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Le XXe siècle : Les philosophes et l’inconscient

5 juillet 2014

– Le philosophe William James (qui sera membre du premier Comité d’Hygiène Mentale aux USA, en 1908 ) conçoit l’esprit comme un organisateur qui utilise les souvenirs, les expériences et les apprentissages passés pour les mettre au service de l’adaptation et de la construction de la personnalité.

Selon lui, l’activité du psychisme obéit à une loi qui ne dépend pas de la volonté consciente ou du respect des règles morales. Cette loi est une force intérieure dynamique et incontrôlable qui recherche constamment le plaisir, tout en essayant de maintenir une stabilité de l’équilibre vital et de la tranquillité psychique.

– Le philosophe allemand Schopenhauer (« Le Monde comme volonté et comme représentation » 1819) nomme cette volonté inconsciente le «Vouloir-vivre ». Il remplace le «cogito ergo sum » démodé par le « volo ergo sum ».

Autrefois appelée « esprits animaux », cette force irrationnelle a le pouvoir de gouverner l’homme à son insu. Elle n’est pas dirigée par la raison et la morale, mais par des pulsions instinctuelles, des passions qui échappent à l’emprise de la conscience.

– Nietzsche (« Généalogie de la morale », 1887 ; « Ainsi parlait Zarathoustra », 1883 ) reste persuadé qu’au contraire, l’homme doit développer davantage cette volonté irrationnelle. Elle représente ce qu’il y a de plus fondamental dans son existence, c’est-à-dire sa véritable condition humaine. Il ne faut pas qu’elle soit étouffée par la morale, la religion, et la science qui lui donnent l’illusion de posséder la maîtrise complète de son adaptation à la réalité.

– Kierkegaard, philosophe danois (« Le journal d’un séducteur », 1843), adapte la même position que Nietzsche. Il pense que faire confiance aux possibilités scientifiques est un leurre qui nous éloigne de la connaissance de notre vérité intérieure d’être humain.

C’est en mettant en valeur, grâce à l’introspection, la richesse de sa vie subjective, en partant à la découverte de son propre moi, que l’homme peut réaliser que le sens profond de son existence se trouve d’abord dans la connaissance de soi.

Kierkegaard, en ce sens, s’affiche lui aussi comme un précurseur de la psychanalyse. Il considère que tous les phénomènes psychologiques font partie des phénomènes naturels et obéissent à une force irrationnelle universelle. Les comportements ne sont pas déterminés par la raison ou la morale, mais par cette volonté biologique intérieure.

– Hartmann, un autre philosophe allemand (« La philosophie de l’Inconscient » 1896), va donner un nom à cette énergie dynamique intérieure qui préside à la destinée humaine.

Depuis des siècles, avec les notions d’ « esprits animaux », de « passions », de « volonté irrationnelle », on tentait d’expliquer ce phénomène que Platon avait déjà constaté : le contenu mental n’est pas toujours conscient et l’homme n’a pas le contrôle de son psychisme.

Désormais, cette partie cachée de l’être humain qu’est sa vie subjective reçoit un nom : l’«Inconscient ».

Georges Vignaux

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