Accueil > Non classé > La folie vue et traitée par les Romains

La folie vue et traitée par les Romains

17 mai 2014

ImageSi les Grecs faisaient la différence entre la maladie (« nosos ») et le mal (« kakos »), les Romains confondent les deux :

« Mobus » veut dire maladie et chagrin.

« Malum », c’est à la fois le mal, le malheur et la maladie.

« Salus » signifie la santé et le salut.

Celse, médecin sous l’empereur Auguste et auteur du « De arte medica », réintroduit la démonologie et le charlatanisme. Il décrit ainsi l’épilepsie comme une possession.
Pour lui, la peur représente le seul traitement possible de la folie; grâce à elle, on peut chasser les mauvais esprits qui habitent le malade . Il conseille donc les privations, les réprimandes, l’usage des chaînes et de l’isolement.

Galien est, lui, un rationaliste convaincu. Son influence pèsera sur la médecine occidentale pendant des siècles. Il adapte les théories d’Hippocrate. Ainsi, il pense que la mélancolie est due à la bile noire et les délires aigus à la bile jaune.

Le médecin Asclépiade, qui exerce lui aussi à Rome, fonde une École qui s’oppose aux doctrines organiques d’Hippocrate. Il est persuadé que les maladies mentales ont souvent des causes affectives. Il prescrit des bains, des massages, de la musique, et des traitements humains aux malades.

Le philosophe Ciceron s’intéresse également aux troubles mentaux. Il est une sorte de précurseur de la médecine psychosomatique. Il n’associe pas la mélancolie à une perturbation de la bile noire, mais à des troubles affectifs. Pour lui, le remède à la maladie de l’âme est la « volonté » .

Il rejoint ainsi les philosophes grecs qui pensent que l’homme peut devenir responsable de son comportement, normal ou anormal, de sa maladie ou de sa santé.

La reconnaissance médicale de la folie, durant l’antiquité, passe par la primauté des causes organiques. Mais, peu à peu, apparaissent d’autres explications qui accordent place à la psychologie et à des méthodes de traitement autres que les saignées, les purgations, les émétiques ou la peur.

Mais, cette vision plus réaliste de la folie va très vite se teinter d’obscurantisme au cours du moyen âge, avec le retour des explications surnaturelles.

En résumé, l’Antiquité est une période riche d’enseignement, qui a su développer une approche psychosociale de la maladie mentale. On peut considérer qu’à cette époque-là, les premières bases de la psychiatrie actuelle étaient déjà esquissées.

Georges Vignaux

Publicités
Catégories :Non classé
%d blogueurs aiment cette page :