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Hacker le cerveau ?

28 avril 2015

Si jusque-là, la peur des NBIC relevait de la science-fiction, attendons de voir ce que nous réserve la réalité dans les prochaines décennies. KTS / Science Photo Library / AFPSi jusque-là, la peur des NBIC relevait de la science-fiction, attendons de voir ce que nous réserve la réalité dans les prochaines décennies. KTS / Science Photo Library / AFP

PANÉGYRIQUE. D’abord, son curriculum vitae (presque louche) à faire rougir un académicien : chirurgien-urologue et neurobiologiste, diplômé de Sciences Po, de HEC et de l’ENA. Fondateur et développeur de Doctissimo.fr et d’une dizaine d’entreprises high-tech, il dirige aujourd’hui DNAVision, une entreprise spécialisée dans le décryptage du génome humain. Et puis, il y a son discours engagé, péremptoire mais passionné, parfois volontairement exagéré mais qui fait souvent mouche.

Voici en substance les arguments avancés lors de cette conférence (visionnable dans son intégralité en fin de l’article).

Un continuum entre le cerveau et l’intelligence artificielle

Dès l’introduction, le Dr Alexandre entre dans le vif du sujet : les NBIC, ces fameuses technologies, qu’il avait déjà attaqué lors du TEDx Paris 2012.

Les NBIC. C’est le sigle utilisé pour désigner un champ scientifique multidisciplinaire au carrefour des Nanotechnologies, des Biotechnologies, de l’Informatique et dessciences Cognitives.

Et le quinquagénaire hyperactif n’a peur de rien. La preuve, sa principale cible n’est autre que le géant… Google. Pour le Dr Alexandre, les instruments destinés à (ou tout au moins capables de) manipuler le cerveau sont dans les mains des Gafa (ces quatre grandes firmes du numérique que sont Google, Apple, Facebook, Amazon), en passe de devenir les leaders mondiaux des NBIC. Pour hacker le cerveau, les outils sont nombreux : ADN, nanotechnologies, BigData, traces laissées sur le Web, dossier médical, prothèses électroniques, objets connectés…

Car si jusque-là, la peur des NBIC relevait de la science-fiction, attendons de voir ce que nous réserve la réalité dans les prochaines décennies. Et vu le nombre de tweets envoyés sur la conférence, force est de constater que le sujet intrigue.

Entre l’intelligence artificielle et les neurosciences, il n’y aura pas de différence à terme, parce qu’un cerveau c’est un ordinateur fait de viande

« Notre identité est fondée sur notre cerveau« , explique Laurent Alexandre. Mais un continuum est en train de s’établir entre le cerveau biologique, l’intelligence artificielle et les neurosciences« . D’ailleurs, les objets connectés, ces extensions de notre corps et de notre cerveau, servent déjà en quelque sorte d’assistants neuronaux. A terme, plus de différence donc entre l’intelligence artificielle et l’intelligence « biologique »? C’est bien possible. En fait, selon lui, c’est même sûr. Volontairement provoquant, il déclame : « Entre l’intelligence artificielle et les neurosciences, il n’y aura pas de différence à terme, parce qu’un cerveau c’est un ordinateur fait de viande« .

De nombreux outils pour manipuler le cerveau

BRAIN HACKING. Le temps de digérer la métaphore et le médecin rentre dans le vif du sujet. Le Brain Hacking (hackage du cerveau, neuro-hacking, manipulation cérébrale…), de quoi parle-t-on ? Pour lui, deux facettes : la première étant la lecture du cerveau et la seconde, encore plus transgressive et problématique, la manipulation de ce dernier.

« Mais, rappelle-t-il, le neuro-hacking légal existe depuis que l’homme existe« . La médecine, l’éducation, en sont des illustrations parfaites selon lui puisqu' »on cherche bien à modifier le tissu synaptique« . Diapositive à l’appui, le conférencier montre alors une photo de Rosemary Kennedy, sœur du président américain, lobotomisée au début des années 40 à la demande de ses parents en raison d’un goût trop prononcé envers la gente masculine. Pour l’histoire, la lobotomie rata et la jeune femme finit en institution dans un fauteuil roulant, avec un âge mental de trois ans.

LOBOTOMIE. Opération chirurgicale, d’ablation ou de déconnexion d’un lobe du cerveau.

Plus moderne, la médecine actuelle utilise de nombreuses technologies pour agir sur le cerveau (implants cochléaires depuis les années 90, implants cérébraux dans la maladie de Parkinson depuis plus de cinq ans et très récemment implants rétiniens). Des chercheurs ont même réussi à modifier des souvenirs. Chez les souris, certes…

L’objectif assumé de Google est d’augmenter nos sens, de créer le cerveau 2.0, et enfin « d’uploader le cerveau dans la matrice« . Raymond Kurzweil, directeur développement et ingénieur en chef chez Google, est convaincu qu’en 2045, l’intelligence artificielle sera un milliard de fois plus puissante que les 8 milliards de cerveaux humains réunis. Pour lui, l’avenir est à la pensée hybride, mélange de notre cerveau et de connexions électroniques intracérébrales (voir vidéo ci-dessous).

Le Pr Alexandre n’est pas seul à se méfier de l’intelligence artificielle.Le fondateur de DeepMind (société rachetée par Google) aurait admis que celle-ci pourrait exterminer l’humanité dès le 21e siècle. Stephen Hawking, dans une tribune sur The Guardian en mai 2014, expliquait lui que les scénarios à la Terminator n’étaient pas impossibles. Il a d’ailleurs réitéré début décembre 2014 dans une interview à la BBC.

 
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  1. 3 mai 2015 à 13 h 33 min
  2. 5 mai 2015 à 15 h 35 min
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