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La presse féminine : pauvres femmes !

28 octobre 2013

Il s’agit de ces magazines qu’on achète juste avant d’embarquer en espérant qu’ils parviendront à atténuer l’ennui d’un vol transatlantique et qu’on lit machinalement, le cerveau engourdi, dans l’espoir de grappiller quelques minutes à ces heures qui n’en finissent pas d’en finir. [1]

Des magazines féminins pour madame. Qui s’empresse de les refiler à sa bonne copine exilée au bout du monde et que son compagnon se dépêche de feuilleter afin de mieux comprendre le mystère de l’éternel féminin. Et qui à la place découvre, ahuri mais amusé, étonné mais ravi, l’effroyable crétinerie de ces magazines dits féminins.

Des micros-articles écrits dans une langue où des adjectifs hypertrophiés rivalisent d’outrance avec des verbes extatiques, le tout n’excédant pas quelques mots comme pour éviter l’asphyxie du cerveau.

Des sujets ineptes, d’une vulgarité invraisemblable, où l’on s’interroge comment pratiquer la fellation sans abîmer sa dentition, comment savoir du premier coup d’œil ” si le mec rencontré sur la plage va assurer grave ou pas au pieu parce que les vacances c’est pas le moment de jouer à la pilote d’essai mais de rentabiliser au max ses jours de liberté.”

D’ailleurs du cul à un peu près toutes les lignes.

Des reportages bidon sur des destinations de rêves – lagunes mystérieuses, atolls exotiques, îlots mirifiques, accompagnés de photos criardes et de légendes d’une mièvrerie consternante.
Des photos d’éphèbes, corps imberbe, pectoraux saillants, regard de velours à qui on attribue des notes pour jauger de son potentiel érotique en y mettant un bémol ” parce que mon coco, avec des mollets atrophiés comme ça, on a quand même du mal à croire que ton jeu de jambes puisse supporter des étreintes à répétition, donc plutôt à éviter ou alors seulement pour tirer un coup vite fait, entre les dunes, pendant que papa joue au château de sable avec la marmaille. ”

Des notes sur les jupettes de starlettes lors de leurs bals de promotion.
Des notes sur les robes d’actrices le jour de la présentation de leurs films.
Des notes sur les tatouages de vedettes de la télé réalité prises le jour de leurs remises de diplômes.
Des notes sur les livres, les films, les expos, les pièces de théâtre à voir “ parce que sinon on va encore passer pour la gourde de service lors du dîner chez le patron de son chéri, parce que c’est pas tous les jours qu’on peut lire un roman qui prend pas le temps de s’essouffler et vous instruit sans vous ennuyer.”

Des sujets de société d’une importance capitale :
Peut-on confier ses enfants à une baby-sitter quand elle est blonde, mince, sachant que monsieur devra la raccompagner chez elle.
Fumer un joint, ça craint ou pas ?
Belle Maman s’incruste pour les vacances : comment je fais pour la supporter ?

Des conseils en pagaille : comment bronzer du dos en restant face au soleil, comment se soulager dans l’océan sans se faire remarquer, comment réussir ses brochettes au barbecue en tongs et en bikini ?
On achève la lecture de Biba, de Cosmo, de Grazzia, de Glamour, un peu embarrassé par ce déluge d’inepties déclinées à toutes les sauces.

On regarde sa partenaire sous un nouveau jour.
Se pourrait-il que je me sois trompé à ce point-là sur ses capacités mentales ?
Devrais-je vraiment confier l’éducation de mon chat à une écervellée pareille ?

Et on conclut en se disant que les féministes au lieu de sortir les ongles à chaque fois qu’un mâle mal dégrossi se permet une plaisanterie douteuse, seraient plus inspirées de décréter un embargo total sur ces magazines qui les déshonorent en les rabaissant à tour de page.

[1] Un blog de Laurent Sagalovitsch
Cf http://blog.slate.fr/sagalovitsch/2013/08/07/la-presse-feminine-ou-linsulte-faite-aux-femmes/

Georges Vignaux

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Catégories :Non classé
  1. Christine
    29 octobre 2013 à 12 h 17 min

    Excellent !
    Et encore, je trouve que vous êtes resté en-dessous de la réalité atroce de cette presse féminine – par politesse pour nous autres « faibles femmes », je suppose.
    Les seules fois où je croise les gros titres de ces machins, c’est chez le dentiste, le médecin, plus rarement le coiffeur. Mon best of d’horreurs en matière de magazines féminins :
    – comment améliorer votre vie de couple en prenant un amant
    – comment faire pour que vos ados ne soient pas des geeks
    – comment faire une fellation à son patron (syndrome Lewinski, je suppose…)
    – comment piquer le mec trop canon de votre meilleure amie
    – comment vous débarrasser de vos gosses
    – comment deviner le signe du zodiaque du mec qui vous plaît

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