Accueil > Non classé > Schizophrénie : les causes génétiques

Schizophrénie : les causes génétiques

4 août 2014

Une vaste étude a permis d’identifier plus d’une centaine de variations génétiques associées au risque de développer une schizophrénie.

Réalisée par un consortium de 300 généticiens, issus de 35 pays différents, l’étude est publiée dans la revue scientifique Nature

128 variations génétiques

Cette étude, dite d' »association pangénomique » (GWAS en anglais, pour genome-wide association study), repose sur une vaste exploration du génome de nombreux individus, bien portants et atteints, afin de trouver et localiser sur le génome des variations génétiques associées à une maladie, en particulier avec des mutations génétiques courantes dont l’accumulation peut jouer un rôle déterminant.

C’est l’étude génétique la plus importante conduite jusque-là dans le domaine psychiatrique : elle a porté sur plus de 150.000 individus, dont près de 37.000 patients.

RÉSULTATS. On a ainsi identifié, à partir de plus de 80.000 prélèvements, 128 variations génétiques indépendantes, dans 108 régions précises du génome, dont 83 nouvelles, pouvant contribuer à la prédisposition à la maladie.

La plupart de ces variations concernent des gènes impliqués dans la transmission de l’information entre les neurones (« neurotransmission ») et dans des fonctions essentielles à la mémoire et l’apprentissage.

Des associations supplémentaires entre des gènes de l’immunité et le risque de schizophrénie confortent en outre l’hypothèse d’un lien entre une dysfonction du système immunitaire et la maladie. La plupart des mutations (ou variations) sont courantes.

Vers de nouveaux traitements ?

SYMPTÔMES. La schizophrénie, qui survient généralement à l’adolescence ou chez le jeune adulte, touche plus 24 millions de personnes dans le monde. Elle se manifeste par des épisodes aigus de psychose, pouvant inclure hallucinations et délires, et divers symptômes chroniques se traduisant par des troubles affectifs et intellectuels.

« Des traitements sont disponibles mais leur efficacité mérite d’être améliorée », soulignent les chercheurs. « Les médicaments actuels traitent en effet les symptômes de la psychose mais ont peu de portée sur l’affaiblissement des capacités cognitives », note le Broad Institute américain dans un communiqué.

« Ces nouveaux résultats pourraient stimuler le développement de nouveaux traitements pour la schizophrénie », estime Michael O’Donovan, de l’Université de Cardiff en Grande-Bretagne, principal auteur de cette recherche. De plus, « cette découverte confirme que la génétique est une cause majeure de la maladie » soulignent deux spécialistes Jonathan Flint et Marcus Munafo (Grande-Bretagne) dans un commentaire dans la revue, en rappelant que le déni des « racines biologiques » de la maladie a souvent prévalu et a fait l’objet d’un rejet.

D’après Sciences & Avenir, 22.07.2014

 

Georges Vignaux

Publicités
Catégories :Non classé
%d blogueurs aiment cette page :