Accueil > Non classé > Le rêve télépathique. Avancées expérimentales et cliniques (2)

Le rêve télépathique. Avancées expérimentales et cliniques (2)

16 août 2014

Méthodes [ ?]

Les premières études furent conduites en 1964 au Maimonides Medical Center de Brooklyn à New York, sous la direction du Dr Stanley Krippner. Le sommeil de chaque sujet était enregistré par encéphalographie, et on réveillait celui-ci à la fin de chaque période de REM pour qu’il raconte son rêve. Un agent, ou émetteur, passait la nuit dans une pièce séparée et tentait d’influencer les rêves du sujet par télépathie en se concentrant à intervalle régulier sur des images cibles, particulièrement aux moments où il recevait le signal indiquant que la période de REM avait commencé pour le dormeur. Une fois le sujet couché, la cible, généralement une reproduction d’oeuvre d’art, était sélectionnée au hasard par l’émetteur parmi un assortiment d’images placées dans des emballages opaques scellés. Seul l’émetteur avait connaissance de la cible choisie pour cette nuit-là, au cours de laquelle il restait dans la même pièce totalement isolée du point de vue acoustique, à la fois du sujet et de l’expérimentateur. Puis le déroulement des rêves était retranscrit à partir de l’enregistrement des comptes-rendus qui en étaient faits. Des copies de ces documents ainsi que les copies des images cibles utilisées pour chacune des séries d’expériences, étaient remises à trois examinateurs indépendants, qui évaluaient les liens entre les documents sans avoir connaissance de l’expérience en cours. L’hypothèse qui était testée était que le tableau onirique de tel sujet pour telle nuit expérimentale révèlerait l’influence de la télépathie, par la présence, dans les rêves du sujet, de correspondances avec l’image cible visualisée par l’émetteur. Douze reproductions célèbres – de 13 x 21 cm environ- furent choisies comme cibles expérimentales. Pour une nuit donnée, l’une des cibles était sélectionnée au hasard et ouverte par l’émetteur dans une pièce située à distance du sujet. Ce dernier restait dans sa chambre toute la nuit. Son sommeil et le rythme de ses REM étaient contrôlés sur un électroencéphalographe dans une pièce de contrôle adjacente. Toute communication verbale entre le sujet S et l’expérimentateur E était enregistrée. Douze sujets différents furent sollicités pour la première étude. Le matin, les associations formées par le sujet étaient ajoutées aux rêves déjà rapportés. Plus tard, les retranscriptions faites à partir des enregistrements étaient envoyées à trois expérimentateurs extérieurs et indépendants, qui n’avaient aucunement connaissance de la procédure. Les juges recevaient les douze cibles qui pouvaient avoir été choisies par l’émetteur, et on leur demandait de les classer dans l’ordre décroissant de leur rapprochement avec chaque série individuelle de rêves, en fonction des rêves et des associations formées par le rêveur. On invitait ensuite les juges à exprimer un degré de confiance pour chacun des classements. Et on demandait également au sujet d’observer ses rêves en fonction des cibles, avec les mêmes consignes. Les classements effectués par les sujets étaient traités de façon similaire. Les classements étaient également évalués par la loi de distribution binomiale, les rangs 1 à 6 représentant les succès, et les rangs 7 à 12 représentant les échecs. Le classement par le sujet était considéré comme significatif à 0,05.

  1. Première sélection

Pour cette étude, douze sujets volontaires ont passé chacun une nuit au laboratoire. Deux membres du personnel, un homme et une femme, alternaient en tant qu’émetteurs, tentant d’influencer les rêves des sujets par télépathie. Les images utilisées étaient de célèbres reproductions d’oeuvres d’art, choisies au hasard pour chacune des nuits, une fois que les sujets étaient couchés. Le lendemain matin, on demandait aux sujets de comparer les réminiscences de leurs rêves avec la collection entière des oeuvres d’art, en choisissant celle qui leur semblait le mieux correspondre à leurs rêves, tout en rangeant les autres reproductions dans l’ordre décroissant de correspondance.

  1. La première étude de Erwin

Le Dr Erwin, dont les correspondances cibles/rêves étaient les plus directes pour la Série I, fut associé à l’émetteur homme à partir de la première sélection, pour une série de sept nuits.

III. La seconde sélection

Douze différents sujets et deux émetteurs furent sollicités pour une autre série de douze nuits.

  1. L’étude du Dr Posin

Le Dr Posin, qui participa à la Série III, fut associé à l’émetteur avec lequel il avait travaillé durant la nuit qu’il avait passée au laboratoire.

