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Maladies mentales: Pourquoi les Français en ont-ils peur?

13 août 2014

Les maladies mentales représentent la principale cause de handicap à l’horizon 2020 et tuent 12.000 personnes chaque année. Pourtant les Français ont une méconnaissance flagrante des maladies mentales (regroupant entre autres les troubles bipolaires, la schizophrénie, l’autisme de haut niveau ou syndrome d’Asperger, les dépressions résistantes, les conduites suicidaires, les TOC résistants et le stress post-traumatique), comme le révèle une enquête Ipsos FondaMental-Klesia. Selon le professeur Marion Leboyer, responsable du pôle de psychiatrie et addictologie des hôpitaux universitaires Henri Mondor, c’est l’insuffisance de prévention et d’information qui est à l’origine de l’ignorance et des préjugés.

Alors que plus d’un Français sur deux (58 %) se dit concerné par le sujet, 46 % associent spontanément les pathologies mentales à des maladies pourtant neurologiques comme Alzheimer (38 %), la maladie de Parkinson. Deux Français sur cinq comparent la maladie mentale à la folie. Par ailleurs, l’image sociale des personnes atteintes de maladies mentales reste liée à la dangerosité et à la dépendance. Près d’un Français sur deux pense que les personnes touchées ne peuvent assumer la responsabilité d’une famille. Un sur trois se dit gêné de travailler avec un malade mental.

Des facteurs de risques connus

«Les gens ont peu d’information sur un sujet, donc ils en ont peur. Or ce sont des maladies comme les autres, note le professeur Leboyer. Les médias véhiculent souvent des événements négatifs qui associent la maladie mentale à la violence. Or ces cas-là sont très rares et à chaque fois amplifiés.» Quelle est la nature de ces pathologies? Quels sont les risques qu’elles entraînent? Quels sont les modes d’accès aux soins? Voilà les questions auxquelles le grand public n’a pas de réponse aujourd’hui.

Ce manque d’information spécifique à la France aurait des incidences sur le traitement même des maladies. Une communication plus importante pourrait être effectuée sur les facteurs de risque connus (hygiène de vie, traumatismes infantiles ou consommation de cannabis). Les progrès à réaliser en matière de dépistage seraient aussi immenses. Actuellement un délai moyen de dix ans existe entre l’apparition des premiers symptômes de troubles bipolaires et l’instauration d’un traitement adapté. A l’avenir, la fondation FondaMental réclame un effort pédagogique similaire à ce qui a déjà été fait sur le cancer, l’obésité ou le sida.

 D’après Romain Scotto, 20minutes.fr, 11.06.14

 Georges Vignaux

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