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Histoire de la psychiatrie 2 : Moyen Âge, Renaissance

16 avril 2014

ImageLe Moyen-Âge

Pendant tout le Moyen-Âge chrétien, la perception des maladies mentales sera religieuse, en rapport avec les mentalités populaires ; néanmoins va apparaître une conception proprement médicale.

La perception religieuse explique les troubles mentaux par la possession démoniaque, une manifestation du péché, de l’hérésie et envoie au bûcher ; la seconde s’inscrit en opposition.

C’est l’opinion commune de la foule et de certains théologiens que de considérer les mélancoliques et les maniaques comme ayant le diable dans le corps, ce que souvent les malades croient eux-mêmes. Ceux qui se fient à ces idées vulgaires ne recherchent pas l’aide des médecins, mais celle des saints réputés avoir reçu de Dieu le pouvoir de chasser les démons.

Le Moyen-Âge organise l’incapacité civile du malade mental, mais oblige sa famille, si cela est possible, à en assurer la garde ; le malade est parfois incarcéré dans les donjons ou les clochers des églises : le fou étranger est expulsé. Le malade mental se retrouve aussi, comme les pauvres et les autres malades, dans les Hôtels Dieu. Les hôpitaux commencent à réserver aux fous des salles spéciales.

L’espoir du miracle fait organiser les pélerinages spécialisés. En Bretagne, St Méen et St Colomban (Locminé) guérissent les fous moyennant une neuvaine (neuf jours de dévotions). En Flandre, l’accueil des malades mentaux dans les familles de Gheel a une origine semblable.

La Renaissance

La Renaissance est l’époque des guerres et de l’urbanisation, à l’origine du vagabondage et de la mendicité qui vont marquer l’époque suivante. Elle est aussi la période où apparaissent quelques grands médecins humanistes, tel Jean Wier (1515- 1588) qui s’insurge contre la pratique du bûcher appliquée aux malades mentaux.

Saint Jean-de-Dieu (1495-1550) mérite d’être cité pour son oeuvre hospitalière, mais aussi parce qu’il est considéré comme le saint-patron des hôpitaux psychiatriques.

« Estant doncques amené en l’hospital, un homme, d’esprit esmeu et remué, il faut regarder au commencement cette enragerie ou maladie d’hors du sens est naturelle; ou si par accident elle serait advenue, s’il y a espoir de santé ou de guérison …. les uns ont besoin de calmants et d’un régime, les autres doivent être traités avec bienveillance afin d’être apprivoisés peu à peu comme des bêtes sauvages, d’autres ont besoin d’être éduqués, il en est pour lesquels l’enfermement et les chaînes sont nécessaires, mais on doit en faire usage de telle sorte qu’ils n’en soient pas effarouchés davantage, dans la mesure du possible, il faut introduire dans leurs esprits la tranquillité, point de départ d’un retour facile du jugement et de la raison”.

 Georges Vignaux

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  1. 16 avril 2014 à 12 h 49 min

    Merci pour cet article loin du DSM-5.

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