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La Renaissance : Médecins et sorcières

21 mai 2014

ImageQuelques médecins alors n’approuvent pas les exécutions de « sorcières ». Influencés par le courant humaniste, ils pensent que la science doit s’opposer à ces pratiques jugéess barbares.

Paracelse, alchimiste, astronome et médecin, célèbre alors, s’insurge contre l’autorité des anciens en matière médicale.

Selon lui, les maladies mentales résultent non pas de l’influence des démons, mais de perturbations de la substance intérieure du corps, que l’on peut guérir avec des médicaments.

Il invente l’éther et fabrique quantité de remèdes dont il refuse de livrer le secret.

Il constate aussi que la relation médecin malade joue un rôle important dans l’évolution des maladies.

Weyer, un autre médecin, s’occupe du Duc de Clèves qui souffre d’une dépression chronique.

En s’intéressant à de nombreux cas de sorcellerie et de possession, il tente de démontrer la fausseté des accusations. Il prouve que les sorcières sont bien souvent des malades mentales qui nécessitent des soins donnés par un médecin au lieu d’être interrogées et persécutées par des ecclésiastiques.

Il publie en 1563 un ouvrage intitulé « De l’imposture des démons » qui réfute point par point le Malleus malleficarum.

Comme Hippocrate, il soutient que ce sont les médecins eux-mêmes qui, quand ils sont incapables de guérir certaines maladies, font appel au démon pour les expliquer.

 

Classification des maladies mentales :

 

Mais dans le domaine clinique proprement dit, c’est encore la pensée galénique qui conserve tout son poids.

Jean Fernel, médecin de Henri II, classe ainsi les maladies mentales :

– Maladies avec fièvre :

Frénésie : par atteinte directe du cerveau.

Parafrénésie : par atteinte du nerf sympathique.

– Maladies sans fièvre :

Mélancolie : soit triste (états dépressifs)

soit avec lycanthropie

soit avec excitation (manie, délires de persécution )

– Affaiblissement mental :

Perte de l’intelligence due à une commotion, à une intempérie froide ou de naissance .

Etats stuporeux dus à une abondance de pituite.

L’hystérie et l’épilepsie sont classées à part.

Pendant la Renaissance, même si l’Inquisition brûle énormément de sorcières, et d’insensés, les progrès des sciences, la raison des philosophes démontrent que Satan n’est pour rien dans la folie.

La maladie mentale tente donc de s’arracher de ses anciennes parentés avec la sorcellerie et la démonologie pour être reconnue comme une pathologie naturelle dont on essaye de déterminer les causes et les effets.

Quelques hospices s’orientent déjà vers une prise en charge de la folie :

Bethleem en Angleterre, devenu Bedlam en 1547, est un établissement réservé aux insensés.

L’ordre de St Jean de Dieu crée les hospices de la Charité, à Charenton, Lyon, Lille, etc.

L’ordre de la première Croix Rouge ouvre aussi des institutions.

Mais la bataille contre la superstition est encore loin d’être gagnée.

 Georges Vignaux

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