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La psychiatrie au Xxe siècle : l’après-guerre

21 avril 2014

ImageLa fin de ls seconde guerre mondiale apporte un souffle de liberté et constitue un tournant pour la psychiatrie.

C’est, en premier lieu, le grand chambardement des Institutions, ensuite l’ouverture de la psychiatrie à différents courants, aux sciences humaines, mais aussi aux neurosciences, à l’éthologie, qui vont stimuler les différents axes théoriques de cette fin de siècle et la fécondité des approches pluridisciplinaires.

La désinstitutionnalisation

C’est une période qui voit diminuer le rôle de l’hospitalisation dans des établissements de grande capacité, souvent éloignés des grands centres urbains et l’extension des traitements extrahospitaliers et des structures intermédiaires.

1945 – Au cours des journées nationales de la psychiatrie, Bonnafe dénonce l’internement, cette « conduite primitive », il stigmatise la perversion de l’hôpital et prononce sa condamnation.

1949 – Au congrès de TOURS, Duchêne promeut la nécessité de la continuité des soins dans laquelle l’hôpital n’a plus qu’une place réduite.

1950 – Au premier congrès mondial de psychiatrie à Paris, est posé le déclin général de l’intérêt pour la psychiatrie clinique et la nosographie, ainsi que la diminution progressive de la part des médecins dans Ies soins aux malades mentaux.

1952 – G. Daumezon et P. Koechlin avancent le terme de psychothérapie institutionnelle. L’Institution est, elle-même, thérapeutique lorsque, par l’action du collectif soignant, elle est organisée en lieu de parole et prend le patient dans un réseau relationnel.

1953 – J. Oury ouvre la clinique La Borde, véritable institution laboratoire, référence pour les soins aux malades psychotiques.

L’hôpital est décrit comme un microcosme dans lequel, pour permettre aux malades d’investir leurs conflits, le psychiatre doit fournir des occasions d’identification et de transfert. Tosquelles veut qu’il favorise les échanges et permette le processus de singularisation. Il veut faire éclater l’établissement classique et faciliter la naissance, à sa place, d’un ensemble de lieux institutionnels. Sivadon souligne les contradictions entre ceux qui veulent à l’intérieur des services, des règles de vie éducatives et normalisantes tandis que d’autres veulent favoriser la Iibre expression..

1960 – Le quinze mars, une circulaire signe l’acte de conception d’une idée : le Secteur. Une deuxième circulaire précise que les pavillons ne doivent pas dépasser vingt cinq lits.

1964 – Le Guillant, Bonnafe, Mignot présentent, au congrès de Marseille, leur fameux rapport sur la chronicité : « la relation mobilise, l’Institution fige ». Ils ouvrent l’ère des structures intermédiaires.

1965 – 66 – 67- Les journées du Livre Blanc précisent ce qui est nécessaire pour qu’advienne la sectorisation. 4000 psychiatres obtiennent un statut qui les mobilise, le recrutement des infirmiers et paramédicaux est considérablement augmenté et leur formation considérée comme essentielle.

1968 – Les événements de Mai. La neuropsychiatrie est séparée en neurologie et psychiatrie.

1970 – 1990 – Le mouvement de désinstitutionnalisation atteint sa phase pratique et amène le dépérissement partiel de l’hôpital psychiatrique.

* L’idéologie pèsera plus que les données cliniques et thérapeutiques nouvelles. Une connaissance de chaque pays, de chaque département est absolument nécessaire pour comprendre la réalité et la signification des Institutions. L’Institution laisse la place aux institutions. C’est la relation psychothérapique qui est reconnue comme primordiale.

Toutes ces démarches conduisent progressivement à une coupure entre les structures extrahospitalières jugées seules valables et le traitement intrahospitalier conçu comme l’ultime recours devant l’échec des soins.

Diatkine, dès 1974, avait rappelé qu’il faudra toujours des centres hospitaliers spécialisés. La question essentielle est de veiller à ce qui s’y passe et qu’ils soient vivants.

La dernière décennie tend à un recentrage. Différents documents administratifs ont consacré la politique de secteur. Le sujet de la psychiatrie, l’homme malade, est revenu au centre des débats, en lieu et place des idéologies.

 Georges Vignaux

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