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La compétitivité, arme de désintégration sociale

21 novembre 2013

S’il est un mythe qui a la vie dure, c’est bien celui de compétitivité.
• C’est quoi d’abord cette compétitivité, sinon une variante vicieuse de la loi des plus forts ? Lesquels plus forts n’ont d’ailleurs de cesse d’en contourner et l’esprit et la lettre à la première occasion par des ententes illicites entre eux…
• Croyez-vous que les salariés modestes, et à plus forte raison les chômeurs, ont une quelconque chance d’être compétitifs ? [1]

• La compétitivité nationalisée
• Cette compétitivité, qui à l’origine concernait surtout le monde de l’entreprise privée, a fini par contaminer des régions, des pays, des entreprises publiques. Voyez la compétition saugrenue entre provinces françaises à propos de l’écotaxe.
• La mondialisation, synonyme de dérégulation sauvage dans les faits, la compétition exacerbée entre puissances publiques, ont encore accru les tensions nées de la compétitivité débridée.
• Croyez-vous que des pays s’accrochant à des revenus décents, sinon minimum, ont la moindre chance de devenir compétitifs face à ceux pratiquant des salaires de misère au mépris de toutes les règles de considération sociale ?

• Les prêtres d’une religion féroce
• Même au sein d’organisations supranationales se prévalant de vouloir faire triompher, du moins entre leurs membres, la solidarité sur la compétitivité, c’est l’inverse qui se produit. Regardez l’Union européenne et le comportement des plus forts, l’Allemagne en premier chef.
• Le prix Nobel d’économie Paul Krugman vient de montrer comment ce pays fit exploser son excédent commercial en profitant de l’introduction de la monnaie unique européenne, et par une baisse drastique des coûts du travail (traduisez, des salaires). La compétitivité d’un pays au détriment de ses citoyens, fortiche comme concept.

Bref, le constat d’échec de ce concept de compétitivité, brandi comme moteur incontournable de régulation et d’émulation, est si accablant, si évident, qu’on reste ébahi de voir les prêtres d’une religion féroce nous servir encore leur infâme brouet. Et, pire, de nous voir l’avaler sans broncher.

Mais, comment enrayer cette spirale infernale ? Certainement pas en l’abandonnant aux « marchés ». Mais par des règles strictes (oui, oui, comme au foot ou au rugby, imaginez un match de rugby sans règles, ni arbitre) et des mesures de protection sociale.

[1] http://blogs.rue89.com/yeti-voyageur/2013/11/07/tordre-le-cou-un-mythe-la-competitivite-arme-fatale-de-desintegration-sociale-231606

Georges Vignaux

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