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Le XVIIe : De la raison à la science

28 mai 2014

ImagePhilosophes, médecins et scientifiques remettent alors en cause le savoir existant. Ils ambitionnent de découvrir et comprendre l’ordre rationnel et scientifique qui régit le monde.

Galilée confirme les hypothèses de Copernic « La nature est écrite en langage mathématique ». La terre n’est pas le centre du monde. L’univers n’est pas statique.

Newton prouve aussi que des lois régissent l’action des forces gravitationnelles.

De nombreuses sociétés savantes et académiques voient le jour et font paraître des journaux. La science s’impose, au sens moderne du mot, pour combattre les idées reçues, les croyances erronées du passé .

Harvey :

Chirurgien anglais, il apporte un renouveau au niveau médical en ce qui concerne la circulation du sang. Il démontre que le rythme cardiaque est à deux temps et non à quatre, comme on le croyait jusqu’alors, et, que la circulation s’effectue dans un circuit fermé où le coeur est la pompe :

« Le sang traverse les poumons et le coeur, le coeur l’envoie par les artères à tout l’organisme, ensuite il passe dans les tissus et dans les veines et revient par celles-ci des extrémités vers le centre pour aboutir à l’oreillette droite du cœur ». (extrait de « De Motu Cordis » 1628)

Les Éclaircissements d’Harvey, au sujet de la circulation sanguine, bien que ne faisant pas l’unanimité des médecins de l’époque, sont défendus par Molière, La Fontaine, Boileau, etc…

L’art médical veut s’affirmer comme une science rationnelle.

Descartes :

Persuadé que le corps humain peut être comparé à une mécanique, il développe sa théorie sur les « animaux machines ».

Il s’efforce aussi de définir une méthode de réflexion nouvelle qui pose les principes du raisonnement scientifique. Il faut, selon lui, progresser de certitudes en certitudes. Seules l’expérience et l’observation doivent guider l’esprit moderne de découverte.

Son « Discours sur la méthode » (1637) inspire tous les intellectuels de l’époque.

Et c’est avec la même logique qu’il en vient à parler de la folie dans son « Traité des passions » (1649) . Il reprend la vieille séparation du corps et de l’esprit et considère l’âme comme une substance pensante n’ayant aucune interactionavec le corps.

Son « cogito ergo sum » établit définitivement ce partage du soma et du psyché qui demeure encore aujourd’hui :

« Celui qui pense ne peut pas être fou » . Raison et déraison ne peuvent pas cohabiter chez un même individu.

Et pour donner l’étiologie de la folie, Descartes la considère comme enracinée dans le corporel. Il élabore à ce sujet une curieuse théorie neurophysiologique :

« Les aliments, digérés dans l’estomac, fournissent au sang d’infimes parties qui parviennent au cerveau. Elles pénètrent dans la glande pinéale (actuelle épiphyse) où elles forment les « esprits animaux ».

« De là ensuite, elles vont dans les nerfs et excitent les fibres ».

La glande pinéale est donc le lieu où interagissent l’âme et le corps. Les « esprits animaux » peuvent parfois, par leur mouvement, être la cause d’une trop grande sensibilité et des émotions de l’âme.

Ils peuvent s’échauffer, sans que l’âme y prenne part, et se manifester par les réflexes et les mouvements involontaires, par le rêve ou le délire.

Cette théorie neurophysiologique fantaisiste est adoptée par nombre de médecins et de philosophes contemporains de Descartes.

Ainsi, la folie se trouve réduite à n’être qu’un phénomène purement organique.

Molière :

Extrait du « Malade imaginaire » :

Mr Purgon (ou purge) ne sait que prescrire des lavements

Choeur : « Que doit-on faire lorsque l’on est malade ? »

Argan: « Primerum, clysterium donare

Ensuita, purgare

Tertium, sagnare »

Choeur : « Et quid, illi facere, si maladia opiniatria ? »

Argan: « Repurgare et resagnare »

Choeur : « Bene, bene respondere, tu es digne d’être

médecin ! »

Même si les vieilles idées du passé paraissent démodées et attirent la méfiance et l’ironie, elles n’en continuent pas moins de perdurer.

Louis XIII reçut 315 lavements en une année.

Louis XIV endura plus de 2000 purgations au clystère ou au séné, au cours de sa vie.

L’usage de la ventouse ou des sangsues, après des scarifications sur le dos ou les fesses, est toujours préconisé pour évacuer les fameuses odeurs peccantes, les dépôts résolutifs coupables de tous les maux et, entre autres, de la folie.

La maladie mentale, avec son origine organique, reste confondue avec la maladie physique. Elle en partage les mêmes traitements.

 

Georges Vignaux

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