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L’encodage informatique : une urgence !

29 mars 2014

ImageDes millions de dollars sont actuellement investis dans l’encodage, car apposer des codes aux messages numériques permet de contourner l’espionnage en ligne. Sécuriser les données est ainsi devenu un sujet de discussions au sein des conseils d’administration des entreprises, petites ou grandes, après des piratages informatiques importants comme celui qui a touché le distributeur américain Target.

L’encodage va devenir « inévitable »

Pour les investisseurs, c’est une nouvelle occasion de croissance dans le secteur des nouvelles technologies. En février, Google Ventures a investi 25,5 millions de dollars dans une jeune société basée à Atlanta, Ionic Security, née il y a seulement trois ans et qui travaille dans l’encodage, brouillant les données avant qu’elles ne puissent être transmises ou stockées.

D’autre sociétés d’encodage, comme PerspecSys, basée à Toronto au Canada, ou CipherCloud, à San José en Californie, ont aussi annoncé de gros investissements.

Cette course au financement pourraient annoncer un « âge d’or » de l’encodage, souligne un spécialiste. Mais le secteur devra lever auparavant plusieurs obstacles, comme la difficulté d’accès aux données encodées, ou la méfiance des gouvernements, qui veulent toujours pouvoir accéder à l’information.

L’encodage « ralentit » l’accès aux données

Pour Venky Ganesan, directeur général de la société d’investissements Menlo Ventures, les grandes avancées ne se produiront que dans trois à cinq ans.

Car « l’encodage ralentit » l’accès aux données, explique Venky Ganesan : « Imaginez chaque pièce de votre maison fermée à clé, et que vous soyiez dans l’obligation de les fermer et de les ouvrir à chaque fois que vous voulez y entrer. Vous seriez frustrés ».

L’autre problème, selon Venky Ganesan, ce sont les gouvernements car « ils ne veulent pas que la technologie de l’encodage soit accessible à tous, parce que leur objectif est de s’assurer qu’ils puissent toujours accéder à l’information ».

L’ancien consultant de la NSA réfugié à Moscou, Edward Snowden, a lui-même incité le secteur informatique à « s’engager moralement » à protéger les données de ses utilisateurs avec des techniques d’encodage.

Sécuriser l’accès à des milliards de données archivées dans le « cloud » de serveurs informatiques dématérialisés est sans commune mesure avec l’époque où la question portait sur la sécurisation des ordinateurs portables en cas de vol.

Wall Street est-elle prête à mettre davantage d’argent dans les sociétés de sécurité informatique ? Le prix de l’action de FireEye, qui avait alerté Target du piratage sur son réseau, a plus que triplé par rapport à son prix d’entrée en Bourse en septembre 2013.

« A quel degré Big Brother regarde ce qu’on fait »

Le directeur général de Voltage, Sathvik Krishnamurthy, qualifie le marché de l’encodage de « florissant et en croissance ». Il estime que l’opposition des gouvernements à cette technique est obsolète. Car l’espionnage par les autorités « a toujours existé », selon Sathvik Krishnamurthy. « C’est juste une question de savoir jusqu’à quel degré Big Brother regarde tout ce qu’on fait ». 

Il estime à cet égard que le plus gros problème des programmes de la NSA est leur caractère secret. Rendre publics les programmes de surveillances « normaliserait une ligne que nous ne pourrions plus franchir », suggère-t-il. « Si vous devez répondre de vos agissements, vous avez davantage tendance à être raisonnable ».

Georges Vignaux

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