Occupy Wall Street et puis après ?

5 mars 2014

Le simple citoyen se sent en dehors du système qu’il sent pourtant contrôler par de puissants intérêts financiers et économiques.

Le simple citoyen se sent en dehors du système qu’il sent pourtant contrôler par de puissants intérêts financiers et économiques.

Il y a un parallèle à faire entre les émeutes de Londres et bien d’autres qui secouent quotidiennement la planète sans que nous en soyons conscients : un ras-le-bol qui se caractérise par une absence de programme politique. Je m’explique. Tout au cours du XXe siècle, dans les sociétés occidentales, les manifestations, émeutes et agitations politiques visaient avant tout à établir un nouvel ordre social. Aujourd’hui, il ne s’agit plus d’établir un nouvel ordre, mais seulement d’exprimer son ras-le-bol.

Tous ces manifestants ne veulent pas prendre le pouvoir, loin de là ; ils veulent dire au pouvoir « Ça suffit ! ». Que leurs manifestations soient pacifiques ou violentes ne change strictement rien à l’affaire. Pourquoi ? Parce que les gens ont la désagréable impression que le pouvoir politique ne sert plus leurs intérêts. Le simple citoyen se sent en dehors du système qu’il sent pourtant contrôler par de puissants intérêts financiers et économiques. Il est confronté à sa propre impuissance, surtout lorsqu’il constate que son propre gouvernement a les mains liées face aux agences de notations et à Wall Street.

L’émeutier qui casse tout et le militant pacifiste ne diffèrent que par leurs moyens d’expression. Ce qui les unit, c’est l’absence d’interlocution avec l’État. Conséquemment, l’affrontement se résume dans le fait de vouloir se faire entendre, rien d’autre. En l’absence de discours, il faut crier, peu importe comment on crie…

© Pierre Fraser, 2014

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