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Troubles bipolaires : mieux comprendre et mieux traiter

5 août 2014

Le «prix d’innovation Marcel-Dassault» 2012 a été decerné à Stéphane Jamain pour financer des recherches sur cette maladie, qui touche près de 600.000 adultes en France.

La psychose maniaco-dépressive, dite encore maladie bipolaire de type 1, affecte 1 % de la population dans sa forme pure, mais 4 % souffrent d’une forme édulcorée, dite de type 2.

Ces troubles se manifestent par des phases de dépression alternant avec des moments d’excitation, d’insomnie, de sentiment d’euphorie et d’idée de grandeur. Ils se distinguent des dépressions réactionnelles par l’absence de facteurs déclenchants clairs.

La Fondation FondaMental, réseau de coopération scientifique en santé mentale présidée par le professeur Marion Leboyer, a développé des centres experts, associant cliniciens et chercheurs.

C’est dans ce cadre que Stéphane Jamain (Institut Mondor de recherche biomédicale) avait reçu le prix «Projet d’innovation Marcel-Dassault» 2012 pour financer des recherches sur «troubles bipolaires et fusion vésiculaire». L’objectif consiste à comprendre ce qui se passe au niveau moléculaire entre les neurones du cerveau d’un malade pour qu’il sombre alternativement dans des phases de dépression ou dans des périodes d’excitation pathologique.

Vulnérabilité génétique

Quelle est la cause de ces troubles? S’il s’agit d’une pathologie complexe, on sait depuis plus de cinquante ans, grâce aux études sur les jumeaux, que la maladie aurait une composante génétique importante. «De récentes études collaboratives menées au niveau européen ont démontré que les formes à début précoce sont plus sévères et plus familiales, ce qui indique une influence plus forte des facteurs génétiques, explique Stéphane Jamain. Des travaux dans ces sous-groupes de patients ont mis en cause deux familles de gènes liés à la même voie biologique. Ces gènes codent pour des protéines impliquées dans le mécanisme de fusion nucléaire qui permet la libération des neurotransmetteurs.»

En clair, l’anomalie génétique en cause pourrait perturber la transmission de l’information d’un neurone à l’autre. Ce qui pourrait contribuer à provoquer chez le patient des accès maniaques ou au contraire des phases de dépression.

Le projet de recherche primé visait donc à comprendre l’impact des mutations génétiques décrites sur les chaînes moléculaires de neurotransmission au niveau des neurones. Il s’agit de faire le lien entre une anomalie génétique et ses conséquences au niveau du cerveau des malades et au final des conséquences sur son comportement.

Huit centres spécialisés

Dans le cadre de la fondation FondaMental, déjà, les centres experts ont bouleversé l’approche de la prise en charge des maladies mentales. Pour l’instant, huit centres ont été créés, spécialisés dans le diagnostic et la prise en charge de la schizophrénie, des troubles bipolaires, de l’autisme et des dépressions résistantes.

Leur objectif est de proposer un bilan diagnostic complet en hôpital de jour. Un compte rendu détaillé est remis au médecin avec des préconisations thérapeutiques adaptées.

Par ailleurs, grâce à l’évaluation de larges cohortes de patients, ces centres sont devenus des plates-formes de développement de la recherche clinique et fondamentale.

 D’après Martine Perez, 18.10.2012

 Georges Vignaux

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