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La Renaissance : les progrès de la médecine

20 mai 2014

ImageDans une époque encore baignée de superstitions, la médecine parvient malgré tout à avoir une attitude un peu plus scientifique.

Avec la possibilité de disséquer des cadavres – ce qui, auparavant, était interdit par crainte de laisser s’échapper l’âme – l’approche de l’anatomie devient plus réaliste. Léonard de Vinci réussit à faire des coupes du cerveau.

André Vésale, médecin et chirurgien, pratique beaucoup de dissections de corps humains. Il publie une oeuvre énorme en 1543 : « Sept livres sur la structure du corps humain » . Vésale corrige les erreurs de Galien, telles que la « côte manquante » de l’homme, les « lobes du foie», les « cavités du cœur » ou la « courbure du fémur » . Il différencie le cerveau humain de celui de l’animal et y distingue la substance blanche et la substance grise. Avec Vésale, l’anatomie devient une science.

Ambroise Paré, chirurgien dans les armées de François Ier met au point une technique de ligature des artères après amputation, qui remplace la douloureuse cautérisation au fer rouge.

Il rédige un « Traité de la peste, de la petite vérole et de la rougeole » , dans lequel il considère ces fléaux comme des maladies et non pas comme des punitions divines. Il définit aussi plus précisément la notion de contagion.

L’humanisme : une nouvelle approche de la folie

La science et la raison s’opposent aux pratiques magiques, pour aller dans le sens d’une meilleure connaissance du corps humain, du caractère, du comportement et des maladies. La recherche de vérité ne passe plus par Dieu.

Un véritable esprit humaniste se développe et impose un changement de la société, des coutumes et des modes de pensée.

Brandt et Erasme vont se servir de la folie, non pas pour décrire le dément ou le malade qui souffre, mais pour réaliser une satire, une caricature des défauts et des paradoxes de la société.

-La Nef des Fous de Sébastien Brandt (1494) :

C’est la Nef des pauvres, des errants, des « sans boussole » (ou des déboussolés), qui sont rejetés, exclus et accusés de transporter les fléaux comme la peste et la lèpre. C’est une fiction littéraire écrite en vers:

« Les rues grouillent de fous

Qui battent la campagne

C’est pourquoi en ce jour

Je cherche à équiper

Toute une armée navale

Pour les embarquer tous ».

Brandt utilise l’image négative de la folie.

La déraison ne porte plus à rire comme au moyen âge. Elle représente maintenant le désordre et la mort, puisque c’est l’humanité entière qui, symbolisée par cette Nef des fous, s’en va, insouciante, vers un naufrage inévitable.

-L’Eloge de la Folie d’Erasme (1509) :

C’est une réponse à la Nef des Fous.

Erasme réhabilite la folie en lui accordant une image positive :

« Si tous les hommes sont fous, un seul homme sensé ne pourrait être qu’un Fou véritable » .

La folie ne conduit plus l’humanité à un naufrage. Au contraire, elle délivre l’homme du respect des lois trop rigides.

La déraison devient salutaire et équilibrante :

« C’est une grande sagesse que de savoir être fou à propos » .

Erasme décrit le monde vu à travers les yeux de la folie : C’est un monde aussi cohérent que celui vu à travers les yeux de la raison.

La folie est une sagesse et celui qui la possède ne peut que mieux voir… Elle adoucit les peines et les misères de l’existence en les rendant plus compréhensibles.

On prend conscience que la folie reste relative, puisque c’est toujours la société qui en fixe les limites. A la suite d’Erasme, les philosophes et les écrivains humanistes s’orientent vers une révision du jugement porté sur les fous. La folie n’est pas qu’une simple déraison, elle apporte une meilleure connaissance de l’être humain.

En littérature, la façon de penser et de s’exprimer change. Elle est animée d’un désir de liberté qui combat l’idée théologique de la vérité révélée du Moyen âge. La religion et le sacré n’ont plus le pouvoir de tout expliquer.

Et la philosophie enseigne que l’homme, avant d’être érudit et bon chrétien, est d’abord un organisme vivant qui doit apprendre à mettre toutes ses facultés au service de sa vie.

Rabelais décrit les passions charnelles, ces pulsions fondamentales, que l’on passait sous silence depuis des siècles. Il y a cette vérité sur la nature humaine que l’on ne peut découvrir que par l’observation et l’expérience vécue.

Montaigne, réaliste, décrit les sentiments, les caractères, les comportements. Il analyse les actions humaines comme dirigées par une force intérieure, une conscience organisatrice qui met tout au service de la vie.

Ses réflexions l’amènent à considérer que la folie n’est pas éloignée de la normalité :

« Il n’y a qu’un demi-tour de cheville pour passer des plus excellentes manies aux plus détraquées » ( les Essais 1580).

Machiavel, comme Montaigne, délaisse l’abstraction. Les conseils qu’il donne au « Prince » (1513) se fondent sur une connaissance objective des interactions humaines. Les comportements sont décrits comme des phénomènes naturels, sans faire l’objet d’un jugement moral.

D’autres écrivains vont reconnaître cette part de folie inhérente à une nature humaine qui, jusqu’à présent, se voulait bien trop raisonnable :

Pascal : « Les hommes sont si nécessairement fous que ce serait être fou par un autre tour de folie que de ne pas être fou ». ( Les Pensées 1658)

La Fontaine : « On voit courir après l’ombre tant de fous qu’on n’en sait la plupart du temps le nombre » .

Georges Vignaux

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