  1. L’étude de T. Grayeb
  2. Grayeb, autre sujet de la Série III, fut choisi pour cette étude de seize nuits. Sans connaître le sujet, l’émetteur se concentra sur la cible huit nuits durant, mais pendant les huit autres nuits, il n’y eut ni émetteur ni cible. Les conditions étaient déterminées au hasard une fois que le sujet était couché.
  3. La deuxième étude du Dr Erwin

Le Dr W Erwin fut à nouveau associé avec l’émetteur de la Série II pour une étude de huit nuits. L’oeuvre d’art s’accompagnait chaque nuit d’une boîte d’outils « multi sensoriels », qui devait venir renforcer l’émotion suscitée par la cible. Par exemple, le tableau d’Honoré Daumier ‘Conseils à un jeune artiste’, était accompagné de toiles et de couleurs, pour que l’émetteur puisse se mettre « dans la peau » du peintre.

L’étude de Van de Castle

Le Dr R. Van de Castle, avait en tant que sujet produit plusieurs correspondances directes entre cibles et rêves, dans le cadre d’une étude menée par un autre laboratoire, et il fut autorisé à choisir lui-même ses émetteurs au sein du personnel du laboratoire, pour la série de huit nuits. A la fin de cette étude, on eut la possibilité d’explorer de façon très approfondie des rêves qu’il avait faits, d’agressions et de sexe, à fort impact télépathique. Ce qui semblerait confirmer qu’à la fois du point de vue anecdotique et du point de vue clinique, les événements paranormaux sont liés à des éléments affectifs.

Résultats

Après un examen attentif de la méthode et des données, Child (1985) récapitula les résultats statistiques sur l’ensemble des expériences menées sur le rêve paranormal (dont plusieurs portaient sur le rêve précognitif), au centre médical Maimonides.

Tout en incluant dans son évaluation une critique des diverses tentatives de reproduction de l’expérience, il concluait ainsi :

« Il apparaît clairement que la tendance aux succès plutôt qu’aux échecs ne peut raisonnablement être due au hasard. Il existe bien un lien de nature systématique -c’est-à-dire non dû au hasard- au niveau de la ressemblance entre les rêves et les cibles (Child 1985, p. 122). Les expériences menées au Centre médical Maimonides sur la possibilité de perception extra sensorielle au cours des rêves méritent toute l’attention des psychologues intéressés à un titre ou à un autre par les questions de PES (perception extra sensorielle). Pour les tenants de l’impossibilité de la PES, elles posent un défi difficile à relever pour détecter d’éventuelles failles expérimentales, ou d’autres éventuelles sources d’erreur. Pour ceux qui conçoivent l’existence de la PES, elles apportent des informations sur les circonstances qui sont ou non favorables à sa mise en évidence, et sur les méthodes possibles de recherche (Child 1985, p. 128). »

La forme

Il est constaté empiriquement qu’au moins en certaines occasions, des formes contenues dans l’image cible parviennent au sujet plus clairement encore que le contenu de l’image lui-même. Ceci concerne autant des cibles complexes que simples, où la forme elle-même est un trait dominant de l’image. Il existe deux techniques expérimentales pouvant utiliser la perception d’effets télépathiques, et pour lesquelles le travail repose sur des similitudes basées sur la forme. Les deux techniques limitent l’entrée d’information, mais de façon distincte. Les présentations tachistoscopiques reposent sur un temps d’exposition très court, tandis que le travail basé sur une image rétinienne stabilisée limite ordinairement l’information collectée, qui est maintenue par des mouvements oculaires effectués en fixant un objet. De nombreuses expériences ont été menées, à partir de l’intérêt accru pour le phénomène de Pötzel, montrant que des signaux perçus hors de la conscience peuvent donner lieu à des illusions perceptives, et influencer l’activité cognitive de résolution de problèmes. Ericksen (1958) suggère que ce qui se passe suite à la présentation d’un stimulus subconscient, n’est pas l’enregistrement du stimulus à un niveau inconscient, mais une réponse perceptive fragmentaire et partielle. L’état de rêve activé est ainsi amené à apporter certaines formes de réponse à ce percept qui ne peut être identifié, ce qui lui donne une apparence proche de celle du stimulus d’origine. Ce qui se passe est l’inverse même de l’explication dynamique habituelle en termes de perception inconsciente, de refoulement, et de réapparition via le canal de la censure et le travail du rêve. L’apparition dans le rêve est basée non sur un seuil abaissé de perception inconsciente, mais plutôt sur un seuil abaissé durant l’état de REM, en raison de l’activation de systèmes de réponses caractéristiques, qui ont comme effet d’instaurer au moins certains traits du stimulus d’origine. Klein (1959) est d’accord avec le fait que pour que la discrimination soit effective, il doit exister une certaine partialité lors de l’enregistrement dans la conscience. Il insiste sur le fait que la subception est un effet réel, que des fragments ou des aspects de l’image peuvent être enregistrés de cette manière, et qu’ils peuvent être retrouvés soit directement par une mémorisation intentionnelle, soit indirectement par les associations et les rêves. L’un des effets intéressants consignés lors des études sur la subception est l’altération des relations figure/fond, avec perte de la capacité à faire cette distinction particulière. L’affichage tachistoscopique du profil double de Rubin conduit à la confrontation de deux formes opposées. Le fait qu’en face d’une interruption expérimentale d’information, l’objet soit fragmenté, les formes simplifiées et que des processus de type autiste modèlent le percept, revêt une certaine importance par rapport à la télépathie, comme nous le verrons. Des effets similaires sont relevés dans les travaux de Evans (1967 a & b), pour ce qui concerne ses observations sur les phénomènes de fragmentation, associés à la stabilisation binoculaire. Il souligne qu’en condition de stabilisation, au moment où l’image disparaît, elle le fait par parties, et que les parties se retirent dans un ordre qui n’est pas dû au hasard. Il parle de niveaux hiérarchiques dans le système de vision et suggère, comme explication aux phénomènes de fragmentation, que lorsque l’arrivée d’information est limitée, comme dans les expérimentations sur la stabilisation, tous les niveaux de la hiérarchie ne sont pas activés. En conséquence, seules des parties de l’image sont perçues, correspondant au niveau atteint de la hiérarchie.

