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Economie devenue folle : ces nuages qui planent sur 2014

3 mars 2014

 

Ce n’est sans doute pas un hasard si le président de la banque centrale allemande, la Bundesbank, a mis en garde contre «le calme trompeur».

Ce n’est sans doute pas un hasard si le président de la banque centrale allemande, la Bundesbank, a mis en garde contre «le calme trompeur».

Jens Weidmann, président de la banque centrale allemande, la Bundesbank, a mis en garde contre « le calme trompeur » des marchés financiers. « La crise peut repartir de plus belle », a-t-il ajouté. Alors, 2014, une bonne année, vraiment ?

 De gros nuages noirs semblent planer sur une économie redevenue folle. Il ne faut pas se fier aux chiffres mirobolants et trompeurs des bourses. En dépit du ralentissement de la croissance mondiale, cette forte croissance boursière manifeste à nouveau la déconnexion entre l’économie et la finance. Avec 61,75 milliards de dollars de capitalisation boursière fin 2013, soit plus de double de la valeur de toutes les entreprises cotées dans le monde il y a dix ans, une nouvelle bulle financière s’est à nouveau formée malgré les engagements.

 Gare au volume des « produits dérivés »

 On devait ne plus être esclaves d’une système privilégiant un secteur financier dérégulé par rapport au reste de l’économie. Mais le volume des « produits dérivés » – ceux que le milliardaire américain Warren Buffett définit comme « une arme de destruction massive » dont le caractère toxique est à l’origine de la précédente crise, dépasse désormais son niveau d’avant la crise des subprimes ?

 Ces produits dérivés sont une manière de spéculer sur le risque. Créés au départ pour permettre aux entreprises de se protéger des variations inattendues des prix des matières premières, du cours des actions, des taux de change, des taux d’intérêt, ces transactions, représentent désormais l’essentiel de l’activité des marchés financiers ! C’est eux, notamment, qu’on nous promettait d’encadrer à l’issue de la précédente crise financière.

 « Le calme trompeur » des marchés financiers

 Ou sont passés les engagements de Sarkozy de réguler le marché, où sont passées les promesses d’encadrer les activités des banques, de s’attaquer aux paradis fiscaux ?  Et qu’a fait François Hollande ? Même le projet de loi sur la séparation entre banque d’affaires et banques de dépôt s’avère très éloigné de ses ambitions initiales.

 L’opposition de la finance a eu vite raison de ces timides velléités de contrôle. Ce n’est sans doute pas un hasard si le président de la banque centrale allemande, la Bundesbank, a mis en garde contre « le calme trompeur » qui règne actuellement sur les marchés financiers. Il a même averti que la crise pourrait « repartir de plus belle » en 2014, avec, évidemment ses conséquences sur la croissance, sur l’emploi, la consommation et l’appauvrissement des ménages !

Mais d’autres gros nuages planent sur nous, les nuages nauséabonds du « complotisme » et les résurgences de toutes sortes de racismes, d’extrémisme, pour ne pas parler d’une crise profonde de la démocratie qui menace le « vivre ensemble ».

[1] Jean-Marcel Bouguereau, Le Nouvel Observateur, Le Plus, 02.01.2014

 Sélectionné par Georges Vignaux

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