ils ont pour point de convergence d’avoir réduit l’accès à la possibilité pour chacun d’apprendre à traiter les conflits de manière civilisée, c’est-à-dire par la parole, la négociation et l’acceptation d’un compromis contenant à la fois une part de satisfaction et de frustration. D’où l’explosion générale, accentuée encore dans les terrains « abandonnés », de la manière pulsionnelle de traiter les conflits : par la violence.

Jean-Paul Megret : On observe un complexe, notamment chez les magistrats qui se veulent les penseurs sociologues de la délinquance. On nous explique que la délinquance n’est jamais qu’une forme de redistribution par la force. Dès lors, il ne faut pas se leurrer si des gens préfèrent se tourner vers une activité illégale, bien plus rentable.

Et on ne règle pas le problème en mettant des policiers partout, car la police n’est pas la justice. Sur le long terme, c’est la décision judiciaire qui permet de gérer la situation. Il ne s’agit pas nécessairement d’une incarcération, ce peut être un placement, une interdiction de séjour, des obligations… Or, dans ce domaine, les magistrats ont véritablement démissionné. Nous expliquons depuis plus de dix ans que tous les partenaires doivent se mettre autour de la même table : police, gendarmerie, élus, recteurs, proviseurs, entreprises de transports, magistrats… pour essayer de trouver les bonnes solutions concernant les quelques individus qui « pourrissent » la vie des gens et ont valeur d’exemple. Mais les magistrats, eux, pratiquent la politique de la chaise vide. Ceux qui décident et jugent refusent de connaître la situation concrète car cela altérerait leur indépendance. Considérant qu’ils sont indépendants et n’ont pas de comptes à rendre, ils refusent d’être présents. Confrontés à la réalité, ils ne pourraient plus entretenir cette idéologie de l’excuse systématique.

[1] Cf Atlantico, 29.09.2013
http://www.atlantico.fr/decryptage/montee-violences-ces-decennies-choix-culturels-et-politiques-dont-avons-trop-longtemps-refuse-voir-consequences-michel-maffesoli-839364.html#5asD17mEVfmu5M1i.99
* Michel Maffesoli, sociologue, membre de l’Institut universitaire de France, est professeur à la Sorbonne. Il vient de publier « Homo Eroticus » aux éditions du CNRS qui traite, entre autres, du nouveau rapport au plaisir.
• Pierre Duriot est enseignant du primaire. Il s’est intéressé à la posture des enfants face au métier d’élève, a travaillé à la fois sur la prévention de la difficulté scolaire à l’école maternelle et sur les questions d’éducation, directement avec les familles. Il est l’auteur de Ne portez pas son cartable (L’Harmattan, 2012) et Le Syndrome Rapa-Nui (Publibook, 2012).
• Jean-Paul Megret est secrétaire national du Syndicat indépendant des commissaires de police (SICP).

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