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Le XVIIIe : la classification appliquée à la maladie mentale

5 juin 2014

ImageL’Encyclopédie exprime ce mouvement de contestation générale qui remet en cause le savoir existant, la monarchie et les dogmatismes religieux.

De nouvelles valeurs, développées dans le « Contrat Social » de Rousseau (1762) ou dans « l’Esprit des Lois » de Montesquieu (1748) vont inspirer la déclaration des droits de l’homme et la révolution. On proclamera la souveraineté du peuple et l’égalité des hommes devant la loi.

Siècle des lumières où le raisonnement, rejetant les théories classiques, théologiques ou galéniques, veut s’appuyer sur l’observation et l’analyse objective des phénomènes. Partant de la réalité vécue, on décrit ce que l’on voit avec méthode. Il s’agit de mettre de l’ordre dans les connaissances et de les répertorier dans un dictionnaire.

Et la médecine n’échappe pas à cette obligation.

Suivant l’exemple de la botanique, les maladies sont rangées en espèces, classes ou genres. Cette passion pour les classifications concerne aussi la folie qui trouve sa place parmi les pathologies.

Ainsi commence un énorme travail sur la nosographie des maladies mentales.

Mais alors  que l’on cherche à définir toutes les manifestations de la folie, la condition de vie de l’aliéné reste toujours aussi déplorable.

Le combat engagé contre la pauvreté depuis le siècle passé n’a pas porté ses fruits . De nombreux indigents encombrent encore le pays, malgré le renforcement de la politique répressive qui les conduit toujours à l’enfermement.

Et parmi eux, le fou se fait encore davantage remarquer. Il devient urgent et indispensable de créer des structures d’accueil supplémentaires pour les insensés.

Cependant, au nom de la liberté et du respect des individus, valeurs de l’Encyclopédie, on commence à s’insurger contre les mesures d’internement et les mauvais traitements pratiqués à l’asile.

Le XVIII e siècle, comme le XVII e, n’échappe pas non plus, à certaines contradictions :

Concernant la folie, ce sont les explications organiques classiques qui prédominent encore : étiologiquement, elle reste cette maladie du « bas ventre », que l’on tente parfois, paradoxalement, de traiter par des méthodes psychologiques ou morales.

Pinel libère les aliénés de leur chaînes pendant que la guillotine fait tomber des têtes.

L’homme est déclaré naturellement bon par les philosophes alors que le siècle connaît une révolution sanglante.

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