La fragmentation d’images relevée par Warcollier (1938) et Sinclair (1930), dans leurs tentatives pour réaliser le transfert d’information à distance, rappelle de façon frappante les percepts fragmentaires obtenus par les deux stratégies expérimentales décrites plus haut. On retiendra la fragmentation de formes complexes en formes plus simples, et l’émergence de formes simples à partir d’une imagerie plus complexe (. Il est également intéressant de noter l’émergence de formes similaires, lorsque des cibles similaires sont utilisées par deux chercheurs différents. Ces résultats suggèrent implicitement que les voies neurophysiologiques empruntées pendant le transfert télépathique pourraient être les mêmes que dans le cas d’une perception visuelle normale.

  1. Corrélation explicite entre la cible et le rêve, lorsque des formes simples sont utilisées comme cibles (Ullman 1966) (6).

Exemple n° 1

A 3h40 du matin, un cercle fut dessiné sur la cible par l’expérimentateur. A 3h53, le sujet se réveilla, et rapporta le rêve suivant :

« Je me sens comme si je flottais et dormais en même temps. J’avais une image de… oh, ce n’était pas vraiment un rêve, c’était comme si j’étais sur une sorte de rond, comme la partie inférieure d’un grand tuyau, comme quand on va dans le Holland Tunnel ou quelque chose d’approchant, comme une route. Pendant que je me déplaçais, on aurait dit qu’il y avait des gens là, mais ça ne ressemblait pas vraiment à un rêve, c’était comme si j’étais en train de m’endormir. Je captais une image tout en ayant conscience que je venais juste de m’endormir. J’étais sur une route dont le profil était en forme d’auge. Plus tôt, alors que je m’endormais avant de m’être retourné, j’eus l’image de quelque chose de très bien façonné, comme une butée de porte sauf que c’était renversé et il y avait plusieurs formes rondes et douces, comme si j’étais en train de traverser ces passages, ces formes rondes et douces, la forme comme je l’ai indiqué était juste comme une butée de porte arrondie, comme l’aileron d’une voiture mais la tête en bas, et ce n’était pas attaché à la voiture. C’était juste comme ça. »

Fig. 8. Exemple n° 1 – cercle

Exemple n° 2

L’exemple n°2 relate une expérience menée avec le même sujet et pendant la même nuit que l’exemple n° 1. A 4h30, des formes anguleuses furent dessinées par l’expérimentateur. A 6h30, le sujet rapporta le rêve suivant :

« J’eus plusieurs rêves à la suite. Mais je ne me les rappelle pas bien. Dans l’un d’eux, nous étions simplement là, il y avait d’autres gens également, et ils avaient dans les mains des cannes comme des crosses de hockey, mais ils les tenaient à l’envers, la partie courbe vers le haut. En fait, elles n’avaient pas réellement la forme de crosses de hockey, mais plutôt une forme variable. Et dans le rêve il y avait deux des cousins de ma femme -un couple marié. Nous les voyons à peu près deux fois par an et dans le rêve, j’étais comme indifférent à leur égard, ou même critique en raison de certaines de leurs opinions. Et vous me demandiez : « Pourquoi êtes-vous si critique ? ». Puis j’eus d’autres rêves que je ne peux me rappeler, il y en avait plusieurs à la suite. C’est comme si vous m’aviez réveillé après que je les aie faits. Je veux dire que vous me posiez des questions sur les rêves un certain temps après qu’ils soient finis. En fait, je me souviens m’être réveillé après le rêve des crosses de hockey, en me demandant pourquoi vous ne vous étiez pas inquiété de savoir si j’avais rêvé. Puis je me suis rendormi. C’est tout ce dont je me souviens. »

D’après Montague Ullman

http://www.metapsychique.org/Le-reve-telepathique-Avancees.html

 Georges Vignaux

Publicités
Catégories :Non classé
%d blogueurs aiment cette page :