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Internet : une révolution « anhumaine »

19 avril 2015

483519_119428608221377_1672962097_nInternet a-t-il tué la classe moyenne?

Internet va-t-il dévorer les classes moyennes? Pour Pierre Bellanger, fondateur et président de Skyrock, la question est obsolète. C’est déjà fait! Le constat que dresse le pionnier des radios libres dans son ouvrage La souveraineté numérique est grave et sombre. « L’Internet est entré dans une phase de substitution de notre modèle économique. En France, tous les secteurs sont en danger à moins de cinq ans. L’Internet détruit quatre emplois pour un créé. La grande dépression que nous connaissons depuis cinq ans n’est qu’un modeste épisode en comparaison du cataclysme qui s’annonce. »

« L’employé est remplacé par l’algorithme »

Pierre Bellanger décrit une « jeune subclasse moyenne » en train de naître « entre frugalité, débrouille et usage intensif du réseau », pour qui « l’emploi continu, la famille installée, la propriété du logement, la couverture santé et la santé matérielle sont désormais inaccessibles ». Le fautif est « la compétition accrue des machines, de l’automatisation et des algorithmes ». « L’employé est remplacé par l’algorithme », dénonce-t-il.

L’auteur se livre ensuite à un exercice de fiction pas si lointain, en imaginant comment les géants du web type Google, Facebook, Amazon, Apple engloutiront chaque secteur économique grâce à leurs fines analyses des données. Ces « résogiciels », comme il les appelle, infiltreront tout d’abord les voitures avec les véhicules connectés. Ils entreront ensuite en concurrence avec les banques dans une féroce bataille pour le contrôle du portefeuille électronique – les applications de commerce électronique « Passbook » pour Apple et « Google Wallet » pour Google, donnent déjà le ton.

Dans l’assurance, les « résogiciels » utiliseront leurs sources indirectes sur la santé des utilisateurs (manière de tenir le mobile, vitesse de frappe sur le clavier) pour proposer des couvertures plus avantageuses aux clients. Ils s’accapareront les clients de la grande distribution dès leur entrée en boutique, en les identifiant et en leur proposant de payer avec leurs téléphones portables, comme le propose en partie l’application iBeacon d’Apple. Mieux : ils recommanderont les aliments en correspondance avec nos biotypes grâce à une étude précise de notre ADN – Google est déjà présent dans les sociétés DNAnexus et 23andMe qui séquencent les génomes – entrant ainsi par la génétique au cœur de la chaine de valeur de l’agroalimentaire!

Peut-on échapper à cette « révolution anhumaine »? Pierre Bellanger donne à la fin de son ouvrage des pistes pour infléchir le cours des choses, comme « reconfigurer notre pays autour du réseau » avec un « champion national de l’Internet » ou/et une « alliance des opérateurs de télécommunications nationaux », dans un « plan réseau à cinq ans ». Mais seront-elles suffisantes? Seront-elles entendues? « La résistance est possible, conclut-il. Nevers vaut Paolo Alto. Le réseau est notre chance. »

La souveraineté numérique, éditions Stock.
Camille Neveux, Le Journal du Dimanche, 11.03. 2014

Georges Vignaux

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  1. 20 avril 2015 à 6 h 23 min

    Bonjour
    Cet article et l’ouvrage en référence, cela pose la question de l’outil et ce qui peut en être fait. Et, ici, l’outil est redoutable, inouï d’efficacité. Il est donc nécessaire de le considérer, en prendre la mesure, être au moins circonspect…